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La route de 2020 se trace-t-elle d’elle-même pour le MPP?

Ces derniers temps, l’actualité nationale a été marquée par les rentrées politiques de différents partis politiques. Mais elle a surtout été dominée par la crise au sein de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), de la démission du gouvernement de Tahirou Barry et de son remplacement par Issouf Sawadogo, du Parti pour la Renaissance nationale (PAREN). Du coup, l’UPC qui était la deuxième force politique après le parti au pouvoir est en sérieuse difficulté. Il ne reste plus que le CDP arrivé en 3e position à l’issue des élections législatives de 2015. Ce parti fera-t-il le poids avec ses divisions internes?

Des membres du groupe parlementaire UPC/Renouveau démocratique. Les députés démissionnaires ont affaibli l’UPC

La configuration politique nationale a connu de nombreux changements ces 3 derniers mois. On imagine que ce sont les échéances électorales de 2020 qui se préparent déjà. Quel est l’état des lieux des forces en présence actuellement?

Ils sont 13 députés à quitter le groupe parlementaire de l’UPC pour créer un nouveau groupe parlementaire, l’UPC/ Renouveau démocratique. Les démissionnaires justifient leur acte par le fait que le président de l’UPC, Zéphirin Diabré, refuserait de rejoindre le gouvernement.

En effet, Zéphirin Diabré était le chef de file de l’opposition lorsque l’opposition politique organisait des marches et meetings qui ont abouti à l’insurrection populaire. Alors que plusieurs observateurs politiques s’attendaient à le voir dans le gouvernement aux côtés du MPP comme c’était le cas lors des nombreuses manifestations de l’opposition avant le départ de Blaise Compaoré, Zéphirin Diabré a choisi de rester dans l’opposition à côté du CDP qu’il avait combattu.

Au CDP, il y a une guerre de leadership entre le camp d’Eddie Komboïgo…

En s’écartant du groupe parlementaire UPC, il ne serait pas étonnant que les 13 députés soutiennent l’action gouvernementale. Ce qui contribuerait à affaiblir considérablement l’UPC de Zéphirin Diabré.

Le PAREN a choisi de soutenir le MPP. Tahirou Barry est entré au gouvernement au nom de son parti. Mais il a été contraint à la démission après un congrès du PAREN qui l’a exclu. En réalité, Tahirou Barry a été écarté parce qu’il n’en faisait qu’à sa tête au lieu de se concentrer sur le programme présidentiel. Barry ne s’est pas encore prononcé sur son avenir politique. Mais ses déclarations tapageuses après sa démission montrent déjà son immaturité politique. Et rien ne présage d’un avenir radieux, même s’il venait à créer son parti politique.

L’UPC et Tahirou Barry affaiblis, que reste-t-il en face du MPP?

La question a tout son sens parce que le CDP qui se positionnait comme une force politique alternative est secoué par une crise interne. Actuellement, 2 camps se regardent en face. D’un côté le camp de Achille Tapsoba et de l’autre celui de Eddie Komboïgo. Une querelle de leadership au sein de ce parti qui risque de remettre à plus tard sa véritable mue.

…et celui d’Achille Tapsoba

Le camp d’Eddie Komboïgo estime qu’il est temps que leur mentor reprenne la présidence du parti qu’il avait cédée pour se mettre à la disposition de la justice militaire dans le cadre de l’instruction du dossier sur le coup d’Etat manqué du 15 septembre 2015.

On se rappelle qu’en janvier 2016, Eddie Komboïgo que l’on disait en fuite était rentré au Burkina Faso et s’était présenté devant le juge. Détenu à la Maison d’Arrêt et de Correction des Armées (MACA), il a bénéficié d’une liberté provisoire puis d’un non-lieu en juillet 2017. Pendant ces démêlés judiciaires, la présidence du parti avait été confiée à Achille Tapsoba, premier vice-président chargé des questions politiques, porte-parole du parti.

Pour les proches d’Eddie Komboïgo, celui-ci ayant bénéficié d’un non-lieu, il doit effectuer son retour à la tête du parti pour le redynamiser car,visiblement, il hiberne.

Pourtant, le camp d’Achille Tapsoba ne compte pas lâcher prise. Pour ses supporters, pendant que Eddie se cherchait avec la justice, Blaise Compaoré avait décidé de confier la présidence à Achille Tapsoba «jusqu’au prochain congrès». Il n’est donc pas question de permettre à Eddie de revenir aux affaires avant ledit congrès dont la date n’a pas été communiquée.

Certes, un congrès avait été convoqué en 2016, mais il n’avait pas pu se tenir parce que de nombreuses voix s’étaient élevées pour décrier la procédure et les intentions qui y étaient rattachées. Aussi, les moyens financiers en l’occurrence n’avaient pas été débloqués en conséquence pour sa tenue.

Une opportunité politique que devra saisir le MPP

Pour ce faire, les membres du camp d’Eddie ne comprennent pas aujourd’hui que la présidence du parti n’ait pas été restituée de plein droit à leur mentor qui a pourtant bénéficié d’un non-lieu en justice. Leur frustration est d’autant plus justifiée que Léonce Koné, deuxième vice-président chargé des questions économiques et du développement solidaire du parti, également concerné par l’instruction du dossier du putsch et qui bénéficie d’une simple liberté provisoire, a son mot à dire sur la marche du parti. Le camp d’Eddie qui n’entend pas se laisser marcher sur les pieds compte alors revenir à la charge dans les jours à venir.

Tant que le CDP ne va pas se comporter comme un vrai parti politique en instaurant la démocratie en son sein, ce parti qui a longtemps dirigé le pays ne pourra pas avoir un quelconque encrage sur le terrain. Les ordres qui viennent toujours de Blaise Compaoré montrent à quel point les caciques du CDP ne peuvent rien faire sans l’enfant terrible de Ziniaré qui, même Ivoirien, continue de dicter sa loi à ses «enfants». Cette incapacité des dirigeants actuels du CDP à s’affranchir des desiderata de l’ancien président pourrait précipiter le déclin de ce parti. Or 2020 n’est pas loin. Conséquence: actuellement, le MPP occupe seul le terrain. Il ne fait que saisir les opportunités politiques qui s’offrent à lui. Tout naturellement.

Les Echos du Faso

Un commentaire

  1. Ce dont Patardé est sur, est que BLAISE COMPAORE ne cautionnera pas le déplacement du centre de gravité du CDP à YAKO dont les ressortissants auraient joué au coup fourré signe de trahison de la confiance à eux faites lors de l’insurrection.

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