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Le cas Yaya Jammeh devrait faire école

Il a gouverné le pays pendant 22 ans. Il a perdu les élections du 1er décembre 2016 pour avoir publiquement félicité le vainqueur Adama Barrow. Et l’on suppose qu’avant cette reconnaissance officielle, il a pris soin d’avoir les preuves de son échec auprès des siens.  Il n’a plus la confiance des chefs d’Etat de la CEDEAO ni de l’ONU. Car sa volte-face, quelque jours après, a agacé plus d’un, même s’il a le droit, en tant que candidat, de faire des recours. Tout porte à croire qu’il a été surpris de sa défaite et craint la justice pour les crimes de sang et économiques commis pour lesquels il devra répondre tôt ou tard. Aussi, toute son agitation est une forme de négociation d’amnistie, de garanties de sécurité et de protection.

L'ancien président gambien Yaya Jammeh, après 22 ans de pouvoir doit partir. Certes...
L’ancien président gambien Yaya Jammeh, après 22 ans de règne, doit partir. Certes…

Désormais isolé sur le plan international et abandonné par l’Armée. Quel intérêt a-t-il à persister dans sa logique de guerre et à faire couler le sang de ces concitoyens? L’intérêt supérieur de la Gambie doit primer avant tout. Aussi, si j’étais à sa place, j’allais quitter le pouvoir dans la dignité. Surtout que les multiples médiateurs essaient depuis des semaines de lui faire entendre raison. Il vaut mieux tard que jamais.

...mais son cas doit faire école. Désormais tous les chefs d'Etat qui violent les principes démocratiques doivent être traités de la même façon
…mais son cas doit faire école. Désormais, tous les chefs d’Etats qui violent les principes démocratiques doivent être traités de la même façon

Concédons donc que l’ancien président gambien doit quitter le pouvoir.

Mais cette pression tous azimuts contre lui doit faire école. Que tout chef d’Etat africain qui tente désormais de s’accrocher au pouvoir par tous les moyens soit délogé par la force s’il est avéré qu’il a perdu les élections ou que son mandat constitutionnel a pris fin. Finis donc les tripatouillages et les passages en forces. Oui, le recours à la force contre un Etat en Afrique, au-delà des cas de crimes contre l’humanité, doit être inscrit en lettre d’or dans les conventions africaines surtout en cas d’atteinte aux principes et règles démocratiques.

Dommage que cette apologie grégaire des principes démocratiques par nos dirigeants n’ait pas été instauré plutôt. Sinon Ali Bongo Odimba, Joseph Kabila, Denis Sassou Nguesso, Pierre Nkurunziza, Paul Kagamé, … allaient quitter le pouvoir par la force. Et pourtant!

Dans le règlement des conflits en Afrique, l’impartialité devraient être le dénominateur commun. Car tous les Etats souverains se valent et la règle du jeu doit être la même pour tous, sans exception.

Théophile MONE

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