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Insatisfait, le SYNTSHA interpelle le gouvernement sur ses engagements et prend l’opinion publique à témoin

Le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) a organisé une conférence de presse ce lundi 04 décembre à la Bourse du travail pour informer l’opinion publique sur l’état de mise en œuvre du protocole d’accord Gouvernement-SYNTSHA du 13 mars 2017 et sur le procès de Nonguebzanga Kaboré pour fait de grève.

Sur la première préoccupation, les responsables du syndicat dénoncent le non-respect des engagements du gouvernement qui entretient un faux dialogue en ignorant les partenaires sociaux. Sur la seconde, ils dénoncent une grave atteinte à l’exercice du droit de grève.

L’objectif de la conférence est d’interpeller le gouvernement à respecter ses engagements, de prendre l’opinion publique à témoin de la situation qui prévaut et d’inviter les travailleurs à la mobilisation pour une application intégrale du protocole d’accord.

Le présidium lors de a conférence de presse

Les responsables du SYNTSHA sont inquiets et mécontents de la mise en œuvre du protocole d’accord signé avec le gouvernement en mars 2017. Aussi ont-ils organisé une conférence de presse ce lundi pour dire leur ras-le-bol, dénoncer les incohérences dans la mise œuvre dudit protocole, alerter l’opinion publique, mobiliser les travailleurs. D’ors et déjà le syndicat prévient le gouvernement que leur patience à des limites.

Les participants à la conférence

Mais pourquoi en est-on arrivé là et que reproche exactement le SHYNSHA au gouvernement?

Sur l’état de la mise en œuvre du protocole d’accord Gouvernement-SYNTSHA signé le 25 mars 2017, le SYNTSHA dit ne pas être satisfait. Car l’ensemble des points de revendications dans le protocole ont fait l’objet d’engagements du gouvernement dont le contrôle de la mise en œuvre a été confié à un comité de suivi. Un chronogramme a même été élaboré par le comité avec des engagements à court, moyen et long terme. Mais dans la réalité, au plan qualitatif, les questions de carrière, de rémunérations salariale et indemnitaire et de transparence dans la gestion des services, restent sans solution. De même sur le terrain, le Secrétaire général (SG) du SYNTSHA Pissyamba Ouédraogo, avoue que «les solutions annoncées ne sont pas effectives». Il en veut pour preuve, les conditions de travail des agents, les revendications sur le dossier CAMEG et sur les mesures d’accompagnement de la gratuité des soins. Concernant les arrêtés de «transfert de ressources aux collectivités territoriales pour les investissements et les charges récurrentes au profit des formations sanitaires de base, M. Ouédraogo espère que l’éléphant annoncé n’arrivera pas avec un pied cassé.

S’agissant de la carrière et des rémunérations (salaires et indemnités) des travailleurs le syndicat a dénoncé «un blocage de la part du ministère en charge de la Fonction publique du fait du silence observé sur le préalable que constitue l’élaboration du Répertoire international des métier de l’Etat (RIME)».

Quant à la loi portant Fonction publique hospitalière (FPH), réforme décidée par l’Etat, le Secrétaire général du SYNTSHA et ses camarades ne comprennent pas que l’Assemblée nationale veuille discuter le 19 décembre prochain sur la rémunération et la carrière des agents, notamment les grilles indemnitaires et salariales alors que les principaux textes d’application ne sont pas connus du syndicat.

De la protection des travailleurs contre les agressions qui leurs sont faites dans l’exercice de leur fonction, les conférenciers ont salué les actions déjà posées par le gouvernement dans ce sens mais exigent qu’en cas d’agression, les agresseurs soient arrêtés et sanctionnés à la hauteur de leurs actes. Pour le SG du SYNTSHA, Pissyamba Ouédraogo, «il n’y a aucune raison pour justifier un cas d’agression fait à un travailleur dans l’exercice de ses fonctions».

Autant de problèmes pendants qui justifient le mécontentement des agents du SYNTSHA qui disent être prêts à se battre pour trouver des solutions aux préoccupations des travailleurs.

Le SG du SYNTSHA, Pissyamba Ouédraogo

Sur le cas du procès intenté contre leur «camarade Nonguebzanga Kaboré» poursuivi pour «non-assistance à personne en danger et d’homicide involontaire» pendant la grève de 96 heures observée par le SYNTSHA les 13, 14, 15 et 16 novembre 2012, les conférenciers ont estimé qu’il s’agit d’ «un motif fabriqué à dessin pour réprimer leur camarade». Ils pensent que le procès prévu le 13 décembre prochain dans ce sens n’a pas sa raison d’être. «Le camarade n’a pas commis de délit en observant une grève légale», a martelé Pissyamba Ouédraogo. Il a promis que son syndicat «ne manquera pas de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’opposer aux manœuvres dilatoires et à toutes tentatives de remise en cause des acquis de ses luttes et droit de grève».

Par ailleurs, pour le Secrétaire général (SG) du SYNTSHA, «la gratuité des soins a été décidée sans préparation» au préalable. Parlant des récurrentes ruptures de produits, il s’est interrogé: «A quoi sert de dire que vous avez droit à une chose et que cette chose est en manque?» Pour ce faire il a demandé des «mesures d’accompagnement dans la gratuité des soins». Toutefois il a laissé entendre que «le syndicat n’est pas contre la gratuité des soins» mais plutôt contre la manière dont elle a été initiée et mise en œuvre.

Sur un ton ferme, le SYNTSHA dit qu’«il tiendra le gouvernement pour responsable de la détérioration du climat social dans les secteurs de la santé humaine et animale s’il persiste dans cette attitude».

Théophile MONE

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