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Les maisons d’arrêt et de correction sont-elles des passoires?

Le 24 juillet 2018, le Service régional de la Police judiciaire (SRPJ) de la ville de Ouagadougou a animé une conférence de presse de présentation de 14 présumés malfrats. A l’occasion, le commissaire Honoré Kientéga de la SRPJ a laissé entendre que les membres de ce gang sont «très bien connus» des services de la police judiciaire. C’est dire que ces présumés malfrats ont déjà fait l’objet d’arrestations par la police et seraient des «repris de justice» ou des «récidivistes».

La bande  »familiale » dont certains membres sont « bien connus » des services de la Police

Régulièrement, la Police et la Gendarmerie organisent des conférences de presse afin de présenter des présumés malfrats. Derrière ces activités de communication pourraient se cacher 03 objectifs. Le premier vise à renforcer la notoriété des forces de sécurité et renforcer la confiance avec les populations. Si le deuxième objectif vise la sensibilisation des populations, le troisième est de prendre l’opinion à témoin sur le fait que ce sont les mêmes personnes qui donnent du fil à retordre à Police et la Gendarmerie.

Ce plaidoyer des forces de sécurité ne date pas d’aujourd’hui. On se souvient qu’en 2010, le Directeur régional de la Police du centre, le commissaire de police Joseph Zabré, a, au cours d’une conférence de presse de présentation de présumés délinquants spécialisés dans les vols à main armée, dénoncé publiquement la libération des présumés délinquants que ses services interpelaient. Ce jour, il avait lancé: «La MACO est une passoire». Une phrase qui lui a valu d’être auditionné par le parquet général et le ministère de la Justice à l’époque.

Le Directeur régional de la Police du Centre exprimait ce jour un mécontentent qui se répandait au sein des officiers de police judiciaire (OPJ), obligés de courir derrière les mêmes personnes qu’elles mettent tant d’efforts à arrêter. Au regard de la recrudescence de la libération des prisonniers, un groupe d’OPJ avaient menacé de rendre publics les noms des personnes qui œuvraient dans l’ombre pour ces libérations. Certains se recrutaient dans les palais de justice et les maisons d’arrêt. Ils ont finalement renoncé à cette publication.

Après l’épisode du commissaire Zagré, les OJP qui présentaient les présumés voleurs utilisaient le terme «récidivistes». A ce propos, un grand débat a été mené entre hommes de droit sur l’usage de ce terme qui ne devrait s’appliquer qu’aux personnes déjà condamnées. De nos jours, le concept le plus utilisé pour désigner les personnes toujours arrêtées a changé.

A l’instar du commissaire Honoré Kientéga de la SRPJ, les autres OPJ préfèrent la formule: «Bien connu de nos services». La réalité est là.

Nos forces de sécurité passent leur temps à traquer des personnes dangereuses qui se retrouvent en liberté dès qu’elles arrivent en prison. A qui la faute?

A. T.

Un commentaire

  1. J’espère que nous ne sommes pas comme au Nigeria où chaque responsable politique a ses gangs qui lui rapportent de l’argent et sont protégés quand ils sont pris par la justice.
    Il semble que les délinquants récidivistes connaissent tous les juges et avocats. Ils savent comme ressortir.
    J’ai surpris une conversation de jeunes à la prison qui n’honorent pas nos responsables de la justice. La dignité d’un homme compte plus que l’argent car si on vous indexe toujours dans la société vous ne laisserez pas une bonne image après votre mort. C’est triste en tant que mère d’écouter des délinquants jugés la justice.
    Il faut que le politique convoque une discussion sur ce problème des gangs récidivistes afin de trouver une solution pour les obliger à se convertir.
    Est-ce qu’on donnerai pas raison aux koglwéogo qui leur infligent une sentence parfois très sévère afin de les dissuader à arrêter les vols.
    Trouvons une solution sinon les vindictes populaires vont reprendre sur des personnes jugées malsaines dans la société.
    J’aimerai que nos responsables de justice garantissent leur personnalité devant ces délinquants, honore leur diplôme qu’ils ont obtenu à la sueur de leur front.

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