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Les dangers de la consanguinité

A priori, vous ne voyez pas en votre frère, votre sœur, votre neveu ou votre nièce un partenaire potentiel. Mais ce ne fut pas toujours si évident. Par le passé, il était tout à fait normal d’épouser un parent proche, en particulier au sein des familles nobles. Et après quelques générations de consanguinité acharnée, tout un tas de maladies rares ont fini par s’abattre sur ces familles. Mais quelle est la cause exacte de ces anomalies?

Explication simple de la consanguinité
Explication simple de la consanguinité

La consanguinité augmente le risque de malformations cardiaques, cérébrales, et d’autres maladies génétiques. Pourquoi le fait d’être cousin majore-t-il ce risque? Quelques explications sont nécessaires pour le comprendre. Chacune de nos cellules renferme 46 chromosomes répartis en 23 paires. Dans chaque paire, un chromosome vient du père et l’autre de la mère. Chacun possède donc tous les gènes en deux exemplaires, les uns d’origine paternelle, les autres d’origine maternelle.

Or de nombreuses maladies génétiques (comme la mucoviscidose, par exemple), liée à un gène défectueux, n’apparaissent que si le gène défectueux est présent en double exemplaire, dans la copie venant du père et dans celle de la mère. Ainsi, si le gène défectueux de la mucoviscidose est peu répandu dans la population générale, au sein d’une famille concernée, il est sans doute présent chez plusieurs de ses membres. Mais il ne s’exprimera pas tant qu’un individu n’aura pas les deux copies du gène. Dans le cadre d’un mariage entre deux cousins dans une famille concernée par ce gène défectueux, leurs enfants ont un risque nettement accru de recevoir ce gène muté en deux copies et donc d’être frappé par cette maladie. En clair, quand un gène responsable d’une maladie génétique existe dans une famille, le mariage entre cousins facilite l’éclosion de cette maladie.

Consanguinité juive (photo: vasdeusvult.centerblog.net)
Consanguinité juive (photo: vasdeusvult.centerblog.net)

Très fréquente en Afrique, la consanguinité est de plus en plus ouvertement dénoncée par le corps médical et les autorités de certains pays. Une petite révolution dans certains pays si l’on se place dans un contexte de tradition séculaire où mariage réussi rime souvent avec une union entre cousins.

Des médecins tirent aujourd’hui sur la sonnette d’alarme: loin de disparaître, cette tradition est toujours ancrée dans certaines régions. Et ce, malgré le développement social et la réduction des barrières géographiques. «Il ne faut pas y voir seulement une manifestation des pratiques traditionnelles liées à la pauvreté et à l’ignorance, explique un démographe. Des familles riches et instruites perpétuent ce système afin que le capital et le patrimoine dont elles disposent ne leur échappent pas».

Rien ne semble pouvoir faiblir ce phénomène, sinon de grandes campagnes de sensibilisations qui devraient insister sur les risques qu’encourent les enfants issus de ces unions. Si celles-ci font ressortir les qualités de la souche communautaire, elles accentuent aussi les défauts. Résultats, de nombreux bébés naissent handicapés. En effet, la consanguinité peut engendrer une multitude de maladies génétiques. La maladie n’apparaît chez l’enfant que si ses deux parents sont porteurs du gène. La probabilité de la présence de tel ou tel gène chez les deux conjoints à la fois accroît donc considérablement lorsque ces derniers sont issus de la même famille.

En Algérie, le mariage consanguin serait l'une des causes les plus fréquentes du handicap mental (photo: lemidi-dz.com)
En Algérie, le mariage consanguin serait l’une des causes les plus fréquentes du handicap mental (photo: lemidi-dz.com)

Toutefois, deux parents ne transmettent pas obligatoirement la maladie à leurs enfants, de l’avis des spécialistes. C’est le jeu de la roulette russe. Ainsi, dans une même famille, certains enfants naîtront handicapés, d’autres pas. Les maladies hématologiques (sang) se traduisent par des anémies graves, qui réduisent l’espérance de vie de l’enfant. Les troubles neurologiques, très nombreux, se manifestent généralement sous la forme d’handicaps physique ou psychologiques. C’est pour toutes ces raisons que les spécialistes ne cessent de mettre en garde les populations contre les dangers de la consanguinité.

Dans les pays en développement qui disposent de peu de moyens pour prendre en charge les malades ou pour effectuer des analyses génétiques coûteuses, vaut mieux prévenir que guérir.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. C’est bien les consanguins. Merci à vous notre exposé est désormais fini. On vous aime <3<3.

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