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Karangasso-Vigué: les koglwéogo font la loi, les dozo en colère

Les dozo ne sont pas contents des koglwéogo qui, en dépit de leur interdiction dans la partie Ouest du Burkina, continuent de vouloir se «substituer» à la justice. Ils l’ont fait savoir le dimanche 4 février 2018 à Karangasso-Vigué, localité située à une trentaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso lors d’une assemblée générale organisée pour échanger autour des agissements des koglwéogo.

Ali Konaté et des membres du bureau de l’union nationale des dozo

En effet, tout serait parti d’un cas de vol et deux personnes ont été soupçonnées par les koglwéogo. Elles auraient de ce fait été nuitamment enlevées, ligotées puis conduites à la base des koglwéogo où elles auraient été condamnées à payer chacune une amande de 25 mille francs CFA.

Ali Konaté: «Par ces actes, les koglwéogo défient l’autorité»

Cette énième «bavure» de ce groupe d’autodéfense dans la partie Ouest du Burkina a irrité les dozo qui estiment que «l’entêtement» des koglwéogo à vouloir s’installer dans la région s’apparente à un défi, à une violation territoriale et à un déni de la loi. Indignés selon eux, les dozo, réunis en assemblée générale, appellent les autorités compétentes à agir afin de parer au pire car, disent-ils, «nous sommes à bout de notre patience».

Furieux, les dozo étaient prêts à «donner l’assaut» sur le «QG» des koglwéogo situé à Pérédougou, une localité située à une quinzaine de kilomètres des lieux (Karangasso-Vigué). Heureusement, le pire a été évité grâce à l’intervention du commandant de brigade de gendarmerie de la localité qui s’était fait représenter à la rencontre. Par appel téléphonique, ce dernier a dissuadé Ali Konaté et ses camarades de leur projet tout en promettant de se charger «personnellement» du dénouement pacifique de la crise. Ainsi, s’est-il engagé à initier un cadre de dialogue entre les deux parties afin de prévenir toute sorte de dérives.

La chefferie coutumière de Karangasso-Vigué était présente à la rencontre
Face aux agissements des koglwéogo, les dozo n’en peuvent plus

Alors que les uns et les autres tentaient de trouver une solution à la question de torture des deux présumés voleurs, un témoignage d’un autre cas d’exaction commise par les koglwéogo la semaine passée dans un village voisin est venu exacerber la tension.

En effet, une femme, accusée de vol de téléphone portable, aurait été mise à «poils» dans le marché de Djosso par les koglwéogo. Cette situation, selon les dozo, est venue allonger la liste des exactions des koglwéogo à l’endroit des populations dans cette partie du Burkina. Souhaitent-ils donc que les autorités mettent fin à cela.

En attendant la résolution définitive de cette crise, les dozo n’ont qu’une seule phrase à la bouche: «Pas de koglwéogo à l’Ouest du Burkina». Pour Ali Konaté, la question n’est pas ethnique comme certains le feraient croire à l’opinion. «C’est plutôt une question de non-respect des droits des populations par les koglwéogo» précise-t-il.

Cheick Omar Traoré

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