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L’ANAM alerte et donne des conseils agro-météorologiques sur les prévisions saisonnières des pluies pour la campagne 2018

A l’instar des années précédentes, les premiers responsables de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) ont animé une conférence de presse hier dans l’après-midi, à la Direction générale sise à Somgandé, afin de rendre officiels les résultats de la prévision saisonnière des pluies de juin-juillet-août et de juillet-août-septembre 2018. L’objectif est de permettre aux utilisateurs et décideurs de planifier de manière rationnelle leurs diverses activités. Au regard des risques encourus en termes de sécheresses, d’inondations et de maladies, les techniciens ont saisi l’opportunité pour donner des conseils et faire des recommandations pour la valorisation des opportunités.

Le présidium lors de la présentation des résultats de la prévision saisonnière 2018 avec, au milieu, le DG Ernest Ouédraogo

A chaque fin de la campagne d’hivernage, l’ANAM procède à une évaluation afin d’apprécier le degré d’utilisation et les impacts des prévisions saisonnières diffusées, ainsi que leurs conséquences sur les différents types de productions rurales (agricoles, pastorales, commerciales, activités diverses.).

De cette même manière, avant chaque début de saison des pluies, l’Agence nationale de la météorologie diffuse les résultats de la prévision saisonnière à l’intention des agriculteurs, des éleveurs, des commerçants, des décideurs, bref des partenaires. C’est dans cette dynamique que les résultats de 2018 ont été diffusés le jeudi 31 mai 2018.

Les présentateurs des résultats, Grégoire Baky et Ousmane Ouédaogo

En rappel, la prévision saisonnière consiste à élaborer des prévisions d’une échéance d’un mois à un trimestre ou même plus. En fait, l’on cherche à prévoir au Burkina la qualité de la saison des pluies par rapport à une situation connue, prise comme référence (par exemple la moyenne pluviométrique cumulée à partir des données de cumul mensuel de pluies considérées comme prédictands et de cumul mensuel de données surfaciques de températures des océans comme prédicteurs).

Ces prévisions permettent aux utilisateurs de mieux planifier leurs activités afin d’accroître la rentabilité, notamment:

– le dimensionnement de leurs champs en fonction du type de saison;

– la sélection des espèces culturales adaptées;

– le choix des zones cultivables adaptées (plaines, bas-fonds, élévations);

– la gestion des périmètres irrigués;

– la gestion des pâturages et du bétail (intensité et période de transhumance, nombre et type de bêtes à commercialiser ou à abattre, degré de prévalence des maladies parasitaires);

– type d’activité commerciale appropriée (quoi importer ou exporter et à quel moment, faut-il faire de l’embouche ou pas);

– régulation de l’exode rural.

Comme dans la zone sahélienne plus de 80% de la population vit de l’agriculture et de l’élevage, la saison des pluies occupe une place essentielle dans les activités socio-économiques. Dans ces conditions, la connaissance au préalable (par anticipation) de la qualité de la saison des pluies est d’une importance capitale pour une meilleure gestion des activités socio-économiques et stratégiques.

Contrairement à l’idée selon laquelle certains paysans pourraient être animés d’un esprit de prudence (méfiance), et laisser entrevoir des hésitations quant à l’adoption et à l’application concrète et totale des résultats de la prévision saisonnière, les responsables de l’ANAM ont rassuré la presse et les partenaires qu’au contraire, les usagers ruraux allouent un grand intérêt et une importance particulière à la prévision saisonnière et en sont très confiants. Car sur le plan pratique, les prévisions leurs permettent d’une part d’être confiants et d’avoir le cœur net en ayant à l’avance une idée de ce que serait l’état général de la prochaine saison des pluies et d’autre part, elles leur permettent de mieux planifier leurs activités afin d’optimiser leur rentabilité. Les prévisions saisonnières leur sont donc vitales.

Les participants à la conférence de presse (journalistes et partenaires de l’ANAM)

Prévisions nationale du cumul pluviométrique JJA et JAS 2018

Selon les techniciens de l’ANAM, pour la période juin-juillet-août (JJA) 2018, il est prévu un cumul pluviométrique excédentaire à normal sur la partie Est et Nord–Est du territoire. Sur les parties Ouest, Sud-Ouest, un cumul normal à déficitaire est attendu. La partie centrale, quant à elle, aura un cumul normal à excédentaire.

Durant la période juillet-août-septembre (JAS) 2018, il est prévu des cumuls pluviométriques excédentaires à tendance normale à l’extrême Est du pays et sur une partie des régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest, Centre-Sud, Centre-Est et les Haut-Bassins. Une situation normale à tendance excédentaire est attendue dans les parties Centre-Est, Nord et Nord-Ouest du territoire. La partie Sud-Ouest du pays pourrait connaître une situation normale à tendance déficitaire alors que l’extrême Sud-Ouest du pays restera déficitaire à tendance normale.

Avis et conseils agro-météorologique

Au regard des risques de sécheresses, il est recommandé de prendre des dispositions pour éviter les échecs de semis, résorber les déficits de production et prévenir les maladies. Pour cela, il faut privilégier le choix d’espèces et de variétés de cultures résistantes au déficit hydrique et aux séquences sèches prolongées, l’utilisation des techniques culturales favorisant l’économie de l’eau du sol et la réalisation des bassins de collecte des eaux de ruissellement, la limitation des apports supplémentaires d’engrais azote, la prise en compte des critères et dates prévisionnelles de semis ainsi que leur bon choix afin d’éviter les risques de resemis et d’échec de cultures.

Au regard du risque d’inondations, il est recommandé d’éviter l’occupation anarchique des zones inondables, aussi bien pour les cultures que pour les habitations, prévenir les épizooties à germes en préférant de bonnes conditions humides, éviter aux animaux les risques de noyades.

Au regard du risque de maladies comme le choléra, la malaria, la dingue, les infections diarrhéiques, il est recommandé, entre autres, de mettre en place, en particulier dans les zones à difficultés d’accès pendant la saison des pluies, des stocks de moustiquaires, d’antipaludéens et de produits de traitement de l’eau.

Comme on le sait, la quasi-totalité des activités socio-économiques des pays sahéliens comme le Burkina sont tributaires du climat. Aussi, la vulgarisation et l’application des prévisions saisonnières dans notre pays permettent aux populations d’anticiper pour mieux gérer les activités socio-économiques.

Théophile MONE

Encadré

Prévision des dates et début de la saison agricole

La prévision sur l’installation de la saison des pluies 2018 indique un début normal à tendance tardive sur l’ensemble du pays.

En référence aux dates climatologiques de début de saison moyenne sur le territoire, cette situation correspond à la période à partir du:

– 11 mai pour la partie soudanienne (au Sud)

– 1er juin pour la partie soudano-sahélienne (au Centre)

– 21 juin pour la partie sahélienne (au Nord)

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