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La corruption au Burkina: elle a baissé en 2016, selon le REN-LAC

Le rapport 2016 du Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) est désormais connu. Un rapport qui se veut, non seulement un instrument d’information et de sensibilisation de l’opinion nationale sur l’ampleur de la corruption dans certains services publics, mais aussi un outil de plaidoyer et d’interpellation des différents acteurs sur leurs rôles et responsabilités dans la lutte anticorruption. Sa publication est intervenue dans la soirée du vendredi 30 juin, à Ouagadougou. Il dépeint aux détails près, l’état de la corruption dans notre pays courant 2016. Un état assorti de classement des structures étatiques par ordre négatif, les premiers étant les plus corrompus.

Le présidium lors de la présentation du rapport
Le présidium lors de la présentation du rapport

De ce rapport établi, non seulement sur la base d’un état des lieux de la lutte anticorruption menée au cours de l’année par les institutions étatiques, les organisations de la société civile, les médias, mais aussi à partir d’informations collectées auprès d’un échantillon de 2 000 personnes dans 14 villes (les 13 chefs-lieux de région plus Pouytenga), il ressort que «Pour 51,9% de l’ensemble des enquêtés, la corruption a connu une baisse au Burkina Faso en 2016.» Ce qui, de l’avis du Secrétaire exécutif du REN-LAC, Dr Claude Wetta, «s’explique probablement par la forte poussée de la veille citoyenne qui se développe depuis l’insurrection populaire et la résistance au putsch dont les vertus s’apprécient à l’aune des mesures ou des comportements que les gouvernants sont contraints d’adopter de temps à autres».

Mais l’autre réalité, précise le REN-LAC, c’est que «la moralisation de la vie publique reste une impérieuse nécessité», eu égard au fait qu’en 2016, «les institutions et les gouvernants n’ont pas été à la hauteur de leurs propres engagements, encore moins des attentes légitimes du peuple en matière de lutte contre la corruption».

81% des enquêtés croit que la corruption peut être davantage réduite, si…

Et l’explication en est que «l’on a assisté à des violations de la loi anticorruption au sommet de l’Etat et à des révélations de scandales de mal gouvernance, qui ont éclaboussé aussi bien l’exécutif, le législatif que le judiciaire». Ce, en dépit de la contribution apportée par les structures (étatiques et non-étatiques) de contrôle à l’organisation de la veille citoyenne qui semble tout de même toucher progressivement un large éventail de catégories socio-professionnelles. Déjà, une «majorité des enquêtés, soit 81%, croit en la possibilité de réduire la fréquence du fléau de la corruption dans notre pays», pour peu que le gouvernement s’impose l’obligation d’infliger effectivement des sanctions exemplaires et dissuasives aux auteurs d’actes de corruption.

Le secrétaire exécutif du REN-LAC, Claude Wetta
Le Secrétaire exécutif du REN-LAC, Claude Wetta

Pour sa part, le REN-LAC, promet son Secrétaire exécutif, ne cessera de tirer sur la sonnette d’alarme, tout en appelant avec insistance, les populations des villes et des campagnes à renforcer leur niveau de mobilisation et de détermination pour développer des luttes contre ce phénomène. Dans ce sens, «il semble urgent qu’un dispositif citoyen se mette en place pour exercer une veille citoyenne saine sur la mise en œuvre des grands projets d’investissement annoncés par le gouvernement, dont le Programme d’urgence du Sahel d’un coût global de plus 400 milliards et la mise en place d’environ 16 milliards au profit des jeunes et des femmes».

La Police municipale, service le plus corrompu en 2016

En attendant, il est établi qu’en 2016, la Police municipale, les marchés publics et la Douane occupent respectivement les trois premières places dans le classement des structures les plus corrompus. Ce classement révèle également que la Gendarmerie nationale, qui n’avait jamais été classée en dessous de la 8è place depuis 2008, «est montée en force en occupant le 4è rang». La Direction générale des transports terrestres et maritimes quant à elle, améliore son score en passant de la 4è place en 2015 à la 8è en 2016.

Et au rang des structures dénommées par le REN-LAC sous le sigle «PDG» (Police, Douanes et Gendarmerie), la Police nationale qui, depuis quelques années, s’était illustrée par l’amélioration progressive de son rang jusqu’à se hisser en 2015 à la 11è place, se positionne en 2016 au 9è rang. Ce revirement négatif de la Police nationale, doublé de celui de la Gendarmerie nationale, doivent être corrélés au renforcement de la lutte contre le terrorisme. En effet, précise-t-on au REN-LAC, «le déploiement du dispositif de contrôle et de sécurité sur toute l’étendue du territoire suite aux attaques terroristes du 15 janvier 2016, a accru les opportunités de rackets sur les axes routiers».

Signalons que le lancement de ce rapport 2016 sur l’état de la corruption a été précédé de la remise de cadeaux aux lauréats du jeu concours Kouka 2017. Pour la catégorie «primaire», c’est Innes Kawassé de l’école Saint Vincent de Paul de Tenkodogo qui vient en tête. Au niveau du «secondaire», la palme d’or est revenue à Jessica Kando du Lycée provincial de Boromo. Toutes deux ont reçu 160.000 F CFA, plus une bourse d’étude d’une valeur de 100.000 F CFA, 1 vélo et des documents relatifs à la lutte contre la corruption.

Paangui Parè

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