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Lutte contre le VIH/SIDA au Burkina: des victoires à célébrer dans la vigilance

A l’instar des années précédentes, le Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST) a tenu sa 16 session ordinaire ce vendredi 14 juillet 2017 dans la salle polyvalente de la Présidence du Faso. Cette importante rencontre d’évaluation, d’orientation et de coordination des actions de lutte contre le Sida au Burkina a été présidée par le président du Faso, président du CNLS-IST, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Burkina, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile.

Les conclusions de cette session 2017 ont encore prouvé, chiffres à l’appui, l’efficacité des actions multi-sectorielles dans la lutte contre cette pandémie dans notre pays.

Mais s’il est juste et bon de célébrer les victoires des efforts consentis (le taux de séro-prévalence est en constate baisse, moins de 1% dans la population générale), le Burkina doit absolument éviter de baisser la garde. Car les prévalences chez certains groupes spécifiques, comme les (travailleur(e)s du sexe (TS), les Hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) et les usagers de drogues injectables (UDI), sont inquiétants.

Le présidium à l'ouverture de la 16eme session du CNLS-IST. Au milieu, le président du Faso, à sa droite, le ministre de la Santé, à l'extrême droite l'ambassadeur des USA au Burkina, à l'extrême gauche, le secrétaire permanent du SP/CNLS-IST
Le présidium à l’ouverture de la 16eme session du CNLS-IST. Au milieu, le président du Faso, avec  à sa droite, le ministre de la Santé.  A l’extrême droite  de la photo, l’ambassadeur des USA au Burkina, à l’extrême gauche, le secrétaire permanent du SP/CNLS-IST

La lutte contre le VIH/SIDA est un défi majeur à relever ensemble dans le monde et au Burkina. En effet, cette maladie constitue toujours une menace pour l’humanité – 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA dans le monde, 2,1 millions de nouvelles infections sont enregistrées chaque année, et 1,1 million de personnes sont décédées du fait du SIDA, selon le rapport 2016 de l’ONU/SIDA- et pour le Burkina, actuellement classé dans une situation d’épidémie mixte, c’est-à-dire relativement générale avec des poches de concentration.

Le bilan du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST 2016 révèle que les travailleuses du sexe ont un taux de séro-prévalence estimé à 16,1%, les HSH à 3,6% et les détenus à 2,98%.

Le rapport de l’ONU/SDIDA 2016 complète ces données avec 95 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA dont 88 000 adultes et 7000 enfants. Le même rapport évalue à 3600 le nombre de personnes décédées de cette maladie au Burkina Faso et à 71 000 les enfants orphelins du SIDA.

Apparemment ces chiffres semblent inquiétants. Mais comparativement aux données des années antérieures, les progrès enregistrés sont encourageants selon le président du Faso et l’ensemble de la centaine de participants à ladite session.

Le chef de l'Etat a exprimer aux acteurs de terrain et aux partenaires ses gratitudes pour le travail accompli dans la lutte contre le Sida au Burkina
Le chef de l’Etat a exprimer aux acteurs de terrain et aux partenaires ses gratitudes pour le travail accompli dans la lutte contre le Sida au Burkina

Pour preuve, et à titre d’exemple, en 2011, notre pays était à 1,1% de séro-prévalence de l’épidémie dans la population générale contre 0,8% en 2016. L’ONU/SIDA estimait à 120 000 le nombre de PVVIH contre 95 000 en 2016. Le nombre de décès dû au SIDA était de 6800 contre 3600 maintenant; soit une baisse de 50%. Les progrès dont donc réels.

Ces résultats appréciables sont dus selon les différents intervenants à l’efficacité des interventions multi-sectorielles (associations de la société civile, les structures religieuses et coutumières, les ministères, les PTF…). C’est la raison pour laquelle, le président Roch Marc Christian Kaboré a saisi l’opportunité pour exprimer sa gratitude aux partenaires et remercier les acteurs de terrain et tous les intervenants dans la lutte contre le VIH/SIDA au Burkina. Il s’est félicité que les difficultés rencontrées tant dans la mobilisation des ressources qu’au niveau de la coordination n’aient pas entravé considérablement les activités de prévention et de prise en charge des malades.

Difficultés et défis majeurs

La raréfaction des ressources et la mobilisation des ressources financières internes ainsi que leurs mises à disposition à temps auprès des acteurs de terrain sont des difficultés qui ont été notifiées dans le rapport-bilan.

Les ruptures des ARV et des réactifs sont aussi des difficultés qui ont fait l’objet d’échanges tout comme le défi de la collecte des données concernant les populations à haut risque (HSH, TS, UDI).

L’insécurité et la stigmatisation associées aux préjugés socioculturels seraient, de l’avis des intervenants, les causes du faible niveau de données collectées dans ces milieux. En effet, les populations condamnent systématiquement les usagers de drogues et les homosexuels. En effet, si les HSH sont victimes d’intolérances et sont obligés de se cacher, les usagers de drogue sont soit des prisonniers soit tenus pour responsables de leur situation. Le milieu des TS est également tabou et pas perméable. Toutes choses qui ne permettent pas de toucher facilement ces cibles particulièrement vulnérables et de les prendre adéquatement en charge.

Un autre phénomène, et pas des moindres, évoqué lors de cette session concerne les grossesses non désirées en milieu scolaire et non scolaire.

Autant de difficultés et de défis à la fois qui nécessitent des actions urgentes et concertées afin d’éviter le rebond tant redouté de l’épidémie au Burkina.

Si donc les données actuelles sur le VIH/SIDA dans notre pays sont de légitimes motifs de satisfaction, la vigilance et les efforts de tous doivent être renforcés.

D’ores et déjà, l’engagement de tous les partenaires, des acteurs de terrain, du gouvernement et surtout le leadership du chef de l’Etat, constituent un grand espoir pour l’atteinte de l’objectif de zéro infection en 2030.

Théophile MONE

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