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L’école primaire n’est pas une garderie populaire!

Ceci serait le bulletin récapitulant le bilan scolaire d’un écolier de la classe de CE 1 d’une école de la province du Houet pris sur un profil Facebook. Sa meilleure moyenne, il l’a obtenue au premier trimestre avec 2,20. Puis il est allé decrescendo pour se stabiliser à la moyenne annuelle de 1,90/10. Et la sanction du conseil des maîtres est de l’autoriser à passer en classe supérieure (CE 2). Si ce bulletin est authentique, il faut craindre pour l’avenir de nos enfants et de l’éducation.

Si ceci est vrai...
Si ceci est vrai…

Ce qui est extraordinaire, c’est que cet écolier a réussi la prouesse de classer 21 autres derrière lui! Combien le dernier de la classe a-t-il eu comme moyenne et quelle est la décision du conseil des maîtres? Probablement que, malgré sa minable moyenne, lui aussi a été admis en classe supérieure.

Sans être un exégète de l’éducation, on peut se demander trivialement: quel est le but de l’éducation? Est-ce pour inculquer des savoirs ou pour occuper un enfant dont les parents ne savent quoi en faire?

C’est dire que l’évaluation, la composition pour ce qui est de l’école primaire, est devenue caduque. Elle ne sert plus à rien, puisque 1er ou dernier de la classe, tous iront en classe supérieure. Ça ne motive pas le maître d’essayer de pousser les enfants vers le haut. Ça ne motive pas non plus ceux qui mènent la classe et qui se retrouvent chaque année à partager les bancs avec des cancres.

On ne fait pas redoubler les élèves pour qu’ils acquièrent les connaissances au bout de l’effort, on les félicite en les faisant passer en classe supérieure. C’est sûr qu’avec cette conception de l’école, on va fabriquer de parfaits analphabètes qui ont perdu en plus leur temps à l’école. Ce n’est pas le fait du hasard, si une école du Kénédougou a crevé le livre Dolo du Burkina en obtenant zéro admis au Certificat d’études primaires de cette session 2017!

Si c’est la pratique dans les écoles du Burkina, si la consigne est de ne pas faire redoubler ou exclure un écolier, c’est grave.

L’école n’est pas une fin en soi. On y va pour acquérir des connaissances avec lesquelles on va pouvoir construire sa vie et assurer son bien-être. Si le garçon ou la fille ne brille pas à l’école, peut-être qu’il a un meilleur avenir dans l’agriculture, dans l’élevage, l’artisanat, etc. Il faut le remettre à ses parents pour qu’ils lui inculquent une éducation adaptée à ses facultés, à son milieu.

Le débat des écoles a fait rage et continuera de le faire. Des érudits de l’éducation diront qu’il n’y a pas lieu de renvoyer un écolier. Il finira par se ‘’réveiller’’. Dans tous les cas, on peut pousser l’élève jusqu’au CM2. Mais quel serait son sort, s’il ne parvenait pas à obtenir le certificat qui pourrait lui ouvrir les portes du secondaire? Par le passé, il fallait avoir ‘’les bourses’’ (entrée en 6ème), pour aller de l’avant. Avec les collèges et lycées privés, ce n’est plus le cas. Il suffit d’avoir les moyens de payer la scolarité.

Après les Mamadou et Bineta, la méthode CLAD, Karim et Aïssa et j’en oublie, l’école burkinabè a besoin de repères. Il ne faut pas faire des yeux doux aux bailleurs de fonds en présentant des taux de scolarisation mirobolants! Adaptons notre école à nos besoins et à notre temps. Nous n’avons pas la solution mais le primaire n’est certainement pas une garderie populaire où on reçoit des mômes pour les empêcher de chasser des margouillats; il faut probablement écouter tous les acteurs.

L’Impertinent

Un commentaire

  1. C’est Tout le Problème de l’éducation au Burkina qui est à Revoir… Car faire redoubler les « nuls » n’est pas la solution et les faire passer en niveau supérieur non plu. Alors que faire? Vous avez une Possibilité de les envoyer à une école Très en avance qui s’appelle: Kamalpha = https://www.kamalpha.org/ qui est une école gratuite qui compte sur des sponsors et qui donne envie aux élève d’apprendre, grace à l’informatique… 🙂 Et j’y ai mis ma petite file de 7 ans qui était Nulle à l^école « normale » et qui en quelques mois aa fait d’énorme progrès, à tel point qu’elle aidait ses camarades qui peinaient. Mais pour l’instant par manque de moyens, il n’y a qu’une seule école à Bobo Dioulasso. Le Ministère de l’éducation les connait et leur a « promis » de les aider, mais pour l’instant pas de nouvelles du gouvernement, qui préfère investir dans les armes, plutot que dans l’éducation… 🙁

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