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Mauvaises conditions de travail à Yalgado: mauvaise vision de Smaïla Ouédraogo et mauvaise foi du Syntsha

La sous-section Syntsha (Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale) du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) a animé une conférence de presse le vendredi dernier pour prendre l’opinion à témoin sur les engagements non tenus par le gouvernement pour l’amélioration des conditions de travail. Selon Hamadi Konfé, le secrétaire général du Syntsha, le gouvernement s’était engagé à fournir à l’hôpital des consommables, du matériel de protection, etc. Mais, a-t-il déploré, les pannes fréquentes des équipements, les ruptures des consommables et des réactifs, le manque de matériels de protection sont le lot quotidien des praticiens. Seulement voilà.

Le président du Faso en visite sur le chantier de l'hôpital de district de l'ex-secteur 30
Le président du Faso en visite sur le chantier de l’hôpital de district de l’ex-secteur 30

Après les inondations du 1er septembre 2009, le gouvernement avait décidé de délocaliser certains services de Yalgado dans l’espace situé derrière le Laboratoire national de santé publique et le Centre médical avec antenne chirurgicale du secteur 30. Délocaliser pour accroître l’offre de soins et rapprocher les services de santé des citoyens. Cet hôpital de district devrait être une antenne du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo. Pas autre chose.

En réponse à ce qui était entendu au lendemain des inondations, le Conseil des ministres du 6 mars 2013 avait pourtant tranché la question: le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo ne sera pas entièrement déménagé dans les locaux situés derrière le Centre médical de l’ex-secteur 30. Le gouvernement avait préféré la formule des pôles. Yalgado sur son site initial et un pôle sur le nouveau site. Dans le projet initial, voici comment devrait se présenter la situation à terme:

Les services qui vont aménager sur le nouveau site:

–  Ophtalmologie

–  Orthopédie-traumatologie

–  Neurologie

–  Cardiologie

–  Acupuncture

–  Hématologie clinique

–  Rhumatologie

–  Chirurgie dentaire

–  Stomatologie et chirurgie maxillo-faciale

Les services qui seront sur les deux sites:

–  Kinésithérapie

–  Anesthésie-réanimation

–  Urgences médicales

–  Gynécologie-obstétrique

–  Imagerie médicale

–  Information médicale

–  Médecine du travail

–  Laboratoires

–  Anatomie et cytologie pathologiques

–  Pharmacie hospitalière

Les services suivants devraient rester sur le site:

–  ORL

–  Chirurgie viscérale

–  Urologie

–  Neurochirurgie

–  Psychiatrie

–  Pneumo-phtisiologie

–  Médecine interne

–  Gastro-entérologie

–  Endoscopie

–  Néphrologie/dialyse

–  Maladies infectieuses

–  Pédiatrie

–  Médecine nucléaire

Yalgado et ses travailleurs resteront encore pour longtemps dans ''l'urgence''
Yalgado et ses travailleurs resteront encore pour longtemps dans  »l’urgence »

Aujourd’hui, les infrastructures sont achevées et les services fonctionnels sur le nouveau site. Mais de pôle de Yalgado point, mais plutôt l’Hôpital de district de Bogodogo!

L’Etat étant une continuité, on se demande pourquoi le ministre Smaïla Ouédraogo, à l’époque en charge de la Santé, a détourné le projet de son objectif. Car c’est à partir des visites du président Roch Kaboré sur le chantier et la décision du Conseil des ministres le 11 novembre 2016 d’adopter un décret portant approbation des statuts particuliers de l’Hôpital de district de Bogodogo que tout a basculé. Le président du Faso savait-il que l’infrastructure était en train de changer de destination?

L’objectif initial du projet était de continuer à prodiguer des soins de qualité et à moindres coûts aux populations. Il est su que les soins dans les officines privées ou autres pôles d’excellence sont hors de portée de la majorité des Burkinabè. Quand l’autorité a voulu ajouter une autre corde à son arc, elle a décidé de construire l’hôpital Blaise Compaoré qui fonctionne avec ses propres règles.

Ce qui est incompréhensible, c’est que les différents personnels avaient même déjà identifié leurs bureaux sur le nouveau site et moralement préparés, certainement, à prodiguer des soins dans un cadre approprié. Comment doper leur mental de devoir rester dans des locaux vétustes et manquant du minimum pour travailler?!

Après le pôle de Yalgado, il avait été prévu la construction d’un autre grand hôpital sur la route de Ouahigouya pour augmenter l’offre de soins aux populations. Smaïla Ouédraogo devait se lancer sur ce projet. Surtout qu’il est situé sur la route de son Ouahiguiyo natal. Mais il ne devrait pas toucher à un cheveu du pôle de Yalgado sis ex-secteur 30. C’est un pur détournement non seulement des infrastructures, du matériel mais du génie d’autrui. Car, ce sont des intelligences qui ont travaillé à concevoir et à conduire le projet. Ces personnes sont payées en monnaie de singe.

Le Syntsha est également de mauvaise foi car, à chaque étape du projet, il était présent. Il est membre statutaire du Conseil d’administration de Yalgado où toutes les décisions sont prises. Il sait que du matériel et des consommables ont été achetés depuis et stockés à l’ex-secteur 30, attendant la fin des travaux. C’est le ministre de la Santé Léné Sébgo, par ses bonnes relations avec son homologue Lucien Marie-Noël Bembamba des Finances de l’époque, qui a pu arracher ces financements. L’insurrection populaire les a emportés mais les équipements et les consommables étaient là. Au lieu de les rétrocéder à Yalgado, on a laissé des millions de francs de consommables et de réactifs périmer et aller dans les poubelles. C’est une mauvaise gouvernance et un manque de vision. C’est cela que le Syntsha devrait dénoncer au lieu de crier au dénuement de Yalgado pour prendre le prétexte d’aller en grève et d’en rajouter à la galère des malades.

Si les services concernés avaient été délocalisés sur le pôle, les malades auraient été mieux pris en charge. Mais le matériel qui devrait permettre à Yalgado de retrouver une meilleure mine a été détourné pour un nouvel hôpital. Yalgado a même demandé qu’on lui rétrocédât une partie des équipements et des consommables mais il n’a rien obtenu. Les conditions de travail à Yalgado ne seront pas simplement mauvaises, elles seront exécrables.

Yalgado avait la solution à sa vétusté et à sa précarité, elle a été détournée. Où trouver encore des ressources pour monter un nouveau projet pour sauver au plus vite le ‘’patient’’ Yalgado lui-même? Si on voulait dissoudre l’hôpital de dernière référence du pays qu’est le CHU-YO, on ne se serait pas pris autrement.

Concernant l’insécurité au travail des agents, un autre engagement du gouvernement, c’est le Syntsha lui-même qui a refusé la présence des agents de la Police nationale sur le site. Le prend-moi mais ne me touche pas…

Lougouvinzourim

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