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MDNAC: Augustin Loada explique le rôle des militaires dans la politique

Dans le cadre du lancement des activités de la Commission d’élaboration du plan stratégique 2017-2021 pour la réforme des Forces armées nationales, le ministère de la Défense nationale et des anciens Combattants (MDNAC) a animé une conférence, le mardi 01 mars 2016, pour expliquer et analyser la nature des rapports entre les militaires et la politique.

Pour Augustin Loada (milieu), les militaires ne doivent pas s'ingérer dans l'arène politique
Pour Augustin Loada (milieu), les militaires ne doivent pas s’ingérer dans l’arène politique

«Le militaire et la politique», c’est sous ce thème que le ministère de la Défense nationale et des anciens Combattants a organisé, ce mardi, une conférence animée par le professeur Augustin Loada, à la Direction générale de la Douane. Cette conférence s’inscrit dans le cadre du lancement officiel des travaux au sein des 7 sous-commission des Forces armées nationales après l’attaque perpétrée le 22 janvier 2016 contre le dépôt d’armes et de munitions de Yimdi par les militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle.
Ainsi, le secrétaire général du ministère en charge de la Défense, le colonel-major Alassane Moné, a rappelé que l’Armée nationale a toujours été présente dans la gestion du pouvoir d’Etat depuis sa création le 03 août 1960. Aussi, son implication dans le champ politique a contribué à une politisation de l’institution militaire. Et, par conséquent, à la perte de certaines de ses valeurs cardinales qui dénature l’éthos militaire, notamment celui d’être au service exclusif de la Nation.
Le professeur Augustin Loada a indiqué que le Burkina Faso, en tant qu’ancienne colonie française, a hérité du modèle institutionnel qu’on pouvait qualifier de libéral, de démocratique, d’articulation entre le politique et le militaire. Pour lui, ce modèle démocratique repose sur un certain nombre de principes tels que le professionnalisme de l’armée et l’acceptation par les officiers des limites de leurs compétences.
Un autre principe est celui de la subordination effective des militaires aux autorités politiques et civiles. Enfin, il y a la reconnaissance d’une sorte d’autonomie relative dont devrait bénéficier l’armée, en ce qui concerne la conduite des opérations militaires.
Augustin Loada a souligné que l’influence prépondérante de l’armée dans la sphère politique est liée à trois facteurs. Il s’agit des divisions au niveau de la classe politique, c’est-à-dire la tentation de recourir aux militaires pour arbitrer les conflits au sein de la classe politique. Quant au second facteur, il est d’ordre socio-économique et est lié aux performances économiques des régimes constitutionnels. En ce qui concerne le dernier facteur, il a fait allusion à la faiblesse relative des menaces externes.

Les militaires se sont imprégnés de leur rôle dans la politique
Les militaires se sont imprégnés de leur rôle dans la politique

L’armée n’est pas occupée à l’extérieur
L’armée est une organisation qui est structurée. Sa mission principale est de défendre le territoire national et de garantir la souveraineté externe du pays. Si l’armée s’ingère dans l’arène politique, c’est parce qu’elle n’est pas occupée à l’extérieur. «L’armée est un des piliers essentiel de l’Etat, car un pays qui n’a pas d’armée, n’a pas d’Etat» a dit le conférencier.
Le Burkina dispose d’une armée et d’une administration bureaucratique malgré les dysfonctionnements et les insuffisances. Et, tout Etat démocratique, moderne, repose sur ces 2 piliers. En effet, l’administration repose sur un modèle d’organisation pyramidale dans laquelle chaque agent occupe sa position d’autorité en vertu de son mérite. «Nous avons une armée qui est professionnelle, qui est sensée s’y connaître dans son domaine et devrait bénéficier d’une certaine autonomie dans la conduite des opérations militaires. Et, en contrepartie, les militaires ne devraient pas s’ingérer dans le domaine politique tout comme les politiciens ne devraient pas s’ingérer dans la conduite des opérations militaires» a soutenu le conférencier.
Pour limiter le rôle de l’armée dans la politique, le conférencier a suggéré à ce que le modèle d’articulation sur lequel repose tout régime démocratique soit effectivement mis en œuvre. Aussi, une certaine autonomie doit être assurée à l’armée en ce qui concerne les opérations militaires. Pour ce faire, l’armée doit cesser de jouer un rôle dans les domaines non militaires et en retour, les militaires doivent bénéficier d’un statut élevé.
Aoua Ouédraogo (Stagiaire)

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