Accueil » Nè Wendé » Le revers de la démocratie: l’anarchie!

Le revers de la démocratie: l’anarchie!

Lorsque le colonisateur nous est apparu sous les tropiques, c’était soi-disant pour nous apporter la civilisation, car nos peuples étaient sauvages. Nos populations vivaient en communautés, en harmonie et en paix dans des royaumes et dans des villages. L’autorité était un roi ou un chef. Les fonctions dans la communauté et dans la famille étaient bien définies et respectées. Chacun savait quelle place tenir et tout allait bien. Nè Wendé!

Puis vint le colon qui a exploité les richesses des colonies à sa guise. Les matières premières du sol et du sous-sol africains ont été récoltées puis transportées en Occident où elles ont été transformées en produits finis pour leur consommation et une partie re-exportée vers l’Afrique. Nè Wendé!

Avec l’indépendance, cette exploitation s’est poursuivie avec la bénédiction des nouveaux pouvoirs locaux qui étaient, en réalité, des valets de l’ex-colon. Ce dernier a d’ailleurs aidé les premières élites des nouveaux territoires indépendants à se maintenir ou non au pouvoir, selon qu’elles servaient ses intérêts ou pas. Nè Wendé!

Et puisque les Etats ‘’indépendants’’ ne parviennent pas jusqu’à présent à exploiter et à transformer eux-mêmes les matières premières dont ils disposent ou qu’ils produisent, l’exploitation se poursuit sous des formes plus sournoises. Nè Wendé!

Pour donc assurer la bonne exploitation de ces ressources et avoir la mainmise sur la gestion des pouvoirs d’Etat, l’ex-colon a encouragé (poussé?) ses ex-colonies africaines à épouser son mode gouvernance, c’est-à-dire la démocratie. On a dépossédé nos rois et chefs traditionnels pour donner le pouvoir au ‘’peuple’’. Nè Wendé!

Apprenant petit-à-petit les leçons de l’exercice de la démocratie du Blanc (c’est souvent du copié-collé), une opposition politique s’est formée en contrepouvoir des gouvernants et une société civile s’est également formée à côté de ces forces politiques. Nè Wendé!

Cela a donné lieu aux premières contestations des pouvoirs ‘’démocratiquement’’ élus. Selon ses intérêts, le colon a sorti le fusil pour maintenir son ‘’protégé’’ ou pour chasser le ‘’rebelle’’ du pouvoir. C’est ainsi que, mollo-mollo, des contestations sont allées des simples manifestations à des troubles qui ont hypothéqué l’avenir de beaucoup de pays. La démocratie a donc apporté dans certains pays d’Afrique des situations catastrophiques. Nè Wendé!

La démocratie telle que la conçoit l’Occident n’est pas bonne pour nos peuples. Ils en abusent, se contentant de ne voir que les droits que cette démocratie les confère. Jadis, dans nos communautés, il était impensable que des gens se mettent ensemble pour contester l’autorité d’un chef. D’ailleurs, chacun cultivait son champ et élevait ses poulets sans souci. Il y avait tous les instruments qui pouvaient concourir au règlement des différends. Nè Wendé!

De nos jours, nous avons des instruments que nous avons copiés chez le colon, alors que nos réalités ne sont pas les mêmes. Si bien que nous sommes ‘’déréglés’’. Nè Wendé!

Qui plus est, la vie nous montre que le modèle européen qu’on nous présentait comme le meilleur est en train de montrer ses limites. La liberté de parole et de revendications sans limites rend difficile la gestion du pouvoir. Sous les tropiques, les gouvernants peinent à gouverner, ballotés qu’ils sont par des citoyens qui critiquent à tue-tête leur gouvernance. Nè Wendé!

Comme un retour de manivelle, c’est l’Occident qui apprend à vivre avec les revers de sa démocratie. Partout, les pouvoirs sont contestés par des contrepouvoirs et des citoyens, mêmes minoritaires. Les troubles de ces derniers temps en France montrent les limites de la démocratie ou chacun a des droits sauf les gouvernants. Cela s’appelle l’anarchie. Nè Wendé!

Aujourd’hui, la liberté amplifiée par les voix des réseaux sociaux mettent nos Etats en danger. Chez nous, chacun avait sa liberté qui ne peut pas dépasser celle des autres sinon on courrait le risque de subir la loi de la puissance publique, celle qui protège le plus grand nombre et les institutions. Nè Wendé!

Mais finalement, il faut reconnaître que autres temps autres mœurs! Qui n’est pas d’accord? C’est pas l’eau (tchapalo) j’ai bu, c’est du vin! Nè Wendé!

Un commentaire

  1. Encore faudrait-il s’entendre sur ce que représente la démocratie dite à l’occidentale. Même la France ne répond pas aux canons en la matière. C’est dire si la copie que nous avons nous a conduit loin du compte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *