Accueil » Edito » Médias, exclusion, politisation des OSC…: le CDP ne veut pas de ce qu’il a fait subir aux autres

Médias, exclusion, politisation des OSC…: le CDP ne veut pas de ce qu’il a fait subir aux autres

Dans les Saintes écritures, il est dit de ne pas faire à autrui ce qu’on n’aimerait pas subir. Le CDP «Nouveau» a un discours qui interpelle et heurte la conscience de ceux qui ont vu et vécu sous le régime de Blaise Compaoré pendant près de 27 ans. Le président du parti, Eddie Komboïgo, a accusé la Radiotélévision du Burkina (RTB) de «zapper» ses activités. Ce qui a provoqué une conférence de presse d’explication rarissime du média public.

Les leaders actuels du CDP dont Eddie Kombooïgo, au centre
Les leaders actuels du CDP dont Eddie Kombooïgo, au centre

Le secrétariat chargé du mouvement associatif et des OSC du CDP, lors d’une rencontre le vendredi 21 août 2015, a aussi vivement critiqué les «positions» politiques des OSC des insurgées réclamant l’invalidation de candidatures du CDP aux législatives et présidentielle.
Enfin, le CDP dénonce la «haine», les tentatives «d’exclusion» ou de non-respect de décisions de justice à sa faveur, dont feraient preuve les autres acteurs politiques et les autorités de la Transition.
En écoutant et en regardant en face les leaders et militants de ce parti tenir un tel langage, l’on est tenté de dire que les politiciens ont vraiment la mémoire très très courte.
Après 27 ans de règne sans partage, de tuk-guilisme, la superpuissance sous le parapluie nucléaire de Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès vient de réaliser que la vie politique du Pays des Hommes intègres est «méchante» sous la Transition. Il veut se faire passer pour une victime d’une injustice ourdie et orchestrée par les autres et cela, sans prendre la peine de se faire une introspection en lien avec ses pratiques d’alors.
Quand le pouvoir était entre leurs mains, les hommes et les femmes du CDP ne s’en émouvaient guère de ce qu’ils faisaient subir aux autres : brimades, injustices, corruption, violences politiques, favoritisme, exclusion, meurtres,… Le CDP s’en «contre-foutait». Tout se passait comme si le Burkina Faso avait deux types de citoyens : les uns et les autres, comme on dit trivialement. Les supers et les vrais qu’étaient ses militants; les citoyens de seconde zone constitués des opposants, des critiques, des anonymes, des syndicalistes. Bref, celui qui n’était pas avec le CDP était contre lui et en conséquence, devait subir la loi du plus fort. La terreur était telle que la réussite sociale et professionnelle était liée au degré d’allégeance au parti dirigeant.
La politisation de l’administration publique est partie de là. L’inégale répartition des richesses également. L’octroi des parcelles, les nominations, les promotions, les décorations, l’accès aux ressources du pays commun à tous les Burkinabè, tout cela dépendait des affiliations politiques. Ce faisant, beaucoup de nos compatriotes ont dû s’abriter à l’ombre du régime de Blaise Compaoré, contre leurs propres convictions. Ceux qui n’ont pas voulu s’aligner ont subi la foudre de la répression dans tous ses aspects.
En se référant aux récentes brouilles entre le président du CDP et la RTB ainsi qu’aux critiques envers les OSC insurgées, on se pose bien de questions. Est-ce maintenant qu’Eddie et ses camarades se rendent compte de l’injustice subie par bien de Burkinabè? Est-ce bien maintenant qu’ils se rendent compte que la RTB doit faire preuve de professionnalisme et qu’aucune politique ne devrait s’immiscer dans son fonctionnement en charcutant des reportages, en empêchant la couverture médiatique de certaines activités ou en tronquant les images? Pourquoi est-ce maintenant que le CDP demande aux OSC d’être apolitiques? Se souvient-il de la toute puissante FEDAP-BC, des ABC, des tontons, des tanties, des mamies,…? Qui a encouragé les associations à dévoyer leurs rôles? Enfin, pourquoi le CDP tient maintenant à ce que l’Etat burkinabè applique les décisions des instances internationales? Les familles et proches de Thomas Sankara et Norbert Zongo, pour ne citer que ces deux cas, et pour lesquels l’Etat burkinabè a été interpellé, seraient très surpris de voir l’ancien régime réclamer l’application d’une décision de justice d’une instance internationale.
Le Congrès pour la démocratie et le progrès, s’il doit être sincère avec le peuple burkinabè, doit répondre impérativement à ces questions pour comprendre que, dans la réalité, il a fait beaucoup de torts aux Burkinabè et que ce dont il se dit victime n’est pas à comparer avec ce qu’il a fait subir aux autres. Quand l’occasion lui a été donnée de s’amender, il a botté en touche. Il a exploité le rapport du Collège des Sages à sa propre guise, rudoyant beaucoup de compatriotes dans leurs droits. Ainsi donc, parler aujourd’hui de haine, d’exclusion, d’intolérance, de mensonge, de mauvaise gestion de la chose publique, de «libération pure et simple de camarades arbitrairement détenus», entre autres, c’est véritablement prendre les Burkinabè pour des idiots de la pire espèce.
Mais, et c’est très malheureux et irritant, Eddie et ses camarades semblent avoir tout oublié.
Les Echos du Faso

5 commentaires

  1. Pazitiba Paul OUEDRAOGO

    On peut penser que prendre tout le temps qu’a duré le silence sur la gestion du CDP (des 30 31 octobre à maintenant), c’est se donner tous les moyens de comprendre le labyrinthe des pratiques mafieuses de ces braqueurs tout court, mais de là à leur permettre de narguer le peuple par des propos à la Eddie Komboïgo, c’est faire preuve de laxisme quand on sait que les 27 ans des hommes et des femmes ont subit des injustices inqualifiables. Pour le développement du Burkina, on ne doit pas avoir le temps à consacrer aux criminels qui se victimise après avoir commis son forfait.

  2. La plus grosse erreur à mon avis a été de laisser le pouvoir aux puissants protecteurs du régime Compaoré le 31 Octobre 2015: le RSP. Il fallait immédiatement procéder à l’arrestation de tous les dignitaires du régime et geler tous leurs comptes bancaires. Si cela avait été fait, ils ne seraient pas là à tenir des propos de ce genre. Mais comme le RSP avec ZIDA en tête et la complicité de quelques tristes OSC ont réussi à berner le peuple, le CDP ne peut que cracher sur le peuple. Eddie ainsi que tous les militants du CDP sont sûr de ce qu’ils font. Car ils savent qu’au fond, ils n’ont jamais perdu le pouvoir. Franchement ces autorités de la transition font la honte du peuple burkinabé.

  3. Dans la faune, il y a certaines espèces d’animaux qui sont intégralement protégées et d’autres qu’on peut abattre quand la chasse est ouverte. Il y en a aussi qu”on demande de fuir parce que pouvant transmettre Ebola, c’est le cas des chauves-souris. Le CDP est dans la dernière catégorie mais veut occuper la première.Nous allons vous exclure “pian”, comme vous avez voulu changer l’article 37 “pian”! A “pian”, “pian et demi”. Ces troubles-fêtes doivent être troublés!

  4. Si jamais on laisse les arrogants du CDP et les opportunistes débiles de genre Émile Kaboré ou Pascal Zaida se foudre de cette révolution qui ose parler d’inclusion , dans leurs appels et menaces de violences le peuple du Burkina Faso se réservera le droit de renouveler les 30 et 31 octobres mais cette fois ci en ne contentant seulement leurs biens matériels . Le peuple les foutra tous en enfer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *