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La retraite d’office…

Quel souvenir douloureux, surtout pour certaines familles au Burkina! La retraite d’office rappelle ces traditionnels comptes rendus du Conseil des ministres, sous la Révolution démocratique et populaire (RDP) du Capitaine Thomas Sankara. Ces comptes rendus étaient attendus avec angoisses surtout mais avec espoir aussi.

Madame Traoré née Sanou Thérèse, présidente du Conseil Supérieur de la Magistrature, mise à la retraite d’office par le Conseil de discipline de l’institution qu’elle préside

Angoisses parce que dans la 3ème partie, après les délibérations et les communications orales, il y avait beaucoup de sanctions. Certains ont ironisé en comparant cette partie des nominations et sanctions à la rubrique de Radio Haute-Volta de l’époque, «Nos joies et nos peines», aujourd’hui «le Carnet nécrologique». En son temps, dans «Nos joies et nos peines», des familles annonçaient la venue de nouveau-nés. De nos jours, on se contente de publier les décès uniquement.

Pendant les comptes rendus des Conseils des ministres sous la RDP qui avaient lieu les jeudis donc, les joies résidaient dans les nominations dans une fonction politique ou administrative. Les promus, leurs familles et leurs proches se réjouissaient alors.

Au contraire, il y avait, au chapitre des sanctions, une large panoplie. La suspension, le reversement PPD, le dégagement, le licenciement et la mise à la retraite d’office.

La décision du Conseil de discipline du Conseil supérieur de la Magistrature de procéder à la mise à la retraite d’office de la présidente du Conseil supérieur de la Magistrature et premier président de la Cour de Cassation et du Procureur de cette institution et de la Haute cour de Justice nous a ramené effectivement à la mémoire cette sanction qui était tombée dans les oubliettes.

La retraite d’office, sous la RDP, consistait en une mise à la retraite anticipée. La personne étant proche de la retraite, on ne la dégageait pas, on ne la licenciait pas, on lui demandait de faire valoir ses droits à la retraite avant l’âge.

En son temps, de nombreux colonels de l’Armée nationale ont été mis à la retraite d’office et passés devant les Tribunaux populaires de la Révolution, les fameux TPR. Ô coïncidence, histoire parmi ces histoires rappelant la RDP, l’un des ministres de la Justice, Garde des Sceaux de l’époque, avait les mêmes initiales que les Tribunaux populaires de la Révolution: Train Poda Raymond (TPR).

Hidogo

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