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Lutte contre la corruption au Burkina: les solutions sont connues, mais royalement ignorées

Chaque année et ce depuis l’an 2000, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) présente un rapport sur l’état de la corruption au Burkina Faso. Ce rapport constitue un baromètre pour mesurer la corruption dans divers secteurs de l’administration publique nationale. Selon le rapport de 2017, la Police municipale, la Douane et la DGTTM constituent le trio de tête en termes de services les plus corrompus. A chaque rapport annuel, le constat est toujours le même: le mal gagne du terrain. Certes, avec les mêmes services en tête d’affiche; mais en vérité, aucune couche de la société n’est épargnée. Tout se discute, tout se monnaye. Y en a maintenant marre! Il est temps de passer à l’action. Les dénonciations ne suffisent plus. Encore faut-il que la volonté politique soit au rendez-vous.

Selon le rapport 2017 du REN-LAC, la Police municipale reste le service le plus corrompu
Nous avons tous une part de responsabilité face à l’ampleur que prend la corruption dans notre pays

Au Burkina Faso, la corruption a gagné du terrain. Elle n’est plus un mal, mais un fléau. Une gangrène qui est en train de détruire la société. Une pieuvre, diraient les autres, tant ses tentacules n’épargnent aucune couche de la société burkinabè. Elle doit être endiguée. Et ce n’est pas en multipliant les salaires par 10 qu’elle le sera.

Mais comment lutter contre un tel «monstre» au risque de se faire avaler soi-même? Il faut oser crever l’abcès. Et comme le poisson commence à pourrir par la tête, le coup d’envoi devrait être donné au sein des institutions où le nettoyage des Ecuries d’Augias s’impose. Si déjà à ce niveau les loups refusent de se manger, toute campagne de sensibilisation ne serait que du bluff.

D’autre part, puisqu’il faut aller au fond des choses, il faudra commencer par le commencement. C’est-à-dire, au niveau de la famille, noyau de la société, de l’éducation, de la conscientisation. Car un père de famille nécessiteux, impayé, sous-payé, chômeur sans espoir de retrouver un emploi rémunérateur devient un danger public. Il suffit qu’il lâche sa progéniture, sans contrôle ni emprise sur elle, pour avoir affaire à des «chiens enragés» prêts à tout dévorer sur leur passage, sans état d’âme. Ils doivent à tout prix survivre, par tous les moyens, instinct humain oblige. Combien de pères de famille déboussolés compte-t-on au pays dit des Hommes intègres? Poser cette question, c’est déjà un début de piste de solutions à cette lutte contre la corruption. Car la lutte contre la corruption, c’est aussi un problème de culture.

En définitive, le problème est complexe, mais nous avons tous une part de responsabilité dans l’ampleur que prend le phénomène au Faso. Cette responsabilité est plus grande au niveau de tous ceux qui ont un pouvoir de décision et qui manquent de volonté pour combattre la corruption dans leur secteur. Ils confirment que la dérive vient du sommet. Les solutions, on les connaît, mais peut-être que personne n’a intérêt à les mettre en pratique.

Théophile MONE

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