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La cupidité ou le venin burkinabè

Le Burkina Faso observe une pénurie de carburant à cause d’un mouvement d’humeur des chauffeurs routiers qui réclament le départ du premier responsable de l’Organisation des travailleurs routiers du Burkina (OTRAF). Les chauffeurs ne convoyant plus de carburant dans les stations, celles-ci sont sèches. Des villes comme Ouagadougou, le cœur des affaires, n’a plus la possibilité de servir les usagers en produits pétroliers. Du coup, la pénurie de carburant profite aux vendeurs ambulants qui n’hésitent pas à tripler les prix. Une cuoidité devenue un mal burkinabè à combattre. D’ailleurs, la mentalité du gain facile au détriment des autres s’observe à l’approche des grandes fêtes comme la Noël et la Tabaski. Sans pitié ni vergogne, certains Burkinabè sont prêts à spoluer leurs frères, amis et parents dès qu’ils en ont l’occasion. Ainsi, de plus en plus, la morale et la solidarité foutent le camp, sinon qu’elles se meurent. Attention, danger, car nos valeurs s’effritent devant le dieu argent.

Les usagers ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont inquiets.
En ces moments de pénurie, les revendeurs sont sans pitié.

Quelques heures après l’annonce du mouvement d’humeur des chauffeurs routiers, les prix des carburants ont considérablement augmenté chez les revendeurs qui  s’étaient vite approvisionnés dans les stations d’essence. Ils savaient par expérience qu’il y aurait pénurie d’essence. L’impact des mouvements sociaux des chauffeurs et transporteurs a toujours été négatif sur l’économie. Comment en effet se déplacer sans carburant? L’activité économique en pâtit forcément. Mais comme le dit un adage populaire: «Le malheur des uns fait le bonheur des autres».

Ainsi des pompistes ont profité de cette pénurie pour se remplir les poches en vendant principalement aux parents et autres complices des bidons d’essence que ces derniers revendent à la sauvette entre 1000 et 2000 F CFA le litre. A prendre ou à laisser! Nous avons vécu l’expérience à Lanoag-Yiri, sur la route de Pô. Certains pompistes indiquent parfois ne vendre qu’aux abonnés.

Une hausse des prix qui fait grincer les dents aux Burkinabè moyens qui avaient déjà du mal à joindre les deux bouts, surtout en cette période de réinscriptions des élèves dans les écoles, lycées et collèges.

Il ne faut surtout pas que la pénurie dure sinon l’impact négatif sur l’économie, les familles et les affaires sera incalculable

Souhaitons qu’une solution soit vite trouvée sinon l’impact sera important sur les individus, les familles et l’économie. Si l’incompréhension entre les protagonistes de la crise venait à durer plus d’une semaine, les conséquences pourraient être incalculables et désastreuses.

La mentalité qui consiste à spéculer sur les prix des produits à la perception de rareté devrait être sanctionnée par l’autorité. Les augmentations anarchiques sont des abus à dénoncer et à combattre avec la dernière énergie. Pourquoi les consommateurs doivent-ils subir et les vendeurs de carburant à la sauvette doivent-ils toujours continuer à gonfler leurs chiffres d’affaires?

Malheureusement, ce venin de la cupidité se généralise au Faso et tue les valeurs et vertus de l’honnêteté, de la justice, de l’amitié, de la solidarité… Ces comportements contraires à la morale et à l’éthique sont une expression de l’égoïsme qui s’empare de plus en plus des cœurs des Burkinabè. «Pourvu que je gagne, même si après moi c’est le déluge», ne nous fait ni riches ni honneur. Alors, arrêtons cette recherche de profits indignes, illégaux, illicites et interdits: le harâm!

Théophile MONE

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