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Marche de la CCVC: la lutte oui, mais la fin ne justifie pas les moyens

Des leaders de syndicats, de la société civile et des partis politiques étaient au rendez-vous à la Bourse du travail de Ouagadougou ce 29 novembre pour dire non à la hausse du prix des hydrocarbures. Répondant à l’appel de la Coalition contre la vie chère (CCVC), de la Bourse du travail, les manifestants ont convergé vers le ministère du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat où ils ont remis leur plate-forme revendicative au ministre de tutelle, Harouna Kaboré. Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que la mobilisation était au rendez-vous. Le seul bémol s’est que contre toute éthique et sans un souci d’éducation, des collégiens (des enfants de rien du tout) ont été associés pour gonfler les rangs des marcheurs.

Des enfants étaient de la partie dès la Bourse du travail
Une vue partielle des leaders présents à la marche

La marche est partie de la Bourse du travail avec pour point de chute le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. A la Bourse du travail, les marcheurs ont été galvanisés par le speaker pour gonfler à bloc leur mentale. On pouvait entendre: «non, non et non pour l’augmentation du prix du super, non, non et non pour l’augmentation du prix du gasoil, non, non et non pour la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs… Mobilisation et lutte pour un audit indépendant de la SONABHY, mobilisation pour la baisse du prix des hydrocarbures, pour un audit indépendant de la SONABEL… La clochardisation des travailleurs, trop c’est trop…».

Au ministère du Commerce, le ministre Harouna Kaboré attendait les marcheurs. Il a reçu la plateforme revendicative de la CCVC de Chrisogone Zougmoré et ses collaborateurs. Cette plateforme qui doit être transmise au président du Faso exige principalement la baisse du prix des hydrocarbures. Le ministre Harouna Kaboré, séance tenante, a rassuré les manifestants que cela sera fait aujourd’hui même.

La remise de la plateforme au ministre du Commerce
La marche proprement dite

Par ailleurs, le ministre du Commerce a tenu a féliciter la CCVC pour la bonne conduite de la marche et a souhaité qu’elle puisse s’achever ainsi. Une marche qui a drainé effectivement du monde. Mais dans la foule compacte, un public juvénile, voire infantile gorgeait les rangs. Il s’agissait d’élèves qui, pour la plupart ne savent pas ce qu’ils faisaient dans une telle marche. Nous avons même interrogé un jeune élève d’environ 12 ans en classe de 6ème au lycée Marien N’Gouabi pour savoir ce qu’il est venu faire dans le regroupement. A notre grand étonnement: «je ne sais pas» répond-t-il. Un groupe de camarade était arrêté avec lui au milieu de la cour de la Bourse du travail. Nous posons alors la question à tout le groupe, vous savez ce que vous êtes venus faire ici ce matin? Finalement, une réponse qui tient un peu la route: «on a augmenté l’essence». La revendication est légitime et normale. Mais la question que l’on pourrait se poser c’est de savoir ce que vienne chercher ces enfants à la marche du CCVC?

Un peu plus tôt, le speaker en haranguant la foule demandait tantôt: «Les travailleurs vous êtes là? Oui… Les étudiants vous êtes là? Oui… les élèves vous êtes là? Oui… En avant pour la marche car l’augmentation du prix des hydrocarbures c’est aussi l’affaire des élèves», expliquait-t-il. Quels est alors notre responsabilité sociale et sociétale vis-à-vis de cela? Est-t-il normal qu’on éduque des mineurs à la grève et à la revendication? Nous formerons quel genre de société demain. Assurément, la fin ne doit pas justifier les moyens. Pour ce qui concerne cette marche qui du reste s’est déroulée sans incident, on n’avait vraiment pas besoin de cette mobilisation des enfants pour se faire entendre.

Hamadou Ouédraogo

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