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Jeunes violeurs et délinquants: parents responsables?

Rien que la semaine dernière, nous avions noté que le viol en réunion, de plus en plus fréquents en Afrique, contribuait à ternir l’image du continent. Nous dénoncions ce nouveau phénomène qui s’est déjà produit au Cameroun, au Tchad, au Maroc et plus récemment au Mali. Nous étions loin de nous imaginer que le Burkina Faso enregistrerait de sitôt sa vidéo de viol collectif au sein d’un lycée à Ouagadougou. Nous avions oublié que dans le monde devenu village planétaire, «les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Mais s’il y a lieu de s’indigner de cette nouvelle forme de violence, il faut également chercher à comprendre comment les parents fabriquent la délinquance afin de situer leur responsabilité dans les drames des adolescentes abusées.

Jeunes maliens présumés violeurs

Le constat est amer: les parents n’ont plus le temps d’éduquer leurs enfants. Soit ils évoquent la pauvreté qui les oblige à démissionner de leur rôle pour aller chercher la pitance quotidienne soit ils manquent d’autorité face à leurs enfants de peur de les contrarier. Nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, certains jeunes sont ainsi devenus les maîtres de leur famille. Ils ont tout ce qu’ils veulent: argent, meilleures motos, meilleurs habits et chaussures de marque. Malgré tout, ils font trembler leurs géniteurs à leur moindre refus de combler certains de leurs besoins capricieux. Il leur suffit de pleurer, de refuser de manger ou de communiquer pour que les parents paniquent. Naïvement, certains parents satisfont tout, « par amour », disent-ils. Ils oublient que «qui aime bien, châtie bien». Malheureusement, les mêmes parents finissent toujours par être fragilisés, déboussolés, dépassés. Ne sont-ils pas les premiers responsables de la dérive de leurs enfants? Évidemment! Car s’ils ne sont pas totalement responsables des faits et gestes de leurs enfants, souvent, absents ou démissionnaires, les pères et mères de famille concèdent à des bandits extérieurs leurs pouvoirs qui les usent malicieusement sur leurs progénitures abandonnées à elles-mêmes. Certes, les enfants échappent aux parents dès qu’ils sortent. Mais le code civil prévoit que les parents sont responsables des dommages causés par leurs enfants dès lors qu’ils habitent avec eux et qu’ils sont soumis à leur autorité parentale. Les parents restent donc responsables de leurs enfants même lorsqu’ils sont confiés à un tiers comme l’école ou le lycée. Seule une faute de la victime peut les exonérer partiellement ou totalement.

Qui plus est, dans un monde où les adolescents consomment très souvent (à 90%) de la pornographie, fument, se droguent et consomment l’alcool, les parents des violeurs et des délinquants doivent porter la lourde responsabilité du manque d’éducation qu’ils ont été incapables de donner à leurs enfants. Pour ce faire, ce premier cas présumé de viol collectif au Faso devrait être un cas d’école tant pour les agresseurs et leurs parents que pour la victime. Les responsabilités doivent être clairement situées et les châtiments exemplaires.

Théophile MONE

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