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Journalistes des médias publics responsables de médias privés. Arrêtez ça!

Les journalistes des médias publics sont soit des fonctionnaires ou des contractuels de l’Etat. De ce fait, ils sont régis pas «la loi n°13/98/An du 28 avril 1998, portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la Fonction Publique» et son Décret de promulgation n° 98-205/PRES du 29 mai 1998.

EN FACE DU MIROIR SidwayaEN FACE DU MIROIR RTB
L’article 16 de la loi n° 13 fixe les obligations des agents publics. Il y est écrit noir sur blanc que «les agents de la Fonction Publique sont tenus de consacrer l’intégralité de leur activité professionnelle à l’exercice de leur emploi, d’être présents à leur service pendant les heures légales de travail et d’accomplir par eux-mêmes les tâches qui leur sont confiées». Plus loin, il verrouille toute possibilité d’exercer un autre travail. Il précise à cet effet «que tous les agents de la Fonction Publique ne peuvent exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit ni avoir par eux-mêmes ou par personnes interposées, sous quelque dénomination que ce soit, des intérêts dans une entreprise dont ils ont ou avaient l’administration, la gestion ou le contrôle».
Cependant, la loi autorise les agents de la Fonction Publique «à effectuer des expertises ou des consultations se rapportant à leur compétence, à donner des enseignements se rattachant à leur compétence, à faire de la production agropastorale ou d’œuvres scientifiques, littéraires ou artistiques». En dehors de l’enseignement, l’agriculture et l’élevage et l’art, un agent public ne peut plus rien faire d’autre. Voilà qui est clair comme l’eau de roche.
Mais que constate-t-on sur le terrain avec les journalistes des médias publics?
Ils sont nombreux, ceux qui, en plus d’être journalistes publics, pratiquent des activités parallèles. Certains créent leur propre organe de presse, affichant leur nom dans l’Ours comme directeur de publication. D’autres usurpent des identités pour cacher la supercherie. L’autre catégorie regroupe les responsables d’agence de presse ou correspondants de médias étrangers sans permission de la hiérarchie. Au cours des conférences de presse, ils se font distinguer dans leur présentation devant les autorités. «Je suis Tartempion, correspondant de Marchand et Boutelar au Burkina Faso» sans que cela n’émeuve l’autorité. On en a même vu, tout rédacteur en chef d’un organe public qu’il était, aller parapher des documents d’attribution de fréquence à un média privé. Et puis il n’y a rien eu.
Combien de journalistes du public occupent des postes de chargés de communication dans des entreprises privées? Les Directeurs généraux des principaux médias, RTB et Sidwaya, sont conscients de la situation d’illégalité de ces agents mais ne lèvent pas le petit doigt. Voilà des journalistes et techniciens recrutés, formés et payés par les recettes publiques qui désertent les bureaux pour des activités lucratives, tout en percevant leur salaire à la fin du mois.
Les organisations syndicales comme le SYNATIC sont également au courant de la pratique. Elles gagneraient également à exiger la légalité dans l’exercice de leur fonction des agents publics au lieu d’être promptes à dénoncer les immixtions politiques dans le traitement de l’information.
Plus rien ne sera comme avant, avez-vous dit!
Adoua Kassiro

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