Accueil » Société » Kémi Séba à propos du front anti-CFA: «Ce n’est pas un front contre le CFA uniquement, mais contre le néocolonialisme de manière générale

Kémi Séba à propos du front anti-CFA: «Ce n’est pas un front contre le CFA uniquement, mais contre le néocolonialisme de manière générale

En tournée depuis quelques mois en Afrique pour présenter son nouvel ouvrage, c’est au tour du Pays des Hommes intègres de recevoir l’activiste franco-béninois Kémi Séba. Face à la presse mercredi, sans langue de bois, il a dressé le bilan de son combat contre le néocolonialisme.

Kemi Seba face à la presse pour expliquer les raisons de sa présence au Burkina

«Un an et trois jours après l’acte du billet que j’ai brûlé dans une manifestation internationale contre la Françafrique, il était de mon devoir de venir au Burkina pour faire le bilan de notre combat, présenter mon nouvel ouvrage qui est une synthèse de notre combat politique et qui dresse les perspectives», a dévoilé l’activiste Kémi Séba.

Selon lui, «nous sommes rentrés dans ce combat politique pour la souveraineté de nos populations d’Afrique de la zone franc, non pas par volonté de haïr la France, les Blancs, mais parce que nous partons du principe que chaque peuple a le droit de décider de sa propre destinée». A entendre M. Séba, il n’y a pas de raison qu’en Amérique du Sud, au Moyen Orient…, la majeure partie des populations ait accès à leurs ressources naturelles alors que la terre d’Afrique, qui peut être considérée comme la bijouterie du monde entier, ne puisse pas bénéficier à ses enfants, mais plutôt à «l’oligarchie d’Occident et corrompus africains aussi».

C’est dans ce sens, révèle-t-il, que «nous avons lancé il y a un peu plus d’un an et demi avec notre ONG Urgences panafricanistes le front anti-CFA». Contrairement à ce qui a été dit, le front anti-CFA n’est pas un front contre le CFA uniquement, mais un front contre la Françafrique et le néocolonialisme de manière générale. «C’est ce que nous sommes venus ici pour rappeler car c’était une erreur d’appréciation», a-t-il soutenu.

De son avis, initié par le biais de l’ONG Urgences panafricanistes, ce combat vise à lutter contre le néocolonialisme de manière globale. «Nous sommes dans une dynamique globale et nous partons du principe que le franc CFA est le bras armé monétaire dans l’appareil qui en réalité est en train d’asphyxier la population depuis les indépendances», a-t-il dit soulignant au passage que le capitaine Thomas Sankara a mené ce travail jusqu’au péril de sa vie. «Nous pensons que la meilleure des manières de l’honorer, c’est de continuer le combat», a-t-il confié.

C’est tout cela qui a été consigné dans son livre intitulé «L’Afrique libre où la mort». Préfacé par de nombreux activistes, cet ouvrage, à en croire M. Séba, est une synthèse du combat politique pour l’auto-détermination des pays francophones d’Afrique qu’il mène. C’est d’ailleurs ce qui a valu à l’activiste d’aller en prison et d’être interdit dans certains pays.

Madina Belemviré

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *