Accueil » Société » Lutte contre le terrorisme à Guiaro dans le Nahouri: la nécessité d’élargir la route dans le village de Kadro s’impose

Lutte contre le terrorisme à Guiaro dans le Nahouri: la nécessité d’élargir la route dans le village de Kadro s’impose

La commune rurale de Guiaro  est située à 30 kms, à l’ouest de la ville de Pô, chef-lieu de la province du Nahouri . Elle a des potentialités forestières, fauniques et agricoles immenses,  ce qui lui vaut son nom  de grenier de la province du Nahouri voire de la région du Centre-Sud.  Ses richesses attirent les Burkinabè de toutes les communes de la province et de tous les quatre coins du pays. Cette situation n’est pas sans conséquences. Depuis le mois de juin, la commune connait une insécurité grandissante qui a occasionné la fermeture des établissements primaires, secondaires, des formations sanitaires et le départ des forestiers de toute la zone. De récurrentes attaques à main armée sont perpétrées dans le village de Kadro situé sur l’axe Pô-Guiaro, à environ 20 kms de Pô. Nous y avons fait un tour ce samedi 9 novembre 2019 pour nous imprégner de la réalité du terrain. Ce n’était pas sans risques. Pendant une vingtaine de minutes, nous avons passé en revue cette zone forestière la peur au ventre.

Un véhicule de la gendarmerie abandonné faisant peur aux usagers de la route

La commune de Guiaro a  toujours connu une tranquillité sécuritaire favorisant le mouvement des populations qui vaquent sereinement à leurs occupations. Actuellement,  la commune est peuplée de plusieurs ethnies venues de partout avec des pratiques coutumières et des comportements  assez complexes. Depuis quelques mois et au regard de la situation sécuritaire du nord du pays, la commune connait une importance présence de déplacés qui complique la maîtrise des mouvements  des populations par les forces de sécurité, notamment la gendarmerie, la commune n’ayant pas de commissariat de police.

Cette arrivée de nouveaux habitants dégradera vite la situation sécuritaire à Guiaro. Ainsi  dans le mois de juin, le poste forestier du village de Koumbili, situé à 25 kms de Pô sur la route de Léo, a connu durant toute une nuit la foudre des hommes armés non identifiés qui ont copieusement arrosé  le bâtiment avec des armes de guerre avant de se volatiliser dans la forêt de Nazinga.  Quelques mois après, un convoi de la gendarmerie a été victime d’une embuscade tendue par ces mêmes personnes à Kadro, occasionnant la perte en vies humaines de deux d’entre eux. Plusieurs autres attaques sans grands dommages ont été perpétrées au même endroit à Kadro.

Une vue de la voie avec les deux côtés presque invisible

Sur cet ancien site de production du Service national populaire sous la Révolution, un corridor d’un kilomètre a été délimité pour le passage des éléphants. A cet endroit, on constate une importance présence de la végétation sur les deux côtés de la voie qui rend la vue difficile. C’est dans ces touffes que ces délinquants se dissimulent pour commettre leurs forfaits. A distance, ils aperçoivent les passants d’où la nécessité d’élargir la voie sur le kilomètre concerné. Le véhicule de la gendarmerie attaqué et abandonné sur les lieux apeure toute personne qui traverse cette zone. Dans le village et à cent mètres de la route, nous y avons aperçu le poste forestier actuellement à la merci des reptiles et des araignées, les forestiers ayant pris la clé des champs.

Les autorités promettent d’agrandir le chemin, ce qui devrait favoriser une large vue de tout l’environnement à la fin de la saison pluvieuse. Aller à Guiaro pendant ces moments devient un cauchemar et est périlleux. Depuis le début du mois d’octobre, les écoles  primaires de la commune sont hermétiquement fermées, les enseignants craignant pour leur vie. Nous apprenons que ceux du secondaire et les infirmiers ont aussi emboîté leurs pas en désertant les établissements et les dispensaires, suite à une opération de sécurisation de notre armée menée le lundi 21 octobre 2019.

En effet, des frappes aériennes et terrestres ont été effectuées sur les positions de ces terroristes,  faisant peur aux travailleurs et à l’ensemble de la population.

La plaque du poste forestier déserté

Selon les informations recueillies auprès de quelques habitants, les actions militaires ont été un succès car un nombre important de délinquants a été neutralisé. Depuis lors, le calme semble revenu et ils demandent aux enseignants de regagner les classes, les infirmiers leurs dispensaires et les forestiers leurs postes. Les kolweogo font aussi un travail remarquable dans la zone Nord de la commune, à la frontière avec la province du Ziro voisine, selon les habitants. Cela permettra d’éloigner le spectre de l’année blanche qui semblait se dessiner. La contribution des populations est sollicitée afin de bouter cet hydre terroriste loin de Guiaro voire de la province et du Burkina tout entier.

Jean Aouè

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *