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Infrastructures: les Samos auront enfin un goudron d’ici quelques mois

Malgré le retard accusé, les travaux du deuxième chantier sont satisfaisants

Le ministre des Infrastructures poursuit ses tournées d’inspection des chantiers. Le jeudi 17 mai 2018, il était avec son équipe pour visiter deux chantiers dans les régions du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun. Le premier chantier concerne les travaux de construction et de bitumage de la route nationale N°21, Didyr-Toma-Tougan longue de 84 kilomètres et le deuxième est relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route nationale N°10 Dédougou-Tougan d’une longueur de 91 kilomètres.

60 ans d’attente après la proclamation de la République de Haute-Volta, les usagers de la route de Dédougou-Tougan et plus généralement les populations du Nayala vont pouvoir enfin rouler sur le goudron pour échanger entre eux et commercer dans de bonnes conditions. Et ce, 3 ans après la prise du pouvoir par le président du Faso qui a affiché sa volonté à travers le ministère des Infrastructures de développer le réseau des infrastructures de transports et d’améliorer les conditions de circulation des personnes et des biens.

Présent avec son équipe dans les régions du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun pour sa tournée d’inspection des chantiers, le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, s’est dit globalement satisfait de l’état d’avancement des travaux sur les deux chantiers.

Les travaux du pont à poutres ont pris fin

Le premier chantier concerne les travaux d’aménagement de la route Didyr-Toma-Tougan qui ont été répartis en deux lots distincts. Le premier lot, le tronçon Didyr-Toma, a été attribué à l’entreprise Compagnie sahélienne des entreprises (CSE) et le deuxième lot à savoir le tronçon Toma-Tougan à l’entreprise Oumarou Kanazoé (OK).

Débutés le 3 juillet 2017 pour un délai d’exécution de 15 mois, les travaux sont à ce jour à un taux d’exécution global de 27,91% pour un délai consommé de 68,20% pour le premier lot et 16,29% avec un délai consommé de 68,20% pour le second lot. Un retard dû, selon Eric Bougouma, aux difficultés de démarrage du projet. «On a connu des impairs dès le début car il y avait des problèmes topographiques et hydrauliques. L’étude de base n’était pas conforme aux réalités terrain. Quand on a implanté la route, il se trouvait qu’elle était décalée et il fallait reprendre la plus grande base avec l’IGB, reprendre toutes les études, ce qui fait qu’on a passé six mois à ne rien faire car c’est en janvier que nous avons pratiquement démarré les travau», a confié le directeur d’agence de la CSE, Mortalla N’Diaye.

Le deuxième facteur de retard est relatif à un déficit d’eau pour effectuer convenablement les travaux. «Quand on a commencé les travaux de terrassement, on est rentré dans une période sèche. Il n’y avait plus d’eau sur le site et les cours d’eau ont tari. Pour combler ce retard, nous avons aménagé des forages, mais le débit était très faible. On utilisait ça en attendant d’avoir une bonne pluie qui nous permettra d’accélérer le rythme», a confié le directeur des travaux de l’entreprise OK pour le lot 2 Toma-Tougan, Mahamoudou Traoré.

Ces deux facteurs mis ensemble, a souligné M. Bougouma, ont occasionné un retard important. Mais aujourd’hui, dit-il, «on peut dire que des deux côtés, il y a un avancement significatif».

Le ministre avec son équipe lors de la visite

Sur le deuxième lot, explique-t-il, l’entreprise Oumarou Kanazoé a pris des dispositions en doublant les équipes. En plus de l’équipe qui avait démarré les travaux de Toma vers Tougan, elle a maintenant une seconde équipe qui démarre de Tougan pour faire jonction avec la première équipe. Une stratégie qui va permettre, selon lui, d’accélérer les travaux afin de rattraper le retard ou de le réduire considérablement.

Sur le second projet, Tougan-Dédougou, le démarrage des travaux a débuté le 1er septembre 2016 pour un délai d’exécution de 24 mois. A ce jour, le taux d’exécution global est de 51% pour un délai consommé de 20 mois et 16 jours.

Malgré le retard significatif constaté, Eric Bougouma a noté des motifs de satisfaction à travers deux faits majeurs encourageants. Il s’agit de la fin des travaux du pont à poutre sur le fleuve Mouhoun et le démarrage du revêtement sur la chaussée. «Ce revêtement, nous avons constaté qu’il y a déjà plus de dix kilomètres en partant du PK5 depuis Dédougou et en partant vers Tougan. Les usagers de cette route connaitront bientôt la fin du calvaire et les populations du Nayala enfin après plus de 60 ans, vont donc rouler sur le goudron pour parvenir dans leur domaine», est-t-il convaincu.

Éric Bougouma s’est dit globalement satisfait de l’État d’avancement des travaux

Une prolongation pour rattraper le retard

Pour rattraper le retard accusé, les entreprises ont demandé une prolongation du délai. «Nous avons demandé au ministre une prolongation de cinq mois pour rattraper le délai de base», a révélé Mortalla N’Diaye.

Mais pour le ministre Bougouma, «si on doit s’en tenir à la volonté des entrepreneurs, on va prolonger inutilement de façon déraisonnable les délais». A l’entendre, les délais contractuels doivent être respectés, faute de quoi les sanctions en la matière vont être appliquées, tout en tenant compte des facteurs à la base des retards.

Il a donc invité les entreprises à respecter et à mettre en œuvre l’ensemble des recommandations pour rattraper le retard mais aussi pour garantir la qualité des travaux et la durabilité des routes

Madina Belemviré

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