Accueil » Défense-Sécurité » L’UNAPOL doit se fixer des limites

L’UNAPOL doit se fixer des limites

Ils avaient promis le 19 octobre 2017 une lutte syndicale «révolutionnaire» si leur plateforme revendicative ne connaissait pas de satisfaction. Eh bien, le 25 octobre dernier, les policiers ont mis à exécution leur menace: absence de patrouilles et d’actes administratifs dans les commissariats, carrefours vides de flics, abandon de postes stratégiques, etc. Dans les régions et à Ouagadougou, la suspension des services de la Police nationale était intégrale. La grève de l’Union police nationale (UNAPOL) a donc été suivie. Par ce mouvement de débrayage de 72 heures, la police a fragilisé le dispositif sécuritaire du pays dans un contexte de terrorisme permanent. Pour se justifier, ils disent en avoir ras-le bol et tenaient à le faire savoir à la nation entière. Plus que l’argent, ils réclament du matériel et le respect du ministre de tutelle, Simon Compaoré. Il a fallu l’intervention du président du Faso pour que les gardiens de la paix mettent fin à leur mouvement d’humeur. Mais les policiers ont-ils le droit de manifester?

Quelques responsables de l’UNAPOL, dont son secrétaire général, le commissaire Sienou Wakilou (micro)

Avant toute chose il faut reconnaître aux policiers le droit de grève inscrit dans la Constitution. Ils ont même le libre droit de créer des organisations syndicales, d’y adhérer et d’y exercer des mandats. Sinon, l’UNAPOL n’aurait pas existé. Mais même si le droit de grève est pleinement reconnu dans la Constitution, nos «protecteurs» les policiers doivent savoir que toutes les professions ne sont pas logées à la même enseigne. Et la leur en est une. Pour certaines en effet, l’exercice du droit de grève est restreint par la loi. Pour d’autres, il est tout simplement interdit de «débrayer». Ainsi les policiers ne doivent pas mettre en danger la sécurité des populations au nom d’une grève de revendication. Ils doivent avoir de la retenue et le droit de réserve. Leur droit de grève est limité et peut même être interdit si la sécurité de l’Etat l’exige.

C’est bien au nom de cette nécessaire protection de l’Etat que le devoir de réserve est plus contraignant au sein de la Grande Muette. En effet, contrairement à la police, l’exercice du droit de grève est incompatible avec l’état militaire. Soldats et gendarmes sont même privés de représentation syndicale.

En théorie donc, tout le monde a le droit de faire grève (arrêter de travailler) pour dénoncer des conditions de travail. Mais les policiers ont un droit de grève réglementé. Au nom de la sûreté de l’Etat certaines expressions de colère devraient donc respecter les règles de la république et le bon sens. Il suffit pour cela de faire appel au code de déontologie. Sans oublier que le contexte sécuritaire n’est pas du tout favorable à ces manifestations d’humeur. Pour ce faire, l’UNAPOL devrait être moins zélée à l’avenir pour ne pas être obligée d’assumer de possibles graves conséquences de leur grève. Ce syndicat, doit se fixer des limites à ne pas franchir. Le droit sans la responsabilité est comme une arme entre les mains d’un inconscient. Sachons donc mettre en avant l’intérêt supérieur de notre cher pays, le Burkina Faso.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *