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Justice et cas Sarkozy: un exemple audacieux à imiter en Afrique

C’est un coup de tonnerre politique. Après deux jours de garde à vue, Nicolas Sarkozy, encore très influent à droite, a été mis examen le 21 mars dernier et placé sous contrôle judiciaire dans le dossier des soupçons de financement libyen de sa campagne électorale victorieuse de 2007.

L’ex-chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy,  mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire

Une information judiciaire avait été ouverte en avril 2013 pour corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel, notamment après les révélations de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, auprès de Mediapart.

Au-delà du cas Sarkozy, les Européens jugent surtout pour le futur et non pour le passé. Pour eux, lorsqu’on sanctionne un individu, c’est par prévention, afin que l’acte ne se répète plus. C’est pourquoi on décourage le mal, l’immoralisme et le pourrissement de la société. Aussi, découragent-ils leurs futurs chefs d’Etat de suivre la voie tracée par leurs prédécesseurs.

Au Burkina, le cas de Blaise Compaoré est atypique. Après avoir commis des crimes avec l’immunité acquise grâce à sa fonction, il s’exile en Côte d’Ivoire d’où il est bien accueilli et protégé pour éviter de répondre de ses actes devant la justice. Un cas d’école, qui montre qu’entre nous et les Blancs, il y a bien une très grande différence. Chez eux, c’est la rationalité qui guide les faits et gestes des hommes. Un comportement qui n’est malheureusement pas encore possible en Afrique. Parce que chez nous, le président est un surhomme au moment où nul n’est censé être au-dessus de la loi. «A quand l’Afrique!»

Qui l’eût cru? Un ex-président français en garde à vue et dans son propre pays. Cela aurait été un scandale en Afrique. Parce que pour nous, Dieu est au ciel et le président de la République est sur la terre. Rien ne peut lui arriver. Même devenu simple citoyen et ex-président, il est toujours craint. Il faut être un juge audacieux pour oser l’affronter.

En fait, sur le sol africain, il est impossible de juger les chefs d’Etat africains parce que la séparation de pouvoirs est illusoire, voire un mythe. En Afrique, la loi n’est pas faite pour tout le monde. C’est le contraire en Europe où l’exemplarité est logée au cœur de la punition. On punit pour que le contrevenant ne recommence plus son forfait, mais aussi et surtout, pour prévenir les autres contrevenants des peines qui les attendent au cas où ils commettraient les mêmes torts à la société. Voilà pourquoi, chez certains peuples, on juge et punit même les trépassés, afin d’administrer des leçons aux vivants. Parfois on va encercler la tombe de fils de fer jusqu’à la fin de la durée de la peine.

L’idée de sanction découle de celle de la responsabilité. Tout être humain, quel qu’il soit, doit rendre compte de ses actes en assumant les conséquences de ses actes. A moins qu’il ne soit malade mental.

Malheureusement, les Africains n’imitent souvent les Européens que lorsqu’il s’agit de mauvais agissements et donc de mauvais exemples. Les exemples enrichissants on en parle très peu. Le cas Sarkozy en France mérite d’être suivi surtout en matière de redevabilité des ex-chefs d’Etat.

Théophile MONE

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