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L’habit fait-il le viol?

Partout dans le monde, les viols de femmes augmentent. Toutes les couches sociales sont concernées, mêmes les personnes les plus respectables et insoupçonnées. En Afrique, les arguments développés pour justifier le viol tournent souvent autour de l’habillement, trop sexy.

«Les filles d’aujourd’hui s’habillent mal», entend-on parfois les gens se plaindre d’elles. «Trop sexy, vêtue d’une jupe trop courte, on l’a violée, elle l’a bien cherché». Mais est-ce vraiment l’habillement qui suscite le viol? Parce que si c’est la raison principale, nos parents devraient avoir toutes les excuses du monde pour violer toutes les femmes qui se promenaient presque nues, avec pour tout vêtement un cache-sexe! Si la nudité était le problème, toutes les folles nues qui se promènent dans nos rues allaient être constamment victimes de viols. Qu’est-ce qui explique alors les agressions sexuelles de plus en plus fréquentes dans nos sociétés?

Si le mauvais habillement ne peut justifier le viol, il ternit l’image de la femme

D’emblée, il faut s’entendre sur une chose: personne ne doit soutenir le mauvais habillement des jeunes filles et des jeunes garçons. Ils devraient respecter leur corps et prendre la mesure de ce qu’il faut montrer dans la rue et ce qu’il faut conserver jalousement pour le conjoint ou la conjointe. Cela fait partie de la bonne éducation. Au besoin, il faut interpeller les personnes mal habillées. Mais cela ne devrait pas justifier les agressions sexuelles.

«Elles s’habillent mal après quand on va les violer elles vont se plaindre». Cet argument laisse croire qu’on n’abuse jamais des filles bien habillées. Pourtant, il arrive que des filles bien habillées soient agressées chez elles à domicile pendant un vol par exemple. Cet argumentaire est donc trop léger et trop facile. Le vrai problème pourrait être celui des mentalités et surtout de la capacité des hommes d’aujourd’hui à résister à la tentation.

L’habillement n’est pas une excuse pour justifier le viol. C’est plutôt le regard perverti de ceux qui prennent la femme pour un objet sexuel qui pousse à violer.

L’argument selon lequel il faut d’abord «éduquer les femmes qui les premières violent les hommes par leur façon de s’habiller, et les hommes en second», est fallacieux. Car le fait que les filles s’habillent mal ne donne pas le droit aux garçons de les violer! L’habillement ne peut en aucun cas être une excuse pour expliquer, justifier le viol. C’est plutôt le regard de l’homme qui est perverti par l’habillement de la femme. La preuve, les viols se commettent indépendamment de l’âge et de l’habillement des personnes. Il y a en effet des filles de moins de 10 ans qui sont souvent victimes de viols. C’est à l’homme de se surpasser, de ne pas considérer la femme en face de lui comme un objet sexuel.

En fait, les violeurs sont des malades. En dehors de la peine qui leur parfois est infligée par les hommes de loi, il faut les accompagner de manière à soigner leur pathologie mentale.

Du reste, les femmes et les jeunes filles doivent cacher leur corps précieux par respect pour elles-mêmes et pour ne pas être celles par qui le scandale arrive.

Théophile MONE

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