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Mali: ce que cache la pléthore de candidatures à l’élection présidentielle du 29 juillet

L’élection présidentielle au mali, prévue pour le 29 juillet prochain, arrive à grands pas. La campagne électorale du premier tour sera «ouverte le samedi 7 juillet 2018 à zéro heure» et sera «close le vendredi 27 juillet 2018 à minuit». La particularité de cette élection réside dans la pléthore de candidats officiellement retenus: 24! C’est dire que malgré le contexte de crise que vit le pays, les acteurs politiques se bousculent dans la course pour Koulouba. Reste à savoir si les électeurs se bousculeront aux urnes le jour du scrutin.

Candidats potentiels à la présidentielle malienne 2018

Avec 24 candidats à l’élection présidentielle en 2018, le Mali rentre dans l’histoire. Malgré la crise que vit le pays, les appétits pour le pouvoir s’aiguisent. Légitimement, l’on se demande où est-ce que chacun des candidats compte trouver les 25 millions de F CFA comme caution ainsi les moyens financiers colossaux nécessaires pour aller à la conquête du palais de Koulouba. Car une campagne présidentielle sérieuse coûte les yeux de la tête: outre les moyens financiers à débourser pour se faire dignement représenter sur le territoire national, il faudrait y ajouter les dépenses relatives à la communication, aux déplacements, à la logistique, à l’hébergement, etc. Il y a de quoi s’intéresser aux sources de financement de ce beau monde. Certes, sur la liste des candidats y figure des gros gabarits qui ont des comptes en banque bien renfloués. L’on peut citer Ibrahim Boubacar Kéita, le président sortant, Soumaïla Cissé le Chef de file de l’opposition, Hamadoun Touré, les banquiers Modibo Koné, Mamadou Igor Diarra, l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé. Mais il y a de quoi être plus circonspect sur les capacités financières des autres candidats de nom. L’on a l’impression que certains leaders ont simplement envie d’amuser la galerie avec leur candidature fantaisiste.

Inflation de candidatures, intérêts divers

Les nombreux aspirants à la présidentielle malienne jouent consciemment ou inconsciemment le jeu du président sortant. En effet la multitude de candidats va nécessairement occasionner un émiettement des voix. Une situation qui profitera à Ibrahim Boubacar Kéita. Doit-on par là déduire que le nombre impressionnant et historique des candidats est une manœuvre du pouvoir en place? Mystère et boule gomme.

Ce dont on est sûr, c’est que beaucoup de figurants espèrent bénéficier plus tard des retombées de leur investissement en termes honorifiques dans les VC: «candidat malheureux à l’élection présidentielle». En outre, ils envisagent avoir un passeport diplomatique et, si possible, se consoler avec un portefeuille ministériel au sein d’une fameuse «coalition au pouvoir».

Les candidats, leur nom et âge
Les 24 candidats officiels retenus

A l’analyse donc le foisonnement des candidats n’est pas un signe de dynamisme et de vitalité du système démocratique malien; une démocratie qui met au même pied d’égalité tous les citoyens et offre à chacun les mêmes chances pour se réaliser. Au contraire, cette pléthore des candidatures à l’élection présidentielle prouve que la plupart des hommes politiciens maliens travaillent pour eux-mêmes et non sur la base d’un projet de société pour le Mali. Et quand un politicien n’a pas de projet de société, il a surement un projet personnel qui ne peut être réalisé que par lui-même et pour ses intérêts personnels. S’ils se souciaient vraiment du Mali, ils se regrouperaient au maximum en trois ou quatre tendances. Mais ils sont opportunistes et avides de pouvoir.

Cette floraison de candidatures pour une élection dont les enjeux sont très importants pour le Mali s’explique par ailleurs par le laxisme de la Loi sur les conditions permettant de briguer la magistrature suprême.

L’on se demande comment le peuple malien peu instruits, pourra se retrouver sur une liste électorale assez longue? En temps normal, 10 candidats, c’est déjà de trop. Avec plus de 20 candidats, cette élection devient presqu’une foire d’empoigne. Car le plus souvent en Afrique, plusieurs milliers de votes sont annulés parce que mal effectués. Avec maintenant une vingtaine de candidats sur la liste, il pourrait y avoir du désordre et beaucoup de bulletins nuls.

Enfin, pour une fonction aussi haute, noble, sacrée que prestigieuse, il faut craindre que le nombre élevé de candidats ne contribue à la dévaloriser.

La solution? Peut-être qu’il faudrait introduire et adopter dans les différents codes électoraux des pays africains le parrainage de candidats comme au Sénégal. Cela permettrait d’accroitre la difficulté et d’empêcher les candidatures très minoritaires d’arriver à échéance. Pour autant, en évitant les candidatures fantaisistes à l’élection présidentielle, la démocratie pourra-t-elle progresser en Afrique? Le débat reste ouvert.

Théophile MONE

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