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L’habit fait le Burkinabè

Lorsqu’on regarde des photos prises de partout le monde, on reconnaîtra sans sourciller celles qui viennent du Burkina Faso. Les habitants ont presque tous adopté le Faso dan fani ou le Kôko don da.

Au sommet de l’Etat, les plus hautes autorités (PF, PM, PAN, Md’E (Simon), jouent la fibre patriotique en portant au quotidien une étoffe locale: Faso dan fani (FDF) ou Kôko don da (KDD). Il y a néanmoins quelques résistants à la pénétration entière de ces étoffes dans leurs codes vestimentaires mais il ne faut pas leur en vouloir, chacun a ses origines.

 Le président et son épouse font la promotion du Faso Danfani à leurs différents déplacements. Ici avec le coupe Trump

L’effet FDF a tellement conquis le cœur des Burkinabè qu’on ne s’imagine pas que ce sont les mêmes, il y a trois décennies, qui avaient boycotté le pagne traditionnel. C’est vrai que les populations ont changé, beaucoup de ceux qui arborent le FDF et le KDD n’étaient pas des adultes. Mais il faut comprendre les anciens, ‘’rebelles’’ car le port de la tenue traditionnelle était imposé par le Conseil national de la Révolution (CNR) du Capitaine Thomas Sankara et ses camarades. Cela, pour obéir au mot d’ordre «consommons burkinabè et produisons burkinabè».

Le couple Obama

Le FDF était la tenue officielle lors des cérémonies; il fallait en porter. A l’occasion, quand ils n’en avaient pas, des fonctionnaires de Ouagadougou se ruaient chez les revendeurs installés à Rood-Woko ou à Zabr-daaga. Il y avait des tenues prêt-à-porter. Le problème résidait dans la taille: on n’en trouvait pas toujours à sa taille. Le plus souvent, le pantalon était court. Ou lors du premier lavage, la tenue raccourcissait de quelques centimètres. On appelait ces tenues «Sankara arrive». Pour dire que c’est dans le besoin, dans l’urgence, que l’on se procurait ces tenues si jamais on devait assister à une manifestation où le président du Faso (il a été le premier à porter ce nom) devait y être.

L’autre problème avec le FDF était la taille du tissu. Les métiers à tisser de l’époque produisaient de petites bandes. On ne pouvait donc pas coudre tous les modèles de tenues avec ces étoffes peu larges.

La jeunesse a aussi adopté le Faso Danfani

Un autre écueil à lever était également le blanchiment précoce du pagne. Au premier lavage, il défraîchissait et les couleurs s’interpénétraient.

Pour lever ces entraves à la promotion du tissu Faso dan fani, une direction avait été créée pour réfléchir sur les actions à mener pour faire des améliorations. Notre ravissante consœur Jeanne Coulibaly en a d’ailleurs été la directrice pour ajouter du charme à l’opération de séduction.

Magic System dans le Faso Danfani. Une manière pour Salfo de renouer avec ses racines

C’est ainsi qu’on est parvenu à fabriquer des métiers à tisser qui produisaient des bandes plus larges. C’était bon mais ce n’était pas arrivé. Plus tard, après la mort du père-promoteur, les innovateurs sont parvenus à fabriquer des métiers à tisser qui sortent des FDF à la taille des tissus industriels. Les problèmes du rétrécissement et du défraîchissement furent également résolus.

De nos jours, ce n’est pas faire la fine bouche de dire que le FDF est au sommet de son art. Les bandes ont fait place aux tissus qui ne déteignent plus. On peut avoir une étoffe ultra fine genre lin cassé ou des étoffes plus lourdes du genre jean ou autres.

Mis à part quelques ‘’résistants’’ comme nous le disions plus haut, certaines garde-robes de nos concitoyens sont garnies uniquement de tenues en Faso dan fani. Le regretté ministre Nurukyor Clause Somda, en bon Dagara, était l’un des fervents porteurs de FDF. Idem pour le Larlé Naaba Tigré. Sans oublier le colonel-major Joseph André Tiendrebéogo, ancien ministre et ancien secrétaire permanent du CNLS/IST.

Lors de ses visites officielles à l’extérieur, quand la météo le permet, le Rocco ne porte que du FDF. Il y a ajouté le Kôko don da, un pagne proposé par des teinturières de Bobo-Dioulasso. Cette étoffe a également pignon sur rue, car valorisée par des couturiers.

Dans les cérémonies ou en ville, des personnes de tous âges et de tous les sexes arborent fièrement leur étoffe locale. Aujourd’hui, le Burkinabè a une autre identité que celle d’homme intègre…

Hidogo

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