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Interconnexion électrique Bolgatanga-Ouagadougou: une réalité.

Le 5 octobre dernier a été le jour inaugural de l’interconnexion électrique 225 KV entre Bolgatanga au Ghana et le poste de Zagtouli, banlieue Ouagadougou, au Burkina Faso. L’inauguration du joyau électrique s’est faite en présence du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, de son homologue de la République du Ghana, William Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, et de bien d’autres personnalités de renom. Un moment que les deux chefs d’Etats et les ministres de l’Energie des deux pays ont voulu saluer à sa juste valeur car, selon eux, le projet est d’une grande importance pour les deux pays.

Les deux présidents procèdent à la coupure du ruban symbolique

Il faut dire que cette ligne d’interconnexion électrique de 225 KV entre Bolga et Ouaga, longue de 188 Km, est fonctionnelle depuis juin 2018. Son apport actuel au réseau burkinabè est de 55,5 mégawatts (MW). A terme, elle pourra fournir une puissance de 100 MW, ce qui représente, selon le Directeur général de la SONABEL, François de Salle Ouédraogo, un tiers de la capacité de production installée au Burkina Faso (358 MW). Pour lui, la réussite de ce projet, qui électrifie en plus 25 villages situés le long de la ligne au Burkina, «traduit la force de la solidarité africaine».

Dr Ismaël Ouédraogo lors de sa prise de parole (ph préFaso)

Un avis partagé par le ministre de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, qui a estimé que cet apport va permettre de réduire les délestages causés par le déficit électrique et aussi réduire la subvention accordée par l’Etat à ce secteur. De son avis, ce projet classé prioritaire par le WAPP (le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain) présente plusieurs avantages pour le Burkina Faso à savoir: l’augmentation de l’offre d’électricité; la réduction de la subvention de l’Etat burkinabè sur les combustibles des centrales thermiques locales; la maîtrise des coûts de l’accès des populations à l’électricité; la stabilité de fonctionnement du système électrique; l’électrification de 25 localités le long de la ligne au Burkina pour raccorder 3456 clients potentiels.

Il lui a aussi plu de remarquer que: «Chaque année, le gouvernement subventionne à hauteur de près de 21 milliards de francs CFA notre consommation d’énergie». Toute chose qui, selon lui, devenait insoutenable non seulement pour le budget de l’Etat mais aussi pour le consommateur final qui voit le prix du KW augmenté. L’interconnexion avec le Ghana, foi du ministre de l’Energie, «nous permettra non seulement d’augmenter nos capacités en terme de productivité mais aussi de réduire de façon significative le prix du KW et c’est en cela que nous saluons l’investissement des deux présidents pour cette interconnexion».

Le Directeur général de la Sonabel (premier plan) explique les péripéties du projet aux deux chefs d’Etats et leurs suites. Derrière lui, on reconnaît l’un de ses prédécesseurs, Siengui Appolinaire Ki, secrétaire général du WAPP (bras croisés)

Par ailleur, il a reconnu que même s’il est bon de compter sur l’interconnexion, il faut diversifier les sources d’approvisionnement afin de ne pas compter sur un seul pays pour le ravitaillement. Mieux, ajoute-il, il faut travailler à compter sur ses propres forces. C’est en cela qu’il a annoncé que des efforts sont faits pour augmenter l’électrification par le solaire de sorte à ce qu’un jour, le Burkina puisse en revendre.

Une vue de la centrale

En rappel, ce projet d’interconnexion à un coût global de 55,6 milliards de francs CFA pris en charge par la Banque Mondiale à hauteur de 21 milliards FCFA, la Banque européenne d’Investissement (BEI), pour un montant de 15,3 milliards FCFA, par l’Agence française de Développement (AFD) pour un montant de 16,3 milliards FCFA ainsi que par la SONABEL à hauteur de 1,7 milliard et par GRIDCo (la société publique de transport d’électricité au Ghana). L’Union Européenne, par un appui technique et des bonifications d’intérêt, a aussi apporté son soutien au projet à hauteur de 9,3 milliards FCFA puis le Trésor français par des bonifications d’intérêt.

C’est donc tous ces efforts conjugués qui ont abouti à la réalisation de cette interconnexion électrique de 225KV Bolgatanga (Ghana)–Ouagadougou (Burkina).

Hamadou Ouédraogo/Madina Bélemviré

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