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Lutte contre le Tabac: le Burkina et le Cambodge sont les seuls pays dont les mesures sont contestées

«Partager avec les hommes de médias le rapport de la mission d’information parlementaire sur la règlementation des produits du tabac au Burkina et faire le point sur le procès opposant le ministère de la Santé à l’entreprise du tabac». C’est ce qui a justifié mercredi, la conférence de presse conjointe entre Afrique contre le Tabac (ACONTA), la Ligue des consommateurs du Burkina Faso (LCB), le Réseau des journalistes anti-tabac du Burkina Faso (REJAT-BF) et l’Union des associations contre le tabac (UACT).

Le présidium de la conférence

«Pourquoi le ministère de la Santé n’est pas impliqué dans la prise de l’arrêté conjoint signé par les ministères des Finances et du Commerce sur un système de suivi et de traçabilité des produits du tabac basé sur les normes Codentify?» C’est à travers cette question que le député Michel Badiara interpellait le gouvernement lors d’une question orale le 31 mars dernier. N’ayant pas été convaincante dans sa réponse, le président du Parlement burkinabè avait recommandé la création d’une mission d’information parlementaire chargée d’examiner la règlementation sur les produits du tabac. Après avoir échangé avec les différents acteurs intervenant dans ce domaine, la mission a rendu son verdict dans un rapport.

De ce rapport, il ressort que la Mabucig suggère d’apposer 40% des avertissements sanitaires graphiques contre 60% exigé par la loi et demande jusqu’en fin 2018 pour pouvoir écouler les stocks déjà produits et se conformer au système.

Or, soutient Salif Nikièma, le groupe impérial Tobaco auquel appartient la Mabucig applique déjà les marquages sanitaires dans certains pays comme le Tchad et le Niger. Seuls le Burkina et le Cambodge ont vu leurs mesures contestées. En plus de cela, dit-il, le Sénégal s’apprête à mettre en œuvre les avertissements sanitaires sur le paquet de cigarettes le 26 août prochain.

Salif Nikiéma, coordonnateur de ACONTA

En vue de trouver une solution, la mission a émis cinq recommandations à savoir la relecture de la Zatu, la réactivation du processus d’adoption du projet de loi portant institution de marquage fiscal sécurisé des produits de grande consommation. Aussi, la relecture de l’arrêté sur le codentify et l’organisation d’un appel d’offre international pour la conception d’un système de traçabilité, de suivi propre à l’Etat du Burkina conformément à la convention cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac, la création d’une unité antitabac au sein des Forces de sécurité, l’adoption d’un texte règlementaire pour la mise en place d’un fonds pour le financement des activités de lutte contre le tabac.

A propos du procès

Ouvert le 11 avril dernier au Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, le procès opposant le ministère de la Santé et la Mabucig traine toujours. «Cela fait 120 jours que le procès traine. Pendant ce temps l’industrie du tabac continue de recruter des jeunes pour qu’ils soient des fumeurs alors que le tabagisme a déjà causé 4400 décès au Burkina», a fustigé Salif Nikièma.

Pour lui, l’avocat de Mabucig a incriminé des articles anti-tabac comme étant anticonstitutionnels. Ce qui n’est pas vrai selon M. Nikièma qui a noté que cette convention cadre de lutte anti-tabac est conforme à notre Constitution. «Actuellement c’est la Cour d’appel de bobo qui doit trancher ce problème pour dire si c’est à la Mabucig ou au Tribunal de Grande instance de saisir le Conseil constitutionnel», a-t-il dévoilé.

Madina Belemviré

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