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Le renoncement-leçon de François Hollande

Des erreurs, on en commet tous, politiques, militaires ou civils. Mais quelle que soit leur gravité, chacun se distinguera dans sa façon de réagir face à cette erreur. Savoir assumer ses erreurs relève d’une force de caractère, d’une magnanimité. C’est ce que François Hollande vient de faire en décidant de renoncer à briguer un 2e mandat. Pour le bien de la France et du peuple français.

Le président français, François Hollande
Le président français, François Hollande vient de renoncer à briguer un second mandat

A l’image des sondeurs de ces derniers temps, et malgré ses difficultés à tenir les promesses de sa campagne, personne n’a pu anticiper sa décision. Son renoncement à briguer un second mandat présidentiel est donc une surprise, voire un choc. Une décision difficile sans aucun doute. Mais courageuse. Une bonne décision qui va lui éviter une humiliation et faire réfléchir le Parti socialiste désuni – notamment les frondeurs – du fait des guerres intestines et le manque de ligne politique consensuelle. Pour l’instant, sa décision est une haute expression de l’amour qu’il a pour la France et le peuple français au-delà des erreurs qu’il a commises pendant son quinquennat.

Certains présidents africains comme Robert Mugabé devaient, pour le bien de leur peuple, suivre l'exemple de François Hollande plutôt que de s'éterniser au pouvoir
Certains présidents africains comme Robert Mugabé devaient, pour le bien de leur peuple, suivre l’exemple de François Hollande plutôt que de  vouloir s’éterniser au pouvoir

Pour les Africains, le geste du président français est un exemple qui mérite beaucoup de respect. Un cas d’école pour les dirigeants africains enclins à tripatouiller leurs constitutions pour briguer des mandats ad vitam aeternam, quand bien même ils n’ont jamais pu tenir leurs promesses de campagne. Même quand la Constitution ne leur permet plus de briguer un ultime mandat, les présidents sortants africains utilisent tous les subterfuges hors de raison pour tordre le coup aux lois fondamentales pour se présenter et gagner. Sous les tropiques, on a des simulacres d’élections alors qu’en Occident, l’électeur peut faire même mentir les sondages. Parce qu’il est prédit que le président sortant, bien qu’autorisé constitutionnellement à briguer un nouveau mandat, peut perdre l’élection, il s’abstient de gaspiller énergie et ressources. Alors qu’en Afrique, un président sortant ne doit pas organiser une élection et la perdre. Comme au Zimbabwe du vieux Bob; comme dans les deux Congo; comme dans les deux pays ‘’jumeaux’’ que sont le Burundi et le Rwanda; comme au Gabon des Bongo; comme en Gambie du roi des féticheurs Jammeh, même si cette fois ses dieux l’ont abandonné. Comme au Burkina de Blaise Compaoré; sauf que là le peuple insurgé a pris ses responsabilités pour mettre fin avant terme au mandat de celui qui voulait forcer le passage.

La leçon est claire: dans la vie, il faut savoir s’interroger sur ses erreurs et les conséquences afin de réagir au mieux. Un comportement qui n’est pas courant tout simplement parce que nous craignons souvent de reconnaître nos torts de peur de perdre en légitimité. Or, on peut justement sortir grandi en reconnaissant une erreur. Osons aller à cette école. Car il n’y a pas de honte à imiter ce qui est bien.

Théophile MONE

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