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Meurtre du journaliste Jamal Khashoggi: horribles révélations… confirmation de Ryad

Jamal Khashoggi aurait été découpé vivant par un médecin qui écoutait de la musique. Face à l’évidence des preuves et l’indignation de la communauté internationale, l’Arabie Saoudite, qui avait jusque-là nié toute implication, a fini par confirmer samedi dernier que Jamal Khashoggi a été tué au consulat d’Istanbul tout en évoquant par un communiqué la conséquence d’une rixe lors de discussions avec le journaliste éditorialiste critique. Barbarie incroyable au 21ème siècle!

Le journaliste Jamal Khashoggi ‘a été massacré alors qu’il était encore en vie et il a fallu sept minutes pour mourir après avoir été découpé sur le bureau du Consul Général d’Arabie saoudite
Jamal Khashoggi (vêtu d’une veste de costume noire) se rendant à l’ambassade d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre

De nouvelles révélations dans la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre dernier, sont apparues. Le quotidien turc Yeni Safak et le site Middle East Eye livrent des détails sordides autour de sa mort.

Se basant sur des enregistrements sonores, le journal raconte que l’éditorialiste critique aurait été torturé pendant un interrogatoire au cours duquel il a eu plusieurs doigts coupés. L’homme a ensuite été décapité avant que son corps ne soit démembré par des agents saoudiens à l’intérieur du consulat.

La voix du consul saoudien Mohammad Al-Otaibi serait audible sur l’un des enregistrements. «Faites ça dehors, vous allez m’attirer des problèmes», aurait-il dit. Ce à quoi un individu non identifié lui aurait répondu: «Si tu veux vivre quand tu reviens en Arabie saoudite, tais-toi». Quelques heures après, Mohammad Al-Otaibi a quitté la Turquie. Parmi les quinze hommes venus de Ryad soupçonnés de faire partie d’une équipe de professionnels chargés de faire disparaître Jamal Khashoggi, onze auraient des liens avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Le médecin soupçonné d’avoir assassiné et mutilé le journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi

Une barbarie à peine croyable

Une autre version rapportée par le site d’informations Middle East Eye est encore plus nauséeuse. Le média en ligne rapporte qu’il n’y aurait pas eu de torture du journaliste saoudien qui aurait été découpé vivant par un médecin légiste venu d’Arabie Saoudite et identifié comme étant Salah al-Tubaigy. Détail sordide: ce dernier écoutait de la musique à l’aide d’écouteurs pendant l’exécution. « Quand je fais ce travail, j’écoute de la musique. Vous devriez (le) faire aussi », l’entend-on dire sur l’enregistrement, selon la même source. L’assassinat aurait duré sept minutes.

Jamal Khashoggi: 7 minutes pour mourir…

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été massacré vivant au cours d’une exécution exécrable de sept minutes à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul, a déclaré une source anonyme.

La même source affirme avoir entendu un enregistrement audio des derniers instants de M. Khashoggi, capturés sur l’Apple Watch du journaliste, peu après son entrée au consulat le 2 octobre.

L’enregistrement révèle que M. Khashoggi a été traîné du bureau du consul général d’Arabie saoudite vers une table d’une étude voisine, où il a été démembré chirurgicalement, a rapporté Middle East Eye.

Confirmation de Ryad et limogeage de hauts responsables

Face à l’évidence des preuves et au tollé international déclenché par la mort de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite, qui a jusque-là niait toute implication, a reconnu samedi que Jamal Khashoggi a été tué au consulat d’Istanbul et a annoncé le limogeage d’un haut responsable du renseignement.

« Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul (…) ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort », a indiqué l’agence de presse officielle saoudienne SPA, citant le parquet.

le Consul général d’Arabie saoudite, Mohammad al-Otaibi (ci-dessus), a soudainement quitté la Turquie sur un vol commercial – quelques heures à peine avant que la police fouille sa résidence.

« Ahmad al-Assiri, vice-président du service général de renseignement, a été renvoyé de sa fonction », ont annoncé les médias officiels, citant un décret royal. Un conseiller de haut rang à la cour royale a lui aussi été limogé, selon la même source.

Un intellectuel engagé

Le journaliste de renom est passé du statut d’initié de la famille royale de son pays à celui de franc détracteur du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane. Dans sa dernière contribution au Washington Post, il dénonçait les entraves à la liberté de la presse dans le monde arabe, affirmant: « Hélas, cette situation ne changera probablement pas ».

Hatice Cengiz, 36 ans, qui a attendu dehors pendant des heures le retour de son fiancé Khashoggi, a déclaré être restée dans un «état de profonde confusion et de tristesse».

Jamal Khashoggi devait avoir 60 ans le 13 octobre, mais le 2, il est entré au consulat saoudien à Istanbul et n’est pas réapparu depuis. Il y a été torturé et sauvagement assassiné.

Même si l’Arabie Saoudite est dans la tourmente après la torture et le meurtre du journaliste, des mesures devraient être prises contre ce pays qui a osé commettre un meurtre en dehors de ses frontières. Cela dégrade sans aucun doute les relations diplomatiques.

D’ores et déjà, le magnat de la milliardaire Richard Branson a suspendu les négociations avec l’Arabie saoudite pour un investissement d’un milliard de dollars dans Virgin Galactic.

Éléments rassemblés par Théophile MONE

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