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Journalistes et forces de sécurité: la confiance doit réciproquement régner

Par les soins du Réseau d’initiatives de journalistes (RIJ), un panel a réuni hommes de médias et gendarmes autour du thème «Forces de défense et de sécurité et Hommes de médias: quelle forme de collaboration entre les différents acteurs?». C’était au cours de la soirée du vendredi 26 mai 2017, dans les locaux du Centre national de presse Norbert Zongo (CNPNZ) à Ouagadougou.

Le représentant des FDS (capitaine Hervé Yé, à gauche) et celui des organisations professionnelles de journalistes (Boukari Ouoba, à droite), se serrant la main à la fin du panel
Le représentant des FDS (capitaine Hervé Yé, à gauche) et celui des organisations professionnelles de journalistes (Boukari Ouoba, à droite), se serrant la main à la fin du panel

A l’occasion, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été représentées par Hervé Guy Yé, chargé de communication de la Gendarmerie nationale. Du côté des organisations professionnelles de médias, le journaliste Boukari Ouoba a assuré la représentation pour le compte notamment du CNPNZ.

De part et d’autre, des efforts allant dans le sens de plus de rapprochement et de parfaite collaboration ont été déclinées. Telle est du reste, l’objectif principal visé par les organisateurs du panel.

Du côté des FDS, l’on confie que des cours de communication sont donnés dans les écoles de gendarmerie, de police et d’armée; des cours dont l’essentiel du contenu se rapporte à dire aux élèves «que les journalistes sont des gens qui font de l’information, facilitez-leur leur travail le plus possible». Au-delà, dira le capitaine à l’attention des journalistes, «Nous demandons à nos éléments de faire des efforts pour vous laisser travailler». Mais, insiste-t-il, ceux-ci doivent agir avec du «zèle» en appliquant «scrupuleusement les consignes» qui leur auront été données; et ce, sans réfléchir à l’opportunité de ces consignes, encore moins à leurs impacts. Ce qui, de l’avis des Hommes de médias, est source d’abus se matérialisant généralement par des violences exercées sur les journalistes lors de cérémonies.

La Gendarmerie veut-elle un pacte de non-agression?

Aux dires de Boukari Ouoba, jusque-là, les initiatives de collaboration qu’il y a eues entre FDS et Hommes de médias, sont venues des organisations professionnelles de médias. Mais, à l’en croire, le sens que la Gendarmerie veut donner à son élan de collaboration se rapporte à l’obtention de garantie que «les journalistes n’écrivent rien sur elle sans la consulter au préalable». Ce qui, selon lui, «ne va pas marcher».

N’est pas également acceptable, de l’avis de M. Ouoba, la considération qui tend à faire croire que «la sécurité est plus importante que la liberté». Liberté entendue au sens de la liberté de presse. D’ailleurs, cela «n’est pas vrai», précise-t-il. Toutefois, fait-il remarquer: «je ne dis pas que la liberté est plus importante que la sécurité; il faut savoir trouver le juste milieu». Sa conviction à lui, est établie que «quelqu’un qui n’est pas libre, il n’est pas en sécurité».

Participants au panel
Participants au panel

Nécessité de collaborer franchement et respectueusement

En tout état de cause, s’impose la nécessité réciproque pour les deux entités, FDS et Hommes de médias, de collaborer franchement et respectueusement, dans la conduite de leurs missions respectives au profit des populations. Dans ce sens, la confiance doit régner dans une dynamique empreinte de réciprocité.

Et pour qu’il en soit ainsi, il faut, de l’avis de M. Ouoba, que la Gendarmerie use d’une «rigueur qui respecte les droits humains». Pour plus de rapprochement et de compréhension mutuelle, du côté des FDS, non seulement «des séances d’immersion sont prévues pour les journalistes qui sont intéressés», mais aussi l’on convient que ce serait bien de tenir des réunions préparatoires avec les journalistes avant les grands événements, généralement connus d’avance.

Paangui Parè

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