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Kenya: la reprise de la présidentielle repoussée sur fond d’accusations du président Kenyatta

A travers une déclaration rendue publique le jeudi 21 septembre, le président Uhuru Kenyatta a accusé la Cour suprême d’avoir perpétré un «coup d’Etat» en invalidant sa réélection. Dans la foulée, la Commission électorale a annoncé que la reprise de l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 17 octobre, est repoussée au 26 octobre.

Uhuru Kenyatta, le président sortant

Selon le président Kenyatta, «un coup d’État a été mené par quatre personnes dans un tribunal». Il s’en prend ainsi à la Cour suprême qui a invalidé le 1er septembre sa réélection à l’occasion du scrutin présidentiel du 8 août. Du reste, précise-t-il, «Le jugement de quelques personnes a réduit à néant les progrès réalisés au fil des ans». Et pour lui, cela est comparable aux coups d’Etat qu’ont connus certains pays.

Ces critiques acerbes surviennent au lendemain de la publication du jugement complet et détaillé de la Cour suprême qui fait état de «révélations perturbantes, voire saisissantes» sur la manière dont la Commission électorale (IEBC) a mené les élections. La Cour reproche à cette dernière, notamment le fait d’avoir proclamé les résultats sur la foi de procès-verbaux «dont l’authenticité était parfois douteuse», et de n’avoir pas autorisé l’accès à ses serveurs informatiques pour vérifier des accusations (émises par Raila Odinga, le candidat de l’opposition) de piratages informatiques.

De l’avis de la Cour, «Si l’IEBC n’avait rien à cacher, elle aurait volontiers fourni l’accès à ses serveurs informatiques et à l’historique de ses opérations. Mais qu’a fait l’IEBC? Elle a outrageusement désobéi à la Cour vis-à-vis de cette question cruciale.» En conclusion, la Cour dira que «le système informatique a été infiltré et compromis, et que les informations s’y trouvant ont été modifiées, ou que des responsables de l’IEBC eux-mêmes ont modifié ces informations, ou que l’IEBC a gâché le système de transmission (des résultats, Ndlr) et n’a pas été en mesure de vérifier les informations».

Ce sont certainement ces critiques qui ont davantage fait rougir Uhuru Kenyatta qui avait été déclaré vainqueur du scrutin avec 54,27% des voix. La contestation de cette victoire – par l’opposition – a donné lieu à l’entrée en jeu de la Cour suprême kényane qui a ordonné la reprise du scrutin, annulant ainsi les résultats du scrutin présidentiel. Ce qui est une première en Afrique où les recours en contestations de tels résultants n’ont jamais abouti à une annulation.

Cette reprise, initialement annoncée pour le 17 octobre, a été repoussée par l’IEBC en ces termes: «Nous souhaitons informer le public (…) que la nouvelle élection présidentielle aura désormais lieu le jeudi 26 octobre afin que la Commission soit pleinement préparée à l’organisation d’une élection répondant aux standards définis par la Cour suprême.»

Paangui Parè

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