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Le CIFDHA, désormais Observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples

Le Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA) a accédé au statut d’Observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (Com. A.D.H.P). L’information a été rendue publique le samedi 27 mai à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse.

Présidium lors de la conférence de presse, Urbain Yaméogo au milieu
Présidium lors de la conférence de presse, Urbain Yaméogo au milieu

A la faveur de sa 60è session ordinaire tenue du 8 au 22 mai à Niamey au Niger, la Com.ADHP a attribué au CIFDHA, le statut d’Observateur en son sein. Ce qui, de l’avis du président du Conseil d’administration du CIFDHA, Urbain Yaméogo, est révélateur d’une «forme de reconnaissance du travail abattu» par l’ONG depuis sa création.

Grâce à ce statut, le CIFDHA peut désormais participer aux séances publiques de la Com.ADHP au cours desquelles il peut faire inscrire des questions d’intérêt particulier à l’ordre du jour, faire des déclarations orales sur la situation des droits humains au Burkina Faso et en Afrique. Mais il ne peut, à l’occasion, être autorisée à prendre part à d’éventuels votes.

Des avantages à l’échelle continentale, mais pas au niveau national sauf une plus grande crédibilité

Ce statut offre au CIFDHA, au-delà de la participation aux séances publiques de la Commission, «la possibilité de contribuer davantage au renforcement de la protection des droits humains par la soumission de communications-plaintes (cas individuels) à la Commission alléguant une violation de la Charte africaine (Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, Ndlr)». En sus, le CIFDHA peut saisir la Cour africaine de justice et des droits de l’Homme pour lui demander de rendre justice à des victimes de violation de droits humains.

Journalistes participants à la conférence de presse
Journalistes participants à la conférence de presse

Mais au niveau national, il n’y a pas, aux dires de M. Yaméogo, d’avantages particuliers (ni en termes de financements, ni en termes de pouvoirs de décision et d’intervention) liés à ce nouveau statut, sauf le renforcement de la crédibilité de l’ONG auprès de ses partenaires locaux.

Toutefois, le nouvel Observateur entend diversifier davantage ses stratégies d’intervention, à travers notamment l’élaboration et la publication de rapports annuels, tout en veillant quotidiennement au respect par notre pays, des engagements internationaux auxquels il a souscrit en matière de droits humains. Un pays hanté par un climat sombrement teinté d’actes de violations flagrantes de droits humains, se matérialisant généralement par la vindicte populaire, et par bien d’autres pratiques attentatoires à ces droits; le tout sur fond de velléités de justice privée ainsi que de défiance de l’autorité de l’Etat.

«Seul l’Etat peut et doit rendre justice»

Ce qui fait dire à M. Urbain Yaméogo que «s’il y a des motifs de satisfaction avec ce nouveau statut, [il y a également, Ndlr] des motifs d’inquiétude». Et en prélude à la mise en branle d’actions vigoureuses pour contribuer à l’assainissement de ce contexte, le CIFDHA, par la voix de M. Yaméogo, lance «un appel à tous les citoyens et à tous les habitants du Burkina Faso à s’abstenir de toute justice privée, et de la vindicte populaire.». Pour cette ONG, «seul l’Etat peut et doit rendre justice.» C’est également à l’Etat qu’il appartient «de répondre de façon satisfaisante au besoin de sécurité qu’éprouvent les populations». Pour ce faire, estime le président du CIFDHA, l’Etat doit réussir à restaurer son autorité, et à faire respecter ses décisions.

Créé en 2009 et officiellement reconnu une année plus tard, le CIFDHA est une association de droit burkinabè portée par de nombreux jeunes défenseurs de droits humains. En effet, il compte une cinquantaine de membres désireux de mettre leurs compétences, leur expertise et leur engagement, au service d’autres jeunes à travers le continent africain et au profit de toute organisation, publique ou privée, intéressée par les droits humains. La vision de l’ONG étant celle d’un monde où les droits individuels et collectifs sont respectés, où les sociétés africaines, débarrassées de tout conflit, coopèrent avec les autres pour rendre effectif le développement durable auquel, avec légitimité, elles aspirent profondément.

Signalons que le CIFDHA est la dixième ONG burkinabé à avoir obtenu le statut d’Observateur auprès de la Com.ADHP, à la suite, entre autres, du MBDHP (Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples), du CGD (Centre pour la gouvernance démocratique).

Paangui Parè

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