Accueil » Société » Lutte contre le terrorisme: «on ne peut pas se départir de cette lutte commune on compte œuvrer par des propositions de nos idées au gouvernement» dixit le président du parti socialiste

Lutte contre le terrorisme: «on ne peut pas se départir de cette lutte commune on compte œuvrer par des propositions de nos idées au gouvernement» dixit le président du parti socialiste

Le président du parti socialiste du Burkina, Aboubacar   Rignongdo Balima et par ailleurs PDG de SR transit, dans cette interview qu’il nous a accordé le 6 février  2020, s’est prononcé entre autres, sur l’enrôlement des burkinabè de l’extérieur, la situation sécuritaire au Burkina, l’idéologie de son parti et  les actions menées en faveur de ses militants dans les 12 arrondissements de la commune de Ouagadougou.

Aboubacar Balima

Les Echos du Faso(LEF): Vous êtes le président du parti socialiste en quoi consiste votre idéologie ?

Aboubacar Balima(A.B) : Notre idéologie est de travailler avec la société burkinabé sans  discrimination avec une  sincérité dans les échanges sur le plan  de la cohésion et de la paix sociale. Aussi, nous travaillons à promouvoir l’employabilité des jeunes à travers un  renforcement des capacités de la formation des jeunes et des femmes aux activités génératrices de revenus. Notre combat est aussi de travailler pour une justice sociale et équitable. Vous savez bien que lorsqu’on parle de socialisme, nous devons aussi travailler au rassemblement,  à proposer des solutions pour un développement meilleur du pays.  La particularité de notre socialisme vient des valeurs intrinsèques que nous ont léguées nos ancêtres. Nous ne pouvons nous départir des activités dans le domaine social que nous menons d’ailleurs. Lorsqu’il y a rapprochement et rassemblement, les burkinabè deviennent comme un seul. C’est un rapprochement social. La première des choses de notre manifeste, c’est prôner les valeurs sociaux.

LEF : Après plus de deux ans d’existence, quel bilan du parti socialiste du Burkina Faso ?

A.B : Le PS travaille chaque jour depuis sa reconnaissance par l’administration publique,  d’arrache pied à l’implantation du parti sous  la plan national et international. Sur le plan national le parti travaille toujours à l’implantation dans certains des 13 régions que compte le compte le pays. Le parti s’est implanté dans quelques régions notamment du Centre, du Centre- Est, du Nord, et de l’Ouest.  A l’international, le parti est implanté  dans les pays tels la Cote d’ivoire, le Ghana, le Niger l’Allemagne, le Belgique. Pour plus de détail, dans la région du Centre le parti existe dans les 12 arrondissements et six communes. Dans  le Centre-est, le parti a des représentants dans les trois provinces dans le Boulgou, le Kourittenga, et le Koulpelgo. Pour ajouter il faut dire  que le bilan est satisfaisant car déjà avec la naissance en deux ans, le parti a  abattu un travail remarquable dans la formation de 300 jeunes et de 400 femmes en énergies renouvelables et en saponification (fabrication de savon en boule, en liquide).

LEF : Quelle est votre stratégie, à quelques mois des échéances électorales, pour la conquête du pouvoir en novembre 2020 ?

En politique, il faut savoir qu’on ne peut pas dévoiler notre stratégie pour nos adversaires. Il faut savoir nous n’allons pas à la conquête du pouvoir. À notre dernière conférence de presse, nous avons fait une déclaration qui disait que nous accordons notre soutien au président Roch Marc Christian Kaboré. Nous allons nous positionner pour les élections législatives. Car, nous pensons que dans la vie politique, il ne faut pas se précipiter ; il faut aller pas à pas. On apprend toujours. On a toujours des expériences de nos grands frères de nos ainées et au fur et à mesure on pourrait se faire une place. Voilà pourquoi, nous ne sommes pas pressés avec la conquête du pouvoir. Nous allons toujours travailler à une mobilisation à la base et conquérir la confiance des populations. Cette  confiance qui va permettre d’obtenir des sièges au niveau des  élections législatives.

 LEF: Le parti est-il capable de mobiliser un électorat conséquent pour se faire élire ? 

A.B. : Actuellement, nous n’arrivons pas à dénombrer nos militants parce que nous avons de militants engagés et convaincu de l’idéologie du parti. Ce sont de milliers de militants qui ont pris la décision de s’engager aux élections de 2020. Pour dire que notre capacité de mobilisation est bel bien claire. Comme au départ ne nous ne pas avons enfin dévoilé actuellement notre stratégie de mobilisation qui risque d’être exploiter par nos adversaires politiques pour nous mettre les bâtons dans les roues. Un parti qui se crée, n’attend pas la veille des élections pour présenter son programme de société. Nous avons travaillé depuis la création du parti. Nous avons fait bénéficier nos militants et populations de diverses formations. Nous leur avons démontré que pour s’auto-suffire, ce n’est pas l’administration publique qui pourrait résoudre le problème des jeunes et des femmes. Nous pensons que chacun peut se développer par une petite activité qui rapporte un revenu.  Sur ce point, le parti socialiste a travaillé au renforcement de capacité et la formation pour une insertion socioprofessionnelle. Notre but est que ces jeunes et ces femmes puissent être autonomes et participer à la réduction du chômage. Nous nous mettons dans la dynamique de participer au développement du pays.

LEF: Le Burkina Faso est soumis au diktat des groupes terroristes, quel est la proposition du parti socialiste pour venir à bout du terrorisme selon votre  idéologie ?

A.B. : La question du terrorisme est une question profonde. Malgré les efforts consentis par le gouvernement sur le terrain qui est remarquable, il faut se dire que le terrorisme doit se lutter de façon engagée. Car, depuis un certain temps on voit que le terrorisme  défie toujours  les forces de défense et de sécurité et tuent les civils. A ce niveau, il faut que le gouvernement travaille davantage avec des partenaires et à mobiliser toujours des ressources financières et matériels et à renforcer sur la plan logistique nos forces de défense et de sécurité.  En tant que socialiste, c’est une lutte qui est nationale. Et nous comptons œuvrer par des propositions de nos idées au gouvernement pour  participer à la communication, au renseignement. Cela se fera à travers des camarades de différentes bases de plusieurs localités. On ne peut pas se départir de cette lutte commune car le terrorisme est un phénomène qui terrorise toutes une nation. Nous espérons qu’un jour nous viendrons à bout de ce fléau. Ce que l’on peut ajouter est que la population est terrorisée. Il faut mettre des stratégies à redonner une confiance  afin que les burkinabè soit rassurée de leur protection. En effet, nous avons remarqué qu’il y  a des populations qui ont des informations mais ils ne dites pas  à cause de leur sécurité. Il faut œuvrer afin que la population, qu’en donnant l’information, soient en sécurité.  C’est vraie que le régime passé a fait que les gens avaient peur des Forces de défense et de sécurité. De nos jours  je pense qu’il faut travailler à ce qu’il y ait une confiance avec ces forces de défense et de sécurité. Cela aussi permettra de lutter efficacement contre le terrorisme.

LEF: Revenons sur l’enrôlement des burkinabè de l’extérieur selon vous qu’est-ce qui a justifié ce faible taux d’enrôlement ?

A.B. : Pour le PS Burkina, les efforts que le gouvernement a consentis pour l’enrôlement des burkinabè de l’extérieur sont de gros moyens qui ont été déployé. Il faut  féliciter cela parce que c’est une volonté affichée du président du Faso pour cette belle initiative à la concrétisation du projet. Maintenant, dans les Etats, il y avait des difficultés liées au point d’enrôlement. Les moyens limités du gouvernement ne pouvaient pas faire qu’il y ait plusieurs points d’enrôlement de nos compatriotes.  Si je prends par exemple dans un point X, il y a un point d’enrôlement et à 400 ou 500 kilomètres, résident des burkinabè ; il y problème de déplacement pour s’enrôler. Tout cela qui a provoqué ce faible enrôlement des burkinabè de l’extérieur. En plus de cela, il se trouve que de nombreux burkinabè de l’extérieur qui dans les pays européens ; si je prends un pays comme l’Allemagne où quand un burkinabè  foule le sol allemand. Cela suppose qu’il a pris son visa. Il doit peut-être faire deux semaines et retourner dans son pays. Pourtant, il avait  l’intention de faire l’aventure. Ne croyez qu’il ira se déclarer à l’ambassade ! Il ne fera pas. La dernière fois quand nous étions en Allemagne pour échanger avec nos militants de PS Burkina, cette question s’est posée ! Il y avait le problème d’échange avec les burkinabè par rapport à leur situation en Allemagne. Cela concernait aussi la plupart des pays de l’Union européenne. Un burkinabè qui est en Allemagne et qui ne s’identifie pas à l’ambassade, c’est bel bien vrai qu’il ne puise pas s’enrôler ! La raison est qu’il ne possède pas de document.  Ce sont ceux qui sont déclarés à l’ambassade qui ont droit en faites des s’enrôler. Pourtant certains de nos frères ne peuvent se déclarer à l’ambassade. Ce sont les deux problèmes que je peux dire.  C’est la première fois pour la participation à l’enrôlement de nos compatriotes à l’extérieur, il faut aussi dire qu’il faut accepter que pour un premier travail ce ne serait pas évident qu’on ait de meilleurs résultats. L’essentiel est la volonté prononcée politique du gouvernement et de milliers des burkinabè se sont enrôlés pour 2020. Nous espérons que dans les années à venir qu’il y aura un meilleur enrôlement des burkinabè de l’extérieur.

LEF: Par rapport à la situation nationale quel est votre message à l’endroit des burkinabè ?

A.B. : Par rapport à la situation, il faut féliciter les  différents syndicats qui ont accepté la trêve sociale du président du Faso. Il y a une baisse de tension sociale. Cela est un acte patriotique. Il faut se dire que ce n’est pas parce qu’ils sont satisfaits de leur  revendication. Mais, ils ont su se contenir, se dire que nous sommes tous des burkinabè. Ils ont fait prévaloir nos valeurs endogènes. Cela est à féliciter que Dieu les bénisse ! Avec la situation sécuritaire, les domaines des activités économiques ont ralenti. Ce que nous demandons au Seigneur de mettre la main pour faire face aux forces du mal 

LEF : Un dernier mot !

A.B. : le PS Burkina souhaite pour cette année 2020 à tous les burkinabè la paix, la justice sociale et juste, la cohésion sociale et la réconciliation nationale. Mais sans justice, ce serait compliqué qu’on aille à une réconciliation. Nous demandons qu’il y ait la paix et la justice avant d’aller à une réconciliation nationale !

Propos recueillis par Omar Idogo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *