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Lutte contre la drogue: la Direction des enquêtes douanières fait le point des saisies

1400 KG de cocaïne, 10 900 KG de méthamphétamine, 14 380 KG d’héroïne et 15 380 KG de cannabis. Telles sont les saisies effectuées par la Direction des enquêtes douanières (DED) sur la période allant d’octobre 2017 au 17 février 2018. L’information a été révélée ce vendredi au cours d’une conférence de presse.

Le Directeur des enquêtes douanières (2eme à partir de la gauche) et ses collaborateurs

La dernière saisie a été opérée sur un camion vide revenant du Ghana où il est allé décharger de la marchandise. En effet, explique le Directeur des enquêtes douanières, Laurent Blaise Kaboré, tout a commencé quand les agents de contrôle ont eu vent qu’un camion en provenance du Ghana transporterait du chanvre indien. Après avoir intercepté le conducteur du camion au poste de péage à l’entrée sud de Ouagadougou, route de Pô, celui-ci a affirmé être allé décharger des oignons.

Comment les agents de contrôle ont pu démasquer la supercherie?

A première vue, raconte Laurent Blaise Kaboré, la remorque est vide. Mais étant des habitués de ce corridor, les inspecteurs ont trouvé suspect qu’un camion de transport revienne du Ghana vide et à destination du Mali.

Le camion  »vide » qui transportait de la drogue

Ils ont donc procédé à une visite physique et ont remarqué qu’en plus d’être entièrement fabriquée localement, la remorque présentait trois bandes horizontales dont la plus petite hauteur se trouve à la base. Aussi, ses portières se limitaient au plancher, alors qu’habituellement ce plancher est confondu avec la base de remorque. Or, la base de la remorque est assez épaisse et a permis l’ajout d’une deuxième paire de feux de signalisation.

Une observation rapide a permis de découvrir de la marchandise dissimulée dans une cache aménagée d’à peu près une profondeur de 50 cm sur tout le long de la remorque. En déchargeant les sacs, les contrôleurs ont découvert que chaque sac contenait 14 plaquettes de 2 kg de chanvre indien classé à la base. Le peu d’espace restant entre les sacs et les contreplaqués était utilisé pour ranger les plaquettes contenant chacune 1 à 2 kg de chanvre indien. «C’est donc au total plus de 4 tonnes de chanvre indien que les inspecteurs ont saisies», a relevé M. Kaboré.

Une partie des saisies

En dehors de cette saisie, la DED a également procédé à des saisies effectuées sur toute l’étendue du territoire. Entre autres saisies, Laurent Blaise Kaboré a renseigné que le bureau du Contrôle douanier postal (CDP) a été informé le 7 novembre qu’un individu exportait des pièces détachées vers la Nouvelle-Zélande. Après investigation, explique M. Kaboré, «nous avons procédé à la vérification des pièces détachées au scanner et nous avons demandé les  services d’un artisan pour pouvoir ouvrir la pièce et c’est là que nous avons découvert des sachets de drogue».

Dans ce même bureau, des produits de beauté à destination de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie ont été saisis. Après vérification, les agents ont détecté une double paroie de boîte. En déshabillant la boîte, la double paroie qui restait présentait une drogue dure, plus dure que l’héroïne et la cocaïne.

Tableau récapitulatif des saisies effectuées par la DED

OFFICES Date Cocaïne Méthamphétamine Héroïne Cannabis
Bureau de Suivi du transit 16/02/2018

 

4,309 KG
Contrôle douanier postal 7/11/2017

27/12/2017

11/01/2018

 

 

10,900 KG

2,200 KG

5,780 KG

Brigade d’intervention Janvier 2018 1,400 KG
Brigade spéciale de l’aéroport 18/12/2017

12/02/2018

1,600 KG

4,800 KG

Brigade mobile de Bobo 2017

2017

6 222KG

1750KG

 

Poste de Nako 1493 KG

 

Brigade mobile de Diébougou 340 KG

 

Bureau De Bittou 599 KG

 

Bureau de Léo 445 KG

 

Brigade mobile de Manga 202 KG
Poste de Yargatenga 20 KG
Total 1400 KG 10 900 KG 14 380 KG 15 380 KG

 

A la question de savoir pourquoi le Burkina est devenu un pays de transit, le Directeur des enquêtes douanières a soutenu qu’il l’a toujours été. «C’est parce que la lutte contre la drogue n’était pas médiatisée comme maintenant. On ne communiquait pas parce que c’est un domaine dans lequel, lorsque vous communiquez, vous perdez la trace», a-t-il conclu.

Madina Belemviré

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