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L’amour calculé de la Chine pour dominer le monde

Au moment où le 7ème sommet Chine-Afrique ferme ses portes avec enthousiasme, les analystes avertis prévoient, comme des devins expérimentés, que la Chine va devenir la première puissance de la planète. Une vision intelligente, calculée et bien raffinée au fil du temps, à l’image d’un prince amoureux qui sait déclarer au bon moment son amour à sa dulcinée. Pour comprendre la vision hautement stratégique de la Chine, il suffit d’analyser froidement les politiques de coopération et les relations entre les grandes nations aujourd’hui. L’ex-Empire du Milieu inspire forcément du respect et de l’admiration.

La relation de la Chine avec l’Afrique relève d’un amour calculé et fort bien intelligent

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique a toujours dominé le monde par sa puissance économique, militaire. Sa réussite sociale et diplomatique en est une preuve. Elle a pendant longtemps séduit le monde par son modèle démocratique et de développement. Mais l’Amérique de Donald Trump est en train de perdre sa notoriété et sa place de première puissance mondiale.

En effet, elle s’enferme dans une sorte de repli sur soi qui l’affaiblit de jour en jour, lui faisant perdre sa place de «premier de la classe».

L’Europe, dont l’union sacrée en a fait un marché prospère sur lequel miser, est elle aussi en train de perdre son influence parce que minée par des dissensions internes que symbolise le Brexit.

La Russie, qui était la dauphine de l’Amérique, déploie son énergie à reconstituer l’empire que l’effondrement de l’URSS avait sapé il y a une trentaine d’années. Pour ce faire, les Européens surveillent de près ses agissements. Elle est donc un allié qui fait peur et avec qui la prudence est de mise. Une confiance mitigée des partenaires et amis qui ne place pas la Russie en pole position en matière de coopération.

Le Japon, qui s’est conduit aussi mal en Asie comme l’Allemagne en Europe il y a soixante ans et qui a payé ses dérives au prix fort, ne peut être considéré aujourd’hui par ses voisins comme un partenaire fiable et sûr.

Le Proche et le Moyen-Orient sont des zones de plus en plus instables qui risquent à tout instant de sombrer dans le chaos en raison des tensions existant entre Israël et l’Iran ou l’Arabie Saoudite et qu’il convient donc de contourner.

L’Amérique latine, toujours placée sous la domination plus ou moins avouée des États-Unis, ne peut être pour la Chine un marché accessible dans l’immédiat, même si son essor présent la rend de plus en plus attrayante.

Dans ce contexte général, c’est bien l’Afrique qui constitue pour la Chine le partenaire le plus intéressant, le marché le plus attrayant, la région du monde sur laquelle il convient de miser, le continent avec lequel il faut développer un amour de prédilection.

C’est ainsi que se comprennent les flammes d’amour de Beijing pour l’Afrique qui, compte tenu de ses besoins actuels en termes de développement, ne peut y résister. Mais cet amour réciproque pourrait grandir ou mourir en fonction de l’évolution des relations diplomatiques entre les grands Etats.

Finalement, la politique nationaliste de Donald Trump «l’Amérique d’abord» s’avère suicidaire pour les États-Unis et bénéfique pour la Chine qui, lentement mais sûrement, prend les commandes du monde. Encore faut-il que les Africains sachent tirer le meilleur profit de cette nouvelle donne.

Théophile MONE

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