Accueil » L’impertinent » La nonchalante indépendance de la Justice burkinabè

La nonchalante indépendance de la Justice burkinabè

Le Procureur général, Armand Ouédraogo
Le Procureur général, Armand Ouédraogo

Depuis l’avènement du pouvoir Compaoré, la Justice burkinabè a perdu de son aura. Réduite à juger de petites affaires comme le vol de chèvres, elle semble avoir perdu la main et du professionnalisme. Les dossiers judiciaires dignes de ce nom ayant en général concerné le cercle du pouvoir et la famille présidentielle, les magistrats ne pouvaient qu’aller voir ailleurs. Surtout lorsque le président du Conseil supérieur de la magistrature est le premier magistrat du pays, c’est-à-dire le président du Faso qu’était Blaise Compaoré. Nous ne suivrons pas ceux qui disent que la Justice était aux ordres mais c’était tout comme. Si fait que les dossiers de crimes de sang ou de crimes économiques qui concernaient le cercle cité plus haut ont été simplement éludés.

Les simulacres de procès qui ont pu se tenir ont abouti à des non-lieux ou à des condamnations d’exécutants, les commanditaires au col blanc ou au treillis froufroutant se la coulant douce ou roulant des mécaniques.

Du coup, lorsque Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir puis le renouveau de la Justice ayant accouché de l’indépendance de celle-ci avec tous les avantages qui vont avec, dame Magistrature est tombée dans la torpeur. Des prétendus moyens de travail et de subsistance qui manquaient et qui ne lui permettaient pas de bien fonctionner, les lourds privilèges acquis l’ont subitement engourdie. De l’état d’ankylose, elle est tombée dans la nonchalance. Et puisque tout semblait lui être dicté, elle ne sait que faire de son indépendance, elle ne sait quoi décider. Elle semble avoir été brutalement sevrée.

Les quelques rares fois où elle a tenté de se secouer le c…, elle a tergiversé, elle est passée à côté de la plaque. Le ministre de la Justice l’a promis, le Procureur général l’a assuré, une partie de la longue liste des dossiers pendants va avoir un début de jugement avant la fin de l’année. Décembre égrène inexorablement ses jours et rien ne semble montrer qu’au cours de ses 20 jours derniers un quelconque procès se tiendra. Touchons du bois sinon ce serait une grosse promesse non tenue.

L’Impertinent

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *