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Indonésie: violée 8 fois par son frère, elle est condamnée à six mois de prison pour avoir avorté

La jeune fille de 15 ans était enceinte de six mois. Sa mère l’avait aidée à avorter pour éviter la «honte» à sa famille.

Une histoire familiale tragique et une législation moyenâgeuse: une adolescente indonésienne de 15 ans, violée par son frère de trois ans son aîné, a été condamnée à six mois de prison pour avoir avorté.

La jeune fille avait été violée à huit reprises

«La fille avait été inculpée en application de la loi sur la protection des enfants pour avoir avorté», a déclaré Arif Budiman, porte-parole du tribunal du district de Muara Bulian, sur l’île de Sumatra, où l’adolescente a été condamnée jeudi lors d’une audience à huis clos.

Son frère a de son côté été condamné à deux ans d’emprisonnement pour agression sexuelle sur mineur.

Chacun devra en outre passer trois mois dans un institut de redressement pour mineurs.

L’adolescente de 15 ans a été violée à huit reprises par son frère depuis septembre dernier et était enceinte de six mois au moment de l’avortement. Tous deux avaient été interpellés en juin, après la découverte d’un fœtus de petit garçon dans une plantation de palmiers à huile près du village de Pulau, dans la province de Jambi.

Dans une audience séparée, selon le Jakarta Post, la mère des adolescents a juré avoir tout ignoré des viols. Elle a reconnu avoir aidé sa fille à avorter, pour mettre un terme à la honte que représentait cette grossesse hors mariage.

La procureure avait requis un an de prison pour l’adolescente, deux fois plus que la peine prononcée et sept ans d’emprisonnement pour son frère, soit plus de trois fois plus.

Depuis 1992, l’avortement est autorisé en Indonésie aux femmes majeures, dans les six premières semaines de grossesse, à condition que la vie de la mère soit menacée. Mais le mot même d’avortement n’est pas utilisé, ni en droit ni dans la jurisprudence religieuse, très puissante. On parle alors de «certaines procédures médicales», sans précision. Les femmes qui subissent une interruption de grossesse doivent être suivies psychologiquement. L’article 77 du Code de la protection de l’enfance interdit cet acte aux mineures.

En Indonésie, 30 % à 50 % des décès maternels sont dus aux avortements, selon un rapport réalisé en 2013 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

http://www.leparisien.fr/faits-divers/indonesie-violee-par-son-frere-elle-est-condamnee-pour-avoir-avorte-21-07-2018-7828719.php

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