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«La motion de censure, ce qui est sûr et évident, va échouer», dixit Jean-Paul Tapsoba, député à l’Assemblée nationale

A l’occasion d’un meeting qu’il a animé le 29 avril dernier à Ouagadougou, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré, a annoncé le recours à «une motion de censure contre le gouvernement de Paul Kaba Thiéba». Une motion dont la validation par l’Assemblée nationale emporte la chute dudit gouvernement qui, selon le CFOP, «a échoué». Cette validation, le député de la majorité parlementaire, Jean-Paul Tapsoba, rassure qu’elle ne saurait être effective.

Tibo Jean-Paul Tapsoba, député à l'AN
Tibo Jean-Paul Tapsoba, député à l’AN

«Camarades militantes et militants de l’opposition, je prends l’engagement solennel devant vous ici, de soumettre à l’assemblée des chefs de partis de l’opposition, l’idée d’une motion de censure contre le gouvernement de Paul Kaba Thiéba, et de vous rendre compte en toute transparence, de la décision qui sera prise!», a dit Zéphirin Diabré, le 29 avril. Précision sur la suite, «elle sera transmise à nos députés (députés membres des groupes parlementaires constitués de partis d’opposition, Ndlr)».

Ces derniers sont au nombre de 57. La motion de censure ainsi projetée doit être signée par au moins 43 d’entre eux (1/3 des députés), afin qu’elle soit régulièrement formalisée. De l’avis du député Jean-Paul Tapsoba, l’opposition peut bien franchir cette étape de formalisation régulière. S’il arrivait qu’il en soit ainsi, la motion de censure doit ensuite être transmise au président de l’Assemblée nationale (AN) à charge pour celui-ci d’en saisir le chef du gouvernement et de susciter la programmation d’une séance plénière au cours de laquelle les 127 députés voteront soit «abstention», soit «pour» ou «contre».

Avec 65 voix «pour» (voix de la majorité absolue des membres de l’AN) à l’issu d’un tel vote, l’on dira que la motion de censure a été adoptée par la Représentation nationale. En conséquence, le président du Faso doit, conformément à l’article 117 de la Constitution, mettre fin aux fonctions du Premier ministre dans un délai de huit jours, à compter du jour du vote à l’hémicycle.

L’opposition sait elle-même que la «motion de censure ne passera pas»

Mais en deçà de cette majorité absolue qui, à l’analyse, requiert des défections du côté de la majorité parlementaire, la motion est dite rejetée et «ses signataires ne peuvent en présenter une autre avant le délai d’un an» (article 115 de la Constitution). Dans ce cas, le gouvernement reste en place. C’est ce qui arrivera. Telle est du moins, la conviction du député Jean-Paul Tapsoba. En effet, précise-t-il, «La motion de censure, ce qui est sûr et évident, va échouer». A l’en croire, l’opposition sait elle-même que la «motion de censure ne passera pas».

Et pour cause, dira le député Tapsoba, non seulement la majorité (forte de 70 députés) est «claire» et «soudée», mais aussi elle a «la certitude» que «beaucoup de députés de l’opposition» vont la «rejoindre »dans le rejet de la motion de censure si celle-ci venait à être soumise au vote des députés. Quant à l’éventualité de défections au profit de l’opposition pour l’adoption de la motion, l’on ne pense «même pas à ça» au niveau de la majorité, mais plutôt au contraire.

«Les militants de l’Opposition observent …»

Pour sa part, après avoir invité les députés de l’opposition à «déborder d’imagination, pour proposer les nouvelles lois attendues par le peuple», à «saisir toutes les occasions pour tacler les lois contraires aux intérêts du peuple», Zéphirin Diabré a relevé à leur attention qu’ils «ne doivent jamais oublier, qu’ils sont d’abord et avant tout des députés d’Opposition, qu’ils ont été élus sous la bannière de partis de l’Opposition, et qu’ils doivent donc se comporter en opposants résolus.» A en croire M. Diabré, «les militants de l’Opposition qui observent avec vigilance le comportement de leurs élus (…) ne tolèreront pas que ceux qu’ils ont élus pour s’opposer au gouvernement, tombent dans des compromis d’accompagnement ou de connivence». Déjà, prévient-il, «Le pouvoir à trois têtes qui nous dirige fera tout pour vous amadouer et vous corrompre. Mais votre main ne doit jamais trembler.»

Se trouve ainsi faite, une interpellation teintée de doute sur la moralité des députés élus sous la bannière de partis d’opposition. Reste à savoir si cette interpellation pourra inculquer le réflexe de l’intransigeance face aux manœuvres de récupération que viendrait à orchestrer la majorité parlementaire. Sauf que cette même intransigeance ne suffira pas à relever le défi de l’adoption de la motion de censure. Il faudra en plus, que des députés de la majorité déclinent les consignes qui viseront évidemment le rejet de cette motion.

En attendant de savoir ce qui adviendra dans les jours et mois à venir relativement à cette annonce de motion de censure, le député Jean-Paul Tapsoba, tout en faisant allusion à la répartition des postes de responsabilité au sein de la Représentation nationale, prévient: «Nous allons assumer notre majorité au niveau de l’Assemblée nationale maintenant».

Paangui Parè

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