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Lutte contre le terrorisme: l’état d’urgence est prolongé de douze jours à six mois

La représentation nationale s’est réunie le vendredi 11 janvier 2019, pour examiner le projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence au Burkina Faso. Placée sous la présidence de Alassane Bala Sakande, le president du Parlement, c’est à l’unanimité que les 125 députés votants ont adopté ce projet de loi.

Le ministre de la Justice René Bagoro a expliqué les raisons de la prorogation de l’État d’urgence

Face à la multiplication et à la gravité des attaques terroristes perpétrées sur le territoire national, le gouvernement burkinabè a déclaré, le 31 décembre dernier, l’état d’urgence à compter du 1er janvier 2019 dans quatorze provinces reparties dans six regions du payx.

Selon le ministre de la Justice, l’état d’urgence a été déclaré pour lutter contre le terrorisme dans certaines régions. Mais cette exigence légale ne peut excéder douze jours. Or, note le ministre Bagoro, douze jours, c’est largement insuffisant pour pouvoir déployer toute la stratégie nécessaire.

C’est dans ce sens, renseigne-t-il, que le gouvernement a jugé nécessaire de saisir l’Assemblée nationale pour lui demander de prolonger l’état d’urgence pour une période de six mois, période pendant laquelle il estime qu’il aura suffisamment de temps pour pouvoir déployer toute cette stratégie. “Cette prorogation a été accordée à l’unanimité par les députés”, s’est réjoui René Bagoro, qui a signalé au passage que ce n’est pas parce que l’état d’urgence a été déclaré dans certaines zones que les Forces de défense et de sécurité (FDS) ne vont pas continuer à mener la lutte contre ce fléau.

“Il faut savoir que depuis un certain temps, nos FDS s’emploient pour lutter contre ce fleau mais nous faisons des évaluations et lorsque nous estimons que le niveau de risque sécuritaire est tel qu’il faut concentrer plus de moyens pour donner plus de pouvoirs à l’autorité administrative, nous le ferons”.

Les députés ont adopté à l’unanimité le projet de loi

Toutefois, le ministre Bagoro a reconnu que la situation de l’état d’urgence est attentatoire à certains droits. “Pour pouvoir bien faire, on est obligé de mettre l’exercice de certains droits entre parenthèses. C’est pour cela qu’il faut s’assurer que c’est la mesure nécessaire qu’on ne peut pas en situation ordinaire”, a-t-il souligné.

A la question de savoir si la marche prévue par certaines organisations à Dori qui est soumis par l’état d’urgence pour exiger que tous les auteurs du drame de Yirgou répondent de leurs actes, René Bagoro a répondu: “L’état d’urgence ne met pas entre parenthèses l’exercice de toutes les libertés. Il les encadre. La liberté de manifester existe, il n’y a pas d’incompatibilité à manifester pacifiquement dans une zone où l’état d’urgence est déclaré. L’essentiel est de respecter les règles en la matière”.

Pourquoi n’avoir pas declaré l’état durgence sur tout le territoire national? “La réflexion continue, si le besoin existe de déclarer l’état d’urgence sur d’autres zones, le gouvernement prendra les dispositions puisque la loi de 1951 permet de prendre un décret et de l’étendre à d’autres zones”, a conclu le ministre de la justice.

Madina Bélemviré

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