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Médias et Sécurité: comment traiter l’information dans le contexte sécuritaire actuel pour ne pas faire l’apologie des forces du mal?

Le vendredi 21 avril 2017 a marqué le lancement officiel du programme d’urgence du Conseil supérieur de la communication (CSC) sur le thème «Médias et sécurité». Co-parrainés par le ministre de la Sécurité et son homologue de la Défense, la cérémonie de lancement a connu la participation de certains membres du gouvernement.

Simon Compaoré, Nathalie Somé et Jean-Claude Bouda
Simon Compaoré, Nathalie Somé et Jean-Claude Bouda au lancement du programme d’urgence du CSC « Médias et Sécurité »

«Former les journalistes des treize régions du Burkina sur le traitement de l’information à caractère stratégique dans un contexte d’insécurité; sensibiliser les citoyens sur la consommation responsable de l’information afin d’éviter la psychose suite aux rumeurs; assurer une régulation de proximité sur le traitement des informations à caractère sensible». Tels sont les objectifs visés par le programme d’urgence du CSC.

Née suite à des rencontres d’échanges organisées avec les médias et les Forces de défense et de sécurité (FDS), le CSC, a noté sa présidente, Nathalie Somé, entend à travers ce programme, faire jouer aux médias leur partition dans la lutte contre l’insécurité.

Saluant l’initiative de la police des médias, le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, a affirmé que le rôle incommensurable des médias dans la lutte contre l’insécurité commande la prise de conscience de tous les acteurs. En plus de fragiliser les initiatives entreprises par les FDS contre l’insécurité, le traitement de l’information peut également installer chez le citoyen une psychose.

Les problèmes sécuritaires étant devenus les problèmes de chacun et de tous, Simon Compaoré a soutenu que les hommes de médias doivent prendre la pleine mesure de leur responsabilité par un traitement de l’information approprié dans le contexte sécuritaire actuel.

S’agissant des relations entre les médias et les FDS, le ministre Compaoré a aussi noté qu’elles semblent reposer sur des logiques professionnelles différentes. «On a même parfois le sentiment qu’il y a un dialogue de sourd entre les médias sur la liberté d’informer et les FDS dont l’action est basée sur le secret», a-t-il relevé tout en précisant qu’il est reproché à ces derniers de peu communiquer. C’est donc dans le but d’organiser une passerelle entre ces deux acteurs que ce programme est lancé.

C’est là où se trouve le caractère spécifique de la couverture médiatique des attaques terroristes, a insisté le directeur général de l’observation des médias et des études du CSC Jean Paul Toé. «Il s’agira pour nous en collaboration avec les spécialistes des questions sécuritaires de montrer aux journalistes comment procéder en cas d’attaques, est-ce qu’il faut transmettre l’information en direct? Est-ce que cela ne va pas gêner le travail des FDS sur le terrain. Comment traiter l’image des victimes sur le terrain? Est-ce qu’il faut donner la parole aux terroristes?». Ce sont de l’avis de M. Toé, autant de questions qui trouveront réponse au cours de la formation qui pourrait débuter dans deux semaines et s’étendre sur trois mois.

«Nous attendons beaucoup de cette formation, surtout pour l’avènement d’une ère nouvelle de compréhension mutuelle entre les hommes de médias et les FDS pour contribuer à donner une meilleure réponse au programme sécuritaire actuel», a conclu le ministre Compaoré.

Madina Belemviré

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