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Maraboutage des femmes dans le foyer: «Tout produit qui vient de l’être humain a une date de préremption», dixit Jean-Bosco Kaboré.

La pratique du maraboutage constitue une réalité dans la société burkinabè. Hommes et femmes y ont recours pour conquérir leur dulcinée ou leur mari. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie des couples. Dans une interview qu’il nous a accordée le samedi 21 mars 2015 à Ouagadougou, le conseiller conjugal, Jean-Bosco Kaboré, donne son appréciation sur ce problème d’actualité.

Pour Jean-Bosco Kaboré, tout ce  qui vient de l'homme a une date de péremption.
Pour Jean-Bosco Kaboré, tout ce qui vient de l’homme a une date de péremption.

Les Echos du Faso: Que pensez-vous du maraboutage des femmes?
Jean-Bosco Kaboré: C’est un phénomène qui existe et beaucoup de femmes rentrent dans cet esprit à la recherche d’une solution à leur problème. Elles se disent qu’elles n’ont pas la solution à leur problème et sont toujours tentées de croire que quelqu’un d’autre a la solution. Ça existe malheureusement, mais ce sont des pratiques qui se terminent souvent très mal. Je déplore cela parce qu’on ne vit pas la réalité avec l’autre, on n’expérimente pas la vie d’intimité, mais on cherche des raccourcis, des moyens superficiels, des moyens magiques pour pouvoir trouver la solution. De prime abord, ce genre de pratique indique que celui ou celle qui se met dedans prouve déjà son incapacité de gérer les problèmes de son foyer. C’est souvent la peur parce qu’on se dit qu’on n’a pas d’autres solutions et que c’est le marabout qui les détient.

Vous avez dit que ça se termine mal, comment?
Ça se termine mal parce qu’il faut comprendre que tout produit qui vient de l’être humain a une date de péremption. J’ai vu des femmes qui se sont plongées dedans et à un certain moment elles ne pouvaient plus continuer. Soit le marabout en réclame de trop, ou le produit n’a plus d’effet efficace et ça se retourne contre elles. L’expérience a montré que toutes les femmes qui se sont plongées dedans n’ont pas eu de satisfaction. C’est souvent un sédatif qui adoucit le mal mais qui ne soigne pas la cause du mal. Chaque femme a le pouvoir de prendre le dessus et d’affronter son mari et accepter la réalité de ce qu’elle vit. Mais vouloir attacher l’autre, chercher des marabouts pour pouvoir dominer son mari, prendre possession de sa dimension psychique et le contrôler n’est pas de l’amour, mais de la tricherie. C’est soi-même qu’on cherche à aimer. Ce sont surtout les femmes qui cherchent à se caser, qui cherchent des foyers, ce ne sont pas des femmes qui cherchent à vivre un amour authentique et responsable.

Pensez-vous que c’est l’une des causes des conflits dans le couple?
Ça fait partie des causes parce que j’en ai rencontré des hommes qui, automatiquement, ont arrêté la relation et demandé le divorce quand ils ont découvert que leur femme avait ces pratiques. Le mari se dit que si la femme commence une telle pratique, à la longue, elle sera incontrôlable, et il n’a pas la garantie et l’assurance que cette femme ne va pas ôter sa vie demain.

Quels conseils pouvez-vous donner à ces femmes?
Il faut qu’elles arrêtent parce que ça ne les rassure pas, ça ne le sécurise pas, ce produit peut se retourner un jour contre elles ou contre leurs foyers. Il faut passer par le chemin de l’amour, du dialogue, de la compréhension, de l’acceptation des faits et des réalités. Je dirai à ces femmes, il n’est pas tard, il faut arrêter ces pratiques parce que toutes les personnes qui sont passées par là-bas n’ont pas eu gain de cause. La meilleure façon de changer de philosophie, c’est de chercher d’autres moyens pour maintenir son homme au foyer.
Madina Belemviré

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