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L’opposition et la société en général ont tort de regarder faire

La crise sociale qui oppose le gouvernement, plus précisément le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, aux organisations syndicales, a atteint une pente dangereuse. Les sit-in, grèves et autres manifs sont le quotidien des usagers de l’administration publique et des populations dans les campagnes. Jamais auparavant, dans ce pays, un pouvoir a tant souffert avec le mouvement syndical. Surtout que l’avènement de Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir a été accueilli avec la grève des magistrats qui revendiquaient la mise en œuvre d’une loi votée sous la Transition qui leur offrait des émoluments pour, dit-elle, prévenir la magistrature de la corruption.

Mathias Kadiogo et ses camarades de la Coordination des syndicats du MEF font fausse route

Le pouvoir fraichement installé et également cueilli à froid par une attaque terroriste croyait aussi bien faire en accédant à la mise en œuvre de cette loi car vaincre la corruption au Burkina ou, au moins, la réduire, serait mettre le pays dans les starting-blocks de l’émergence. Notre développement est miné, il faut le reconnaître, par la corruption endémique et structurelle. L’exécution des marchés publics est minée par cette gangrène qui ne permet pas de voir les effets des investissements. Les infrastructures sont bâclées sinon abandonnées, la commande publique est fournie en matériels et consommables de mauvaise qualité, le service public est de mauvaise qualité, etc., impunément.

Comme s’ils avaient convenu d’une opération commando, les syndicats, à la queue-leu-leu, sont entrés dans un cycle de revendications infernal. Le gouvernement est pris à la gorge et panique. Il donne la main. On le saisit par le poignet. Puis au coude. Puis à l’avant-bras. Il transpire et regarde partout, les yeux grandement ouverts. Il cherche du secours mais personne ne bouge. Tout le monde le regarde se démener. Groggy et ne savant plus où donner de la tête, le gouvernement tâtonne et commet des erreurs. Le monde syndical le tient à présent par les cornes…

Ce pic de l’intransigeance syndicale ne fait pas du mal qu’au MPP. Toute la classe politique et la société devraient en être concernées de près ou de loin. Car, les futurs dirigeants sortiront de l’opposition. Les engagements que le gouvernement du MPP prend et prendra tiennent les opposants d’aujourd’hui, dirigeants de demain. Donc, l’opposition a tort de se taire ou de critiquer le pouvoir face aux syndicats, surtout la Coordination de l’Economie et des Finances.

Si les fonctionnaires obtiennent que l’essentiel du budget du pays serve à payer des salaires et des motivations, ce gouvernement n’en pourra pas et cédera la place. Et celui qui va venir aura encore plus de difficultés car il aura en plus des fonctionnaires les populations qui vont réclamer aussi leur part du budget à travers les infrastructures.

En se taisant, en laissant les syndicats de l’Economie et des Finances forcer la main au gouvernement pour s’accaparer les ressources du pays, les autres hommes politiques, opposants, ne rendent pas service. Surtout à la majorité silencieuse. Il faut crier haro sur le baudet et freiner sa gloutonnerie. Appelons un chat un chat, nous assistons à du ‘’braconnage’’ syndical. Ces fonctionnaires tiennent la Nation entière en otage. Ce n’est plus une lutte pour des conditions de vie et de travail! Faire une grève de cinq jours qui débouche sur le week-end, enchainer avec un sit-in qui fait la jonction avec un autre week-end, et probablement continuer de la sorte, c’est asphyxier les finances du pays car aucune recette ne sera collectée durant ces jours. A moins que…

Le droit de grève est certes reconnu aux travailleurs mais il ne faut pas en abuser. Deux semaines sans collecter des recettes, c’est mettre le pays en danger et c’est toute la société qui en pâtira.

Les Echos du Faso

2 commentaires

  1. En tant que journaliste faites souvent l effort de chercher au lieu de dire dss betises qu on met devant ton nez….il faut comprendre avant de parler ….informer ne desinformer pas….

  2. Je crois que là, il s’agit d’engagements secrets entre le gouvernement et les syndicats des finances. N’étant au courant des clauses qui lient les 2 parties et dont le non respect par l’une des parties met l’autre partie vent-debout, il serait hasardeux pour une tierce partie de mettre sa bouche dedans. Celui qui a accepté qu’on lui mette la corde au cou doit se laisser trainer en laisse. CQFD
    A la fin, est-ce un article de presse ou un tract du MPP?

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