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Insurrection populaire: Quel rôle Yacouba Isaac Zida du RSP a-t-il joué?

Le rapport de la Commission d’enquête indépendante (CEI) sur les crimes commis lors de l’insurrection populaire au Burkina Faso a été d’une très grande utilité pour les 3 juges en charge de l’instruction du dossier de l’insurrection. C’est ce qui ressort d’un communiqué signé de Maïza Seremé, Procureur près du Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Le même communiqué précise que les juges désirent se rendre au Canada afin d’auditionner «Yacouba Isaac Zida sur certains points». Que reproche-ton à Zida?

Le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida.

Plusieurs forces étaient déployées pour le maintien de l’ordre le jour du 30 octobre 2014. Les militaires de l’Armée nationale n’ont commis aucune exaction. Le Chef d’état-major des armées, le général Honoré Nabéré Traoré, a exigé une réquisition spéciale avant de déployer ces éléments. La réquisition spéciale signée par le Premier ministre Luc Adolphe Tao, dans un pli fermé, marqué confidentiel, ne lui est parvenue que le 30 octobre vers 11 H après l’incendie de l’Assemblée nationale.

Sans cette réquisition qu’il a exigée le 28 octobre, il n’a pas engagé ses hommes dans le maintien de l’ordre. Les militaires étaient juste déployés à certains points comme la place de la Révolution, la SONABEL, l’ONEA, etc. avec des armes sans munitions.

Par contre, les éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), sous la direction du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, Chef de corps adjoint du RSP, étaient équipés d’armes avec des munitions. Le RSP, en tant que corps de l’armée nationale, ne recevait pas ses ordres de l’état-major général des Armées mais de l’état-major particulier de la présidence du Faso, dirigé à ce moment par le général Gilbert Diendéré.

Les morts par balles ont été enregistrées sur les sites gardés ce jour par les hommes du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida. Voici les détails des faits.

4 personnes ont trouvé la mort sur la route qui passe devant l’hôtel Laïco jusqu’au siège de la télévision BF1. De nombreux blessés par les tirs de balles réelles ont été enregistrés sur ce lieu. Les hommes en position sur ce lieu étaient sous la direction du chef des opérations du RSP, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida. Il était secondé par le capitaine Hamidou Kouda et le Lieutenant Noumoutié Traoré.

Des éléments du RSP sur le terrain de la répression…

Lorsque les manifestants ont commencé à déferler vers Kosyam, les éléments qui étaient au niveau de la station Petrofa ont reculé d’abord au niveau de Palace Hôtel et au niveau de la Salle de Conférences de Ouaga 2000. Ils ont ensuite replié jusqu’au niveau du bâtiment abritant la boîte de nuit «TOP 2000». Sous la contrainte des manifestants, le RSP a encore reculé devant le siège de la Direction générale des Douanes et devant le siège de BF1. C’est pendant leur repli que des tirs ont été entendus et les morts enregistrés.

Après l’incendie de l’Assemblée nationale, les manifestants se sont dirigés vers le domicile de François Compaoré. Des tirs ont été entendus faisant un mort. Qui a bien pu tirer ce jour? Les locaux de la radio et télé étaient sous la garde du Groupement des unités d’intervention (GUI) du RSP dirigé par le capitaine Hamidou Kouda. Ce Groupement est compose, entre autres, de la troisième Compagnie dirigée par le lieutenant Relwindé Compaoré et secondé par l’adjudant-chef major Adama Ouédraogo et de la Compagnie d’appui dirigée par le lieutenant Etienne Bado, toutes les deux unités sises au sein du Conseil de l’Entente. Le domicile de François Compaoré était gardé par le Groupement des unités spéciales (GUS) commandé par le capitaine Abdoulaye Dao. 16 éléments étaient en poste ce jour sous la responsabilité de l’adjudant-chef Bonko Doubouyé. Voici donc les forces en présence sur le site où le décès est survenu.

Un mort a aussi été enregistré en face à la Pharmacie Saint Lazare, sur l’avenue Yatenga Naaba Tigré menant de Boins-yaré aux 1200 logements. Après l’incendie de l’Assemblée nationale, alors que les manifestants tentaient de rallier Kosyam, un cortège de véhicules militaires, en provenance de la voie goudronnée menant chez François Compaoré, a tiré sur les manifestants. D’où venait ce cortège? La CEI pense que ce cortège proviendrait de la troisième Compagnie du lieutenant Relwindé Compaoré qui était stationnée au Conseil de l’Entente qui a été appelée par le capitaine Hamidou Kouda en renfort aux éléments de Ouaga 2000.

…face à des manifestants les mains nues

Le 2 novembre 2014, Saran Serémé s’est rendue à la télévision tout comme le général Kouamé Lougué. Ce site est habituellement protégé par le Groupement des unités d`intervention sous le commandement du lieutenant Etienne Bado. Des tirs ont été entendus pour disperser les manifestants et ont occasionné des blessés et 2 décès. Le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, déjà chef de l’Etat, a envoyé le commandant Théophile Nikiéma chercher Saran Sérémé.

Les tirs ne sont pas l’œuvre des éléments du lieutenant Etienne Bado pour la CEI mais le fait d’éléments du RSP qui ont surgi du côté du ministère des Finances à bord de véhicules militaires. Selon les hypothèses dégagées par la CEI, ces tirs seraient l’œuvre des hommes du capitaine Hamidou Kouda et du lieutenant Rélwindé Compaoré. En provenance de Ouaga 2000, ils avaient pour objectif de maintenir l’ordre. Pour le capitaine Hamidou Kouda, il a été instruit par le lieutenant-colonel Yacouba lsaac Zida et Boureima Kéré.

Il a été enregistré des blessés du fait de l’intervention de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) et de la Gendarmerie nationale qui n’utilisaient que des gaz lacrymogènes, des bâtons et ces canaux à eau.

Au regard de ces faits, les juges ont jugé nécessaire d’entendre Yacouba lsaac Zida. Aura-t-il le courage d’affronter la justice de son pays?

A suivre

Abouga Tagnan

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