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L’agriculture qui nous tue à feu doux?

Les techniques agricoles ont changé de nos jours. Il est loin, le temps où l’on se courbait à longueurs de journées sur une daba pour gratter le sol et en récoltait les fruits. De nos jours, même la houe Manga permet à peine de récolter le minimum vital. Pour une agriculture qui nourrit son homme, de nouveaux facteurs de production sont entrés en jeu et qui bouleversent tout. Au risque de nous renverser un jour, si des garde-fous ne sont pas mis pour encadrer l’activité. Les chercheurs burkinabè cherchent. Et ils trouvent, heureusement. Ils mettent à la disposition du monde rural des semences adaptées à notre époque, car nos sols sont totalement lessivés et les pluies sont devenues rares ou trop abondantes et mal réparties. Sur le terrain, la vulgarisation de ces trouvailles est encadrée par des agents qui conseillent les meilleures pratiques. Les résultats sont visibles car dans beaucoup de cas les rendements permettent de garder l’espoir que les défis du développement peuvent être relevés.

Deux patates à robe blanche

Malheureusement, nos yeux se sont trop ouverts et nos oreilles se sont bouchées. Ils se sont trop ouverts sur la panoplie de facteurs de productions qu’offre le marché. Mais nos oreilles se sont fermées sur les conseils, mises en garde et interdictions de l’autorité sur l’utilisation de certains intrants. Comme l’alcool frelaté, comme les médicaments de la rue, les pesticides et les herbicides non homologués donc potentiellement dangereux pour la santé pullulent surtout dans nos champs, en campagne. Des paysans, sans formation aucune, les utilisent et en abusent.

Pour une surface même inférieure à un hectare, entre les cases, les paysans utilisent des herbicides. Tant pis pour les animaux, tant pis pour la flore, tant pis pour la faune plus généralement, tant pis pour les nappes phréatiques. Personne ne veut plus attraper la daba. Se courber pour certains, c’est courir le risque de se faire passer pour un animal à quatre pattes.

C’est un constat de profane à partir de ce qu’il a vu. Les spécialistes pourront infirmer ou confirmer. Mais cette longue digression a simplement pour but d’interroger.

Deux tubercules de patates à robe rouge

Regardez ces deux images. Sur la première photo, il y a deux patates blanches. L’une a été achetée la semaine dernière et l’autre aujourd’hui (13 novembre). Idem pour la deuxième photo où il est question de patates rouges. Les yeux du profane voient que les tubercules de la semaine dernière sont fanés par rapport aux tubercules frais. Est-ce normal?

Le constat peut être fait sur la tomate, le poivron, les aubergines vertes et violettes, la salade, bref sur les ingrédients ou légumes. Est-ce en raison d’une présumée utilisation de produits chimiques dans leur production comme on en voit de nos jours ou quelle peut être la cause de ces avaries?

Le profane que je suis a la faiblesse de croire que ce que nous mangeons est la cause de ces bobos jadis attribués aux personnes âgées et aux ‘’Blancs’’. L’hypertension artérielle, le diabète et autres insuffisances rénales touchent de nos jours des personnes jeunes. Donc, nos habitudes alimentaires y sont pour quelque chose. En plus du pois de terre ou les haricots bouillis à doses de carbures ajoutées aux fruits mûris de la même façon, d’autres avaient mêmes ajoutés la cuisson de grandes viandes exotiques dont raffolent les Burkinabè. Tout cela pour économiser sur le bois de chauffe.

On pourrait limiter les dégâts, si la majeure partie de la population ne ‘’mangeait pas dehors’’. Mais les images que nous venons de montrer là aussi ne font-elles pas battre en brèche ce postulat?

L’Impertinent

Un commentaire

  1. La pourriture des tubercules de patate douce est due surtout à l’utilisation exagérée de l’urée.

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