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La mode et l’habillement des jeunes d’aujourd’hui: une autre forme d’incivisme?

Que peut ou ne peut pas porter un jeune, comme vêtements, comme tenues? De tous temps, le vêtement a servi d’identificateur, au-delà de sa fonction primaire de vêtir et de tenir chaud.

Il est intéressant d’ailleurs de se souvenir que selon la religion, le premier habit fut fait de feuilles de figuier, dans le jardin d’Eden, suite au péché d’Adam et d’Eve. Cet habit fut réalisé pour cacher leur nudité qu’ils avaient découverte et surtout la peur et la honte qu’ils avaient éprouvées.

Il n’y a pas si longtemps, pour se faire respecter, il faillait paraître «sérieux». Ainsi, être dans une tenue débraillée était tout simplement inimaginable; seul le sport permettait de porter une tenue décontractée. Si le travail nécessitait un habit spécial, celui-ci devait toujours être impeccable, même avec un métier salissant. Cela donnait, bien sûr, du travail aux mères et aux épouses!

Aujourd’hui, au nom de la mode, les jeunes et même certaines personnes d’âge mûr portent des jeans déchirés, des habits informes et sales, des T-shirts avec des slogans provocateurs. Ce qui les fait assimiler à des groupes violents, des criminels, des mal éduqués…

Parfois même dans les églises, des adolescents peuvent avoir des tenues qui conviendraient, à la rigueur, plus à la plage ou dans un bar mal famé. A qui la faute? A la société et plus singulièrement aux parents? Ce qui est certain c’est que la décence se meurt, la décence est morte. C’est le temps du cacher-montrer. Une autre forme de vice et d’incivisme, à combattre!

Tenue indécente. Au nom de la mode taille basse

La tenue vestimentaire a perdu son importance d’antan en Afrique. Ce phénomène s’est accru sur le continent et singulièrement dans les capitales.

Son caractère est dévalorisé par la jeune génération. Elle se référait aux règles et aux codes vestimentaires édictés par la tradition. La gent féminine apprenait qu’il y a un certain nombre de normes sociales à respecter. En outre, il n’y avait même pas à polémiquer.

Mais la nouvelle génération de filles entend s’imposer dans le milieu avec une nouvelle allure provocante et choquante. Elles s’habillent alors en tenues très légères, ce qui laisse entrevoir les parties les plus intimes du corps. Ces filles, parfois, sans emploi, élèves et mêmes étudiantes, attirent l’attention de tous.

Nous ne prônons pas un habillement démodé, ce serait grotesque. La négligence et le laisser-aller ne sont pas des marques à épouser. Mais les habits peuvent être élégants et rester sobres en même temps. Pour les femmes, il est bon d’être décentes: modérées, simples, ne pas chercher à impressionner par des habits extravagants, ni par des accessoires tape-à-l’œil. La nudité et la tenue trop sexy n’attirent en fait que l’irrespect.

Cette légèreté aveugle chez ces filles africaines a engendré des comportements à risque. Choquer pour se faire aimer quel que soit le prix est le choix qu’elles font. Triste réalité.

Tout ceci est qualifié par les jeunes de mode. Leur objectif, créer le style qui va captiver l’attention. Et dans cette recherche effrénée de regards, plusieurs styles vestimentaires cohabitent.

Exhibitionnisme ou habillement?

Par exemple, les jeunes filles restent fidèles au pantalon bas tuyau et taille basse de préférence.

Les pantalons à taille basse ne révèlent-t-ils pas la couleur du string qu’ils sont censés cacher? Les bas d’eph (éléphant), pantalons aux bas larges, sont appréciés des filles grosses pour mettre en exergue leur forme.

Parfois, en circulation, l’on voit des jeans serrés, des poitrines à découvert, des mini-jupes, de petites culottes.

Le regard sémiologique indique aisément qu’avec les couleurs, les jeunes ne sauraient passer inaperçus. Ventre et Cul Dehors; Dos et Ventre Dehors, ces filles se disent être à la mode… Pourtant, elles sont presque nues. Ainsi, on assiste à des scènes choquantes et infamantes dans nos rues.

A quoi sert alors le pantalon?

Pour ce qui concerne les jeunes gens, ils veulent ressembler aux femmes à travers les boucles d’oreille, les tresses, les maquillages. Ils portent des jeans, à peine les slips sont cachés.

C’est le travail des parents que de poser les limites et d’informer leurs garçons et filles sur les conséquences plus ou moins directes de leurs actes et de leurs tenues afin d’éviter le pire.

Les pasteurs, les prêtres, les imams sont très fermes sur la question de la tenue vestimentaire. Pour eux, pas question de styles qui vont retenir l’attention. C’est pourquoi, les tenues vestimentaires indécentes sont prohibées pour se rendre à la mosquée et/ou à l’église.

Pour un véritable changement de comportement, la responsabilité des parents est on ne peut plus importante. Ils doivent exiger de leurs enfants des tenues correctes. S’ils démissionnent sur ce point, que feront-ils lorsque leurs enfants reviendront éméchés à 3 h du matin ou auront passé la nuit chez le «copain» ou la «copine»?

Aujourd’hui où l’incivisme gangrène nos sociétés, des actions concrètes s’imposent pour un changement de comportement. Il faudrait des moyens coercitifs en vue de réguler la façon de s’habiller en Afrique? Et le rôle des parents est primordial et irremplaçable.

Théophile MONE

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