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LES HÉCHOS: MME TRAORÉ NÉE SANOU THÉRÈSE

Madame Traoré née Sanou Thérèse, présidente du Conseil supérieur de la magistrature

Mme Traoré née Sanou Thérèse, magistrate de grade exceptionnel. Nommée en Conseil des ministres en sa séance du 23 juillet 2014, Thérèse Traoré/Sanou a été installée au poste de premier président de la Cour de cassation le 6 mars 2015, à Ouagadougou. En rappel, le premier président de la Cour de cassation est le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Dans un communiqué de l’organe juridictionnel rendu public ce 26 février 2018, il est mentionné qu’à l’issue de sa première session tenue du 20 au 24 février, le CSM a prononcé des sanctions allant du blâme à la rétrogradation contre des magistrats.

«A la suite de sa saisine par le Ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Garde des Sceaux par lettre en date du 23 octobre 2017, le Conseil de discipline des magistrats a tenu sa première session du 20 au 24 février 2018.

Dix (10) dossiers étaient inscrits à son ordre du jour. A la fin de ses délibérations, le conseil de discipline a:

– prononcé des sanctions allant du blâme à la rétrogradation de grade;

– mis hors de cause deux (02) magistrats;

– décidé du sursis à statuer dans quatre (04) affaires jusqu’à l’intervention de la décision du Conseil constitutionnel saisi de recours en inconstitutionnalité.

Les magistrats concernés par les procédures disciplinaires ont été informés de leur droit de recours qui court à compter de la notification à eux de la décision du conseil de discipline en la forme administrative».

Pour mémoire, en octobre 2017, la commission d’enquête du CSM avait accusé des magistrats de pratiquer un «monnayage de la programmation des dossiers (…), de la liberté provisoire» et du «recouvrement de sommes d’argent dans les cabinets d’instruction et dans les sous-unités de police judiciaire (…) avant toute décision».

La commission d’enquête avait conclu à l’existence d’un «manquement à l’éthique et à la déontologie» impliquant 37 magistrats principalement, et incidemment trois avocats, cinq greffiers, quatre OPJ (officiers de police judiciaire) et APJ (auxiliaires de police judiciaire) de la gendarmerie nationale. Elle avait précisé que «les suites disciplinaires relevaient de la compétence du Conseil supérieur de la magistrature».

Fait rarissime, ceux-là même qui jugent ont été jugés coupables de comportements contraires à l’éthique judiciaire. Il fallait bien que cet acte osé arrive dans ce Pays dit des Hommes intègres où, manifestement, la corruption est pratiquement devenue la norme dans la justice. Il faillait bien que les brebis galeuses soient non seulement dénoncées, mais sanctionnées pour l’exemple. Une révolution à l’initiative de Mme Traoré née Sanou Thérèse, présidente du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et de son équipe.

Il ne faut pas oublier que les magistrats corrompus qui sont à l’intérieur de l’appareil judiciaire et qui utilisent leurs fonctions pour empêcher le bon déroulement de la justice contribuent à augmenter la crise de confiance entre les justiciables et le système judiciaire burkinabè dans son ensemble. Or, la force d’une nation réside pour beaucoup dans la perception et la confiance qu’ont les citoyens de leur justice. Parce qu’il doit jouer pleinement son rôle de garant de l’application des lois de la République le pouvoir judiciaire est d’ailleurs considéré comme le 3ème pouvoir après l’Exécutif et le Législatif.

Ces sanctions tombent à point nommé, pratiquement à la veille du procès du putsch de septembre 2015. Elles contribueront sûrement à soulager tous les Burkinabè qui ont toujours rêvé de magistrats probes et intègres disant uniquement et simplement le droit pour tous. Sans influence, ni interférence et loin de toute pratique corruptrice.

Après le traitement des hommes en noir revu à la hausse de façon très sensible en 2016 afin de les mettre à l’abri du besoin et les soustraire de toute mauvaise tentation, il est incompréhensible que la corruption de magistrats continue d’être récurrente au Burkina.

La rigueur du Conseil supérieur de la magistrature est sans conteste la meilleure voie aujourd’hui pour redorer le blason de toute l’institution judiciaire burkinabè dans le secret de réécrire son nom dans les annales de l’histoire de notre pays. Alors que ce début d’opération mains propres soit de grande ampleur pour nous débarrasser de tous les ripoux.

 

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