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Investiture de IBK pour un second mandat: dans un contexte de division et d’une crise complexe

Avant son premier mandat en 2013, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) était qualifié par les Maliens «d’homme de parole et d’honneur» (Kankélétigui en bambara). En 2018 à la veille de son investiture pour un second mandat, il est considéré comme un «homme au double langage» (Kanfilatigui). Une anecdote qui montre à quel point le locataire du palais de Koulouba a déçu son peuple par son impopularité liée à l’absence d’un plan stratégique et réaliste de sortie de crise. Qui plus est, sa légitimité est mise à rude épreuve par l’opposition, faisant du Mali un pays à multiple crises. IBK s’en sortira-t-il?

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, investi pour un second mandat de 5 ans à la tête du Mali

Réélu le 20 août dernier au second tour de l’élection présidentielle pour cinq années de plus, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, a prêté serment, ce mardi 04 septembre 2018 à Bamako, pour un second mandat à la tête d’un pays toujours en proie aux attaques terroristes.

Conformément à la Constitution malienne, il a prêté serment devant la Cour suprême lors d’une cérémonie au Palais de la culture de Bamako, retransmise en direct sur la télévision publique.

En rappelle, la Cour constitutionnelle l’a proclamé le 20 août vainqueur de la présidentielle avec 67,16% des suffrages au second tour du 12 août. L’ancien ministre des Finances, Soumaïla Cissé, qui a obtenu 32,84% des suffrages n’a pas reconnu sa défaite. Pour lui, «le candidat Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas été élu par le peuple malien. La cérémonie d’investiture d’un président non élu est nulle et de nul effet», a-t-il affirmé au nom de la coalition pour restaurer l’espoir, formée d’une dizaine de candidats à l’élection présidentielle. Il faut noter que depuis l’annonce des résultats définitifs de la présidentielle, M. Cissé et ses partisans organisent des marches tous les weekends.

Déjà confronté aux violences jihadistes, le président Keïta devra en outre faire face à la contestation de sa légitimité par l’opposition politique. C’est dire qu’il aura la lourde tâche de relancer les accords d’Alger de mai-juin 2015 tout en trouvant un terrain d’entente politique avec ses adversaires internes. Pour ce faire, il a intérêt à privilégier le compromis avec Cissé et ses supporters, par exemple, en nommant un Premier ministre issue de l’opposition avec le secret espoir de créer les conditions préalables à la signature d’un nouvel accord de paix globale et durable.

Comme on le voit, la crise que traverse le Mali aujourd’hui est complexe, polymorphe et inscrite dans un temps long. Il revient au nouveau président de se montrer à la hauteur de la tâche en posant des actions fortes qui permettent aux Maliens de se réconcilier avec eux-mêmes.

Théophile MONE

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